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Le gourou présumé Le Dinh de nouveau aux assises

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Condamné en première instance au tribunal de Foix dans l’Ariège, Robert Le Dinh, gourou d’une communauté spirituelle, est jugé en appel à partir de mercredi devant la cour d’assises de Toulouse. Le procès devrait se tenir pendant 10 jours, jusqu’au 6 avril.

Ce quinquagénaire, qui se fait appelé du diminutif de « Tang », est accusé de  viol et d’agressions sexuelles sur d’anciennes adeptes, y compris sur des mineures. Il est également soupçonné d’avoir exercé son emprise mentale.

Ce matin, au tribunal de Toulouse, après la nomination des jurés, une présentation générale de Robert Le Dinh a été faite. Cet homme refuse « qu’on le présente comme un leader de secte ». Il rappelle : « je n’ai jamais forcé personne, je suis un envoyé de Dieu, libertin et libre. J’ai simplement animé un groupe ». Cette après-midi est consacrée à la biographie plus détaillée de Robert Le Dinh.

Rappel du premier procès

En septembre 2010 à Foix, Robert Le Dinh avait été condamné à 15 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de l’Ariège. Deux thèses radicalement opposées s’étaient affrontées au cours du premier procès de Robert Le Dinh.

D’un côté, d’anciens disciples ont décrit le gourou pervers d’une secte qui usait de son emprise pour obtenir des faveurs sexuelles mais aussi faire financer son train de vie. De l’autre, l’accusé évoquait une communauté « d’amis » dans laquelle il n’a jamais rien imposé à personne, et certainement pas des viols.

Expliquant avoir reçu, en 1982, une révélation du Christ, Tang, fils d’un ouvrier bouddhiste d’origine vietnamienne et d’une mère française catholique, dispensait des enseignements spirituels à une vingtaine de personnes, d’abord dans le Lot-et-Garonne, puis, à partir de 2005, dans l’Ariège. Son ascendant était tel qu’il conseillait les adeptes dans leur carrière, constituait les couples ou prénommait les enfants, d’après des témoins.

Un couple, Dominique et Isabelle Lorenzato, ex-adeptes, avait le premier dénoncé les faits, en 2007. Leur avocat, maître Picotin, expliquait à l’ouverture du procès en appel à Toulouse : « Robert Le Dinh est un prédateur, il faut absolument que ça s’arrête ».

Maître Pierre Le Bonjour et maître Edouard Martial défendent Robert Le Dinh et plaideront l’acquittement comme en première instance, démentant le caractère sectaire du groupe de Le Dinh.

Parmi les parties civiles, l’association de défense des familles UNADFI, qui soulignent que le groupe de Tang a été cité dans le dernier rapport de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). C’est un dossier « particulièrement emblématique du fonctionnement de la manipulation et de l’emprise mentale », dit le couple Lorenzato dans un communiqué. « On aborde ce dossier l’arme au pied », souligne leur avocat, maître Daniel Picotin, faisant valoir en particulier que les expertises psychiatriques avaient « très clairement conclu à l’emprise mentale » exercée par le gourou.

La communauté du frère Abel

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unadfiA quelques kilomètres de Saint-Malon-sur-Mel (Ile et Vilaine), village de 400 habitants, se trouve la communauté du Moulin des Vallées. Le président de la MIVILUDES, Georges Fenech, s’y est invité le 16 octobre 2009 pour une visite impromptue.

C’est sa quatrième visite de ce type depuis sa nomination, il y a un an. Il explique qu’il existe un « faisceau d’indices » permettant de soupçonner qu’il existe des dérives sectaires dans cette communauté regroupée autour d’un chef charismatique, Frère Abel.

Ce dernier, qui vit sur l’Ile de Sein était absent. Il se dit acupuncteur et ostéopathe. Il enseigne également la neurologie et la médecine quantique ! La communauté se présente comme « une école de thérapeutes ».

La Mission s’est intéressée à cette communauté après le suicide de l’un des membres en mai dernier.

Source : Le Parisien, Hélène Bry, 16.10.2009

Opus Dei et affaires financières

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unadfiCatherine T. avait déposé plainte en 2001 contre l’Opus Dei, après y avoir passé dix ans, se partageant entre un travail de serveuse non rémunéré et des études dans une école hôtelière.

La juge d’instruction, Dominique de Talancé, avait ouvert une instruction sur les conditions de travail et d’hébergement contraire à la dignité de la personne ainsi que sur « le travail dissimulé et l’abus frauduleux d’une personne en état de faiblesse ».

Au cours d’une perquisition, les gendarmes avaient mis la main sur de nombreux documents et des fichiers informatiques « permettant de décortiquer le financement des associations et des structures du mouvement ». Sauf qu’en 2005, la juge n’avait pas pu obtenir « le feu vert » du procureur de la République pour enquêter sur ce volet financier.

La juge qui lui a succédé a dû boucler l’affaire en 2009. Elle l’a transmise au parquet non sans avoir mis en examen, en janvier 2008, un membre du cabinet de la ministre de l’économie, Christine Lagarde pour « travail au noir ». Il recrutait pour « le ménage » et autres tâches domestiques dans les centres de l’Opus Dei. Un rapport transmis au parquet par la juge pointe les « opérations suspectes de l’organisation » et liste une série de prêts effectués par des membres de l’Opus Dei.

Seraient concernés dans cette affaire des particuliers et des sociétés installées dans « des places financières discrètes ». Par ailleurs, l’achat d’un immeuble, place de la Madeleine, où est installée une luxueuse boutique, Caviar Kaspia, « pose question ». Deux hommes liés à cette société sont impliqués dans la gestion des diverses structures de l’Opus Dei. L’argent du beluga sert-il à enrichir le mouvement ?

Source : Charlie Hebdo, Laurent Léger, 21.10.2009

Internet amplifie la menace sectaire

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unadfiSelon le dernier rapport de la MIVILUDES, publié le 19 mai dernier, Internet constitue un champ d’intervention pour des « lobbies pro sectaires » dont « la mission principale est de contester le bien-fondé de l’action des pouvoirs publics.

La mission décrit le processus suivi par les mouvements sectaires : des sites conceptuels diffusent d’abord un message d’appel puis des sites « pratiques » se chargent d’établir le contact du futur adepte. Enfin, des sites « polémiques » se chargent de critiquer les « attaques » des Etats contre ce qui est présenté comme des « minorités spirituelles »…

Source : La Montagne, Bernard Yvernault, 12.10.2009

L’UNADFI et le CCMM dénoncent le désengagement de l’Etat

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unadfiLe 24 novembre 2009, la présidente de l’UNADFI, Catherine Picard, et le président du CCMM, Jacques Miquel, avaient répondu à l’invitation de l’avocat bordelais, Me Daniel Picotin, président de l’antenne Aquitaine du CCMM et avocat représentant les parties civiles dans l’affaire des « reclus de Monflanquin ».

A Bordeaux, les trois responsables ont dénoncé, au cours d’un point presse, le manque « d’outils juridiques » et le « désengagement de l’Etat ». Car, a expliqué Catherine Picard, la loi About-Picard contre l’abus de faiblesse, votée en 2001, n’est aujourd’hui plus suffisante pour lutter contre « les groupes importants ou les microstructures ».

Par ailleurs, à l’occasion d’une journée régionale des ADFI, à Villeneuve sur Lot, le 28 novembre 2009, Catherine Picard s’est exprimée sur l’affaire de Monflanquin qui est, à ses yeux, « un cas d’école ». Cela illustre la manipulation mentale et l’abus de faiblesse exercés sur des personnes que l’on ne soupçonnait pas comme étant « vulnérables ». « Personne n’aurait imaginé que des membres d’une même famille, socialement insérés, ayant un métier, puissent tomber dans le piège ». Cette affaire emblématique est aussi, note Catherine Picard, comme tant d’autres, liée à une escroquerie financière.

La présidente de l’UNADFI rappelle que c’est l’ADFI de Lot et Garonne qui, la première, avait signalé les faits au procureur de la République de l’époque en 2002. L’ADFI ayant rempli sa mission a ensuite passé le flambeau au CCMM. S’il n’y avait pas eu cette fin de non-recevoir dès le début, l’affaire n’aurait certainement pas pris cette tournure.

Catherine Picard termine, déplorant qu’il n’y ait pas « de ligne politique forte » et que, depuis deux ans, on cherche à « brouiller les cartes ». Et insiste-t-elle, la prévention reste avant tout « un axe essentiel ».

Sources : La Voix du Nord, 17.11.2009 & AFP, 24.11.2009 & LaDepeche.fr, Stéphane Bersauter, 30.11.2009

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