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Une famille sous influence

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Hinter Schloss und Riegel

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PhotoEin Betrüger treibt ein französisches Adelsgeschlecht in den Untergang. Die Rekonstruktion einer unglaublichen Verführung.

Jahrhundertelang hatte sich die protestantische Adelsfamilie Védrines gegen den in Frankreich dominierenden Katholizismus behauptet. Allen Verfolgungen zum Trotz hatte sie sich im südwestfranzösischen Hügelland rund um die Zitadelle Monflanquin verschanzt. Heute ist das Dorf Monflanquin ein hübscher Touristenort zwei Fahrstunden östlich von Bordeaux. Hier besaß die Familie das Schloss Martel.

Das Vermögen für die nachfolgenden Generationen zu hüten, die Ländereien und das Schloss – « das war der Lebenssinn jedes Familienmitglieds », sagt Philippe de Védrines, ältester Sohn der Matriarchin Guillemette de Védrines und eine Autorität in der Familie. Er ist ein groß gewachsener Mann von 75 Jahren. Das Schicksal hat den Reserveoffizier und ehemaligen Manager der Ölfirma Shell verändert. Heute spricht er mit leiser Stimme: « Wir können den Nachfolgenden nichts mehr weitergeben. »

Er, seine Freundin Brigitte Martin-Loriot und seine zwei Geschwister waren einst Millionäre, heute sind sie fast mittellos. Zusammen mit Philippes Mutter, den Partnern der Geschwister und vier Védrines der Enkelgeneration sind sie einem Betrüger und Manipulator zum Opfer gefallen, der sie zehn Jahre lang zu Marionetten gemacht und ausgeplündert hat. Der Mann heißt Thierry Tilly und stammt aus Paris. Er wurde Ende 2012 für die betrügerische « Ausnutzung persönlicher Schwächen » zu acht Jahren Gefängnis verurteilt. In diesen Tagen fällt das Berufungsgericht in Bordeaux ein weiteres Urteil.

Wer ist dieser Thierry Tilly? Und wieso verfällt eine große, gebildete Familie einem Menschen, der ihr Böses will? Das Gerichtsverfahren konnte dieses Rätsel kollektiven Wahns nicht vollständig klären. Könnte ein solches Unglück womöglich jedem widerfahren? Kann man diesem Rätsel auf die Spur kommen? Mithilfe von Gerichtsakten, psychiatrischen Gutachten, ungezählten Gesprächen mit allen Opfern, deren Anwälten und Freunden soll dies hier versucht werden. Thierry Tilly, der Täter, war zu keinem Gespräch bereit. Hier die unglaubliche Geschichte der Védrines, ein Drama in fünf Akten. (suite…)

Reclus de Monflanquin : Thierry Tilly condamné à 10 ans de réclusion par la cour d’appel

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SO 13.11.12Le gourou des reclus de Monflanquin avait été condamné à 8 ans de prison en première instance en avril dernier.

La cour d’appel de Bordeaux a confirmé ce mardi la culpabilité de Thierry Tilly, le gourou de ceux que l’on a appelés les reclus de Monflanquin, ces onze notables lot-et-garonnais et girondins qui ont vécu sous son emprise pendant plus de dix ans.

Thierry Tilly, qui a déjà passé près de quatre années en détention, avait été condamné à 8 ans de réclusion en première instance lors de son procès à Bordeaux en avril dernier. Cette condamnation à 10 ans de réclusion correspondant à la peine maximale encourue pour les faits qui lui étaient reprochés.

Pour Daniel Picotin, l’avocat des parties civiles, Tilly paie son attitude face au tribunal en avril dernier. « La cour d’appel a parfaitement compris le cinéma de Thierry Tilly« , a déclaré Me Picotin.

La défense quant à elle a dénoncé un procès en « démonologie ». Me Alexandre Novion a ainsi annoncé son intention de se pourvoir en cassation.

Source : Sud Ouest du 04/06/13

Reclus de Monflanquin : Thierry Tilly condamné à dix ans de prison

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Avocat_TillyL’homme a gardé sous son emprise et ruiné une famille de notables du Sud-Ouest pendant dix ans. Il n’exclut pas de se pourvoir en cassation.

Thierry Tilly, qui a ruiné une famille de notables du Sud-Ouest sous son emprise pendant des années, a été condamné mardi par la cour d’appel de Bordeaux à dix ans de prison, la peine maximale.

La cour a suivi les réquisitions du ministère public, qui avait demandé dix ans, soit deux de plus que lors de sa condamnation en première instance. Elle a par ailleurs confirmé sa condamnation à cinq ans de privation des droits civiques et civils.

Dans ses réquisitions, l’avocat général Pierre Bellet avait décrit la palette de techniques manipulatoires dont il a usé, entre 1999 et 2009, pour mettre «en état d’embrigadement» psychique ses victimes, les de Védrines, riche famille du Sud-Ouest, disposant notamment d’un château à Monflanquin (Lot-et-Garonne) où ils ont vécu reclus pendant des années.

Tilly avait d’abord séduit ses interlocuteurs avant de les convaincre qu’ils étaient visés par un complot et de les délester progressivement de leurs biens, pour un montant estimé à 4,5 millions d’euros. Après la lecture de l’arrêt, l’avocat de Thierry Tilly, Me Alexandre Novion, a indiqué que son client n’excluait pas de se pourvoir en cassation.

Me Daniel Picotin, avocat de plusieurs membres de la famille de Védrines, s’est quant à lui félicité de cet arrêt qui reconnaît pleinement la «notion d’emprise mentale», alors qu’il prône une meilleure prise en compte juridique de la manipulation mentale.

Source : Libération du 04/06/13

Reclus de Monflanquin : 10 ans requis contre Tilly, décision rendue le 4 juin

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Photo2La peine maximale de dix ans de prison a été requise en appel à Bordeaux contre Thierry Tilly, accusé de vampirisation financière et morale sur une famille du Sud-Ouest.

Le ministère public a requis jeudi devant la Cour d’appel de Bordeaux la peine maximale de dix ans de prison contre Thierry Tilly, qui serait coupable « d’une entreprise de vampirisation financière et morale » à l’encontre d’une famille de notables du Sud-Ouest, totalement ruinés. La Cour a mis son arrêt en délibéré au 4 juin à 14h.

« Ma conviction est intacte quant à la culpabilité de Thierry Tilly et au châtiment » qui doit lui être infligé, a dit l’avocat général Pierre Bellet qui avait déjà requis la même peine lors du premier procès.

Le magistrat, qui a réclamé la plus haute peine de prison encourue par Thierry Tilly, a également demandé à la Cour qu’elle prononce une peine de cinq ans de privation de droits civiques et civils ainsi que l’interdiction définitive de diriger une entreprise commerciale ou artisanale.

« Un mythomane stratégique…un menteur, un vantard, un imposteur »

Il a revanche requis une relaxe partielle pour les faits concernant les deux premières années d’emprise, période qui s’est étalée entre 1999 et 2009, la loi qualifiant la notion de sujétion psychologique étant entrée en vigueur en juin 2001.

« Ce sont des faits exceptionnels » de « vampirisation financière et morale », a-t-il jugé.
Tilly, qui a écopé de huit ans de prison en prison en première instance, est un « mythomane stratégique (…) un menteur, un vantard, un hâbleur, un imposteur ». Un « grand escroc », aussi, qui « exploite les failles psychologiques » de ses victimes, a martelé M. Bellet.

Il use d’une vaste palette de techniques manipulatoires pour mettre « en état d’embrigadement » psychique ses victimes, a poursuivi le magistrat, convoquant les expertises psychiatriques et psychologiques versées au dossier.

Il a d’abord « séduit ses interlocuteurs », les de Védrines, une riche famille du Sud-Ouest, avant de leur distiller le poison d’un « discours récurrent sur un complot franc-maçon, rose-croix, homosexuel, juif », conduisant « onze personnes à croire » en cette machination, a martelé Pierre Bellet.

Dénonçant le « machiavélisme » du prévenu, Pierre Bellet a encore jugé l’état de sujétion psychologique et l’abus de faiblesse caractérisés : Tilly a placé ses victimes en état de « séquestration psychique » pour mieux les séparer de leurs proches et du monde avant de les pousser à se cloîtrer, dans leur demeure de Monflanquin, dans le Lot-et-Garonne, puis en Angleterre, et de les dépouiller progressivement de leurs biens qu’ils ont fini par vendre pour environ 4,5 millions d’euros.

Le tout, principalement à son profit. Car pour Pierre Bellet, Tilly est bien « l’instigateur principal » de cette escroquerie : Jacques Gonzalez, condamné avec lui en première instance à quatre ans de prison mais qui s’est désisté de son appel, n’est que son « faire-valoir ». 

Un peu plus tôt, les avocats des parties civiles avaient réclamé la confirmation des sommes allouées en première instance par le tribunal correctionnel de Bordeaux (environ 4,5 millions de préjudice matériel, 505.000 euros de préjudice moral), Me Daniel Picotin, spécialiste des questions d’emprise mentale, épinglant « le désir d’emprise » qui habite Thierry Tilly et sa « capacité à faire du « cousu main » avec ses victimes ».

Tilly « ne mérite pas dix ans » selon son avocat

« Ce procès me fait l’effet d’un procès en sorcellerie », a répliqué le conseil de Tilly, Me Alexandre Novion. Il « est convaincu qu’il va sauver cette famille« . Reprenant la thèse avancée en première instance, il a soutenu que « l’instigateur », c’est au contraire Gonzalez.

Tilly « ne mérite pas dix ans », il n’est qu’un « exécutant », a-t-il encore dit. « Ce procès ne doit pas être celui du triomphe de la psychologie sur le droit », a encore lancé Alexandre Novion à l’adresse de la Cour.

Invité à s’exprimer à la fin du procès, Thierry Tilly, plus que prolixe à l’ouverture des débats lundi, a sobrement signifié qu’il s’en tenait « aux propos de (son) avocat et à la confiance que j’ai placée en lui ».

Source : Sud Ouest du 25/04/13

Reclus de Monflanquin: peine maximale requise en appel contre Tilly

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La CroixLe ministère public a requis jeudi devant la Cour d’appel de Bordeaux une peine de dix ans de prison à l’encontre de Thierry Tilly, rejugé depuis lundi pour avoir manipulé et ruiné onze membres d’une riche famille de notables du Sud-Ouest.

« Ma conviction est intacte quant à la culpabilité de Thierry Tilly et au châtiment » qui doit lui être infligé, a dit l’avocat général Pierre Bellet qui avait déjà requis la même peine lors du premier procès.

Le magistrat, qui a requis la plus haute peine de prison possible à l’encontre de M. Tilly, a également demandé à la Cour qu’elle prononce une peine de cinq ans de privation de droits civiques et civils ainsi que l’interdiction définitive de diriger une entreprise commerciale ou artisanale.

« Ce sont des faits exceptionnels » de « vampirisation financière et morale », a-t-il jugé.

Thierry Tilly, qui a écopé de huit ans de prison en première instance, est un « mythomane stratégique (…) C’est un menteur, un vantard, un hâbleur, un imposteur » qui « exploite les failles psychologiques » de ses victimes, a martelé M. Bellet.

Tilly use d’une palette de techniques de manipulation pour mettre « en état d’embrigadement » psychique ses victimes, a poursuivi le magistrat.

Epinglant le « machiavélisme » du prévenu, M. Bellet a jugé l’état de sujétion psychologique caractérisé et a conclu à la culpabilité de Thierry Tilly qui a placé ses victimes en état de « séquestration psychique » pour mieux les faire se dépouiller de leurs biens (environ 4,5 millions d’euros au total), principalement à son profit.

« Il a séduit ses interlocuteurs, leur a tenu un discours récurrent sur un complot franc-maçon, rose-croix, homosexuel, juif… », conduisant « onze personnes à croire » en cette machination, a encore martelé M. Bellet.

« Il ne peut bénéficier d’aucune circonstance atténuante », a-t-il estimé.

Un peu plus tôt, les avocats des parties civiles avaient réclamé la confirmation des sommes allouées en première instance par le tribunal correctionnel de Bordeaux (environ 4,6 millions de préjudice matériel 505.000 euros de préjudice moral), Me Daniel Picotin épinglant « le désir d’emprise sur autrui » qui habite Thierry Tilly et sa « capacité à faire du +cousu main+ avec ses victimes » dont il « scanne » forces et faiblesses.

L’avocat de Thierry Tilly, Me Alexandre Novion, va plaider dans l’après-midi.

Source : La Croix du 25/04/13

France 3 : Bordeaux – procès en appel de Thierry Tilly

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Procès de Thierry Tilly à Bordeaux : « j’ai fait match nul aux échecs avec Kasparov »

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22.04.13(1)La cour d’appel de Bordeaux rejuge Thierry Tilly, accusé d’avoir manipulé psychologiquement et ruiné toute une famille. Il a multiplié les propos incohérents lors de la première journée.

-> Les grandes dates de l’affaire des « Reclus de Monflanquin »

Depuis ce lundi, la cour d’appel de Bordeaux rejuge Thierry Tilly. Séquestration, violences, fuite à l’étranger, manipulation psychologique : il s’agit d’une affaire rare, par son ampleur et la personnalité des victimes qui est réexaminée à Bordeaux cette semaine.

En première instance, Thierry Tilly a été condamné à huit ans de prison. Il avait été reconnu responsable de la ruine d’une famille de notables bordelais et lot-et-garonnais, un temps surnommée « les reclus de Monflanquin ».

Thierry Tilly a réussi à isoler onze personnes de la famille de Védrines et à les convaincre qu’elles étaient victimes d’un complot dont lui seul pouvait les sauver, et à leur faire vendre tous leurs biens à son profit.

  • Extraits de l’audience, en direct de la cour d’appel de Bordeaux, lundi 22 avril.

18h00 : Les débats sont suspendus. Nous vous proposons de suivre la suite du procès cette semaine sur Sudouest.fr 

17h55 : Me Martial demande à Thierry Tilly s’il a des fiches de salaire de tous les métiers dont il se prévaut. Thierry Tilly répond pêle-mêle : auditeur à la banque de France, conseiller d’Etat, préfet, secrétaire général de l’Elysée pendant 14 ans, agent de la DGSE. Il décline aussi ses nationalités : anglais, français, américain, suisse, japonais et breton.

Il s’ensuit un échange avec les avocats de la partie civile, et Thierry Tilly finit par lancer en direction de Me Martial : « vous êtes un fabulateur ». 

17h30. Maître Daniel Picotin : « Vous êtes poursuivi pour abus de faiblesse et sujétion psychologique. Vous écrivez:  Ghislaine, voici l’argumentaire pour l’expulsion de Jean. Vous ne trouvez pas que c’est un ordre ? » Tilly : « Non, c’est consultatif ».
Puis, plus tard, Tilly glisse qu’il a fait « match nul aux échecs avec Kasparov »…

17h25. Tilly enchaîne et évoque un complot de Jean Marchand, des journalistes de Sud Ouest, du procureur d’Agen… Il parle d’un « harcèlement », d’un « réseau » pour justifier l’attitude défensive des de Védrines enfermés dans le château de Martel à Monflanquin alors que lui même était à Londres. 

17h15. Dans son box, Thierry Tilly multiplie les propos calomnieux à l’égard de la famille. 

17h05. La cour, depuis de longues minutes, tente de mesurer le rôle joué par Tilly dans l’éclatement du couple Ghislaine de Védrines – Jean Marchand. « Ils ne s’intéressent qu’au matériel, pas au sentimental », glisse perfidement Tilly. Puis il se lance dans une analyse freudienne (dont il est évidemment de la famille). Le président le fait taire. 

17h00. Tilly ne cesse d’intervenir sans y être autorisé par le président. « Je suis comme ça, monsieur le président, je m’excuse ». Il se perd (et perd aussi tout l’auditoire) dans ses circonlocutions et digressions. « Répondez aux questions », lui souffle Maître Novion. 

16h50. Le président relit une lettre adressée à Ghislaine de Védrines par Thierry Tilly. C’est un ordre d’exclusion de la famille de son propre mari, Jean Marchand, fin 2001. Gant, fleur : c’est une succession de rites ésotériques. « Un juste retour des choses », un « conseil », selon Thierry Tilly. « C’était une plaisanterie qu’on avait avec Jean Marchand, et ses réseaux. Il faudra lui demander, j’espère bien le mettre à bas lorsqu’il viendra témoigner ». 

16h42. Le président lit des télécopies des « instructions » qu’envoyait Tilly à la famille durant l’année 2001. Parmi elles, des ordres de transferts de fonds. Tilly nie avec véhémence. Au contraire, il accuse Jean Marchand de « tirer les ficelles ».

16h32. Depuis cinq minutes, Tilly s’attache à salir la réputation de Jean Marchand, le premier de la famille à lui avoir dit non et qui a alerté la justice et les médias.

16h30. « Vu ce que j’entends et que vous me rapportez du dossier, vous n’êtes que le rapporteur technique des agents du mensonge », dit Tilly au président.

16h15. Thierry Tilly interrogé sur des faits précis, sur sa présence en certains lieux (dans les réunions familiales des Védrines en Lot-et-Garonne, son départ à Londres), répond systématiquement à côté. Là, il se dit héritier de Napoléon III. Il voulait aussi « créer une fondation à Londres ». Il prend à partie les avocats de la partie civile qui le « provoquent ». 

16h00. Le président continue la lecture de témoignages. Tous décrivent l’atmosphère paranoïaque dans laquelle baignait la famille.

Interrogé sur des mouvements bancaires, Thierry Tilly répond qu’il n’est pas commissaire aux comptes, il continue son show, il est selon ses mots « hors format, c’est pas ma faute, c’est mon intelligence ». 
Au passage, il glisse qu’il est le père de Nasser Ghanim Al-Khelaïfi, le président qatari du PSG.

15h32. Suspension de séance.

15h32. « Je vous connais depuis longtemps, vous êtes bien monté dans les tours…Vous nous la jouez encore plus fou que d’habitude », estime Maître Daniel Picotin. « Vous êtes suivi ? » La réponse est non. 

15h30. Thierry Tilly profite d’une question d’un avocat des parties civiles pour refaire sa généalogie. Il reparle des Habsbourg, évoque ses racines iraniennes, se dit docteur en droit des religions…

15h20. Tilly, toujours, logorrhéique : « Quand je vais sortir d’ici, quelque soit le verdict, je vais aller à l’Intelligence service de Londres, et au vu de mon rang, je serai rétabli dans la réalité, moi qui suis diplômé de marketing de luxe, tout ce que j’entends ici ne correspond pas aux faits, j’en appellerai à la justice de anglaise, américaine »… Il enchaîne avec sa carrière de commissaire de police. 

« Arrêtez votre cinéma », demande le président. 

15h10. Discours complètement erratique de Tilly : il dit avoir été barrister en Israël, ami de François Mitterrand, diplômé de l’école nationale de la magistrature, protecteur de Mazarine Pingeot… Eclats de rire dans la salle. Le président fait preuve d’une grande patience et tente de le recadrer.

15h02. Tilly au président Barrailla : « Vous n’avez pas la perception de la réalité factuelle du dossier. On va essayer de redresser les choses ».

14h55. Le président lit des témoignages tendant à prouver l’emprise de Thierry Tilly sur la famille. Dans son box, Tilly est très agité cet après midi. Figure de cire, il rit tout seul, lève le doigt « Je me marre ».

Il essaie de prendre la parole. Le président s’impose et invite finalement Tilly à répondre. Tilly parle maintenant des « réseaux francs-maçons ». 

14h45. « Bon, on va accélérer le mouvement, je vais vous faire des observations techniques », dit Thierry Tilly.

« Vous avez été président de tribunal dans une autre vie ? Ici c’est moi », lance le président Barrailla. 

Tilly : « Je n’y peux rien, j’ai été premier prix d’Actor’s Studio. » Puis il enchaîne avec une sombre histoire de « protocole économique » à Londres, selon lui « la compétence de la haute cour de justice » le rétablira dans ses droits… 

« Nous sommes admiratifs devant la transparence avec laquelle vous gérer vos affaires », conclut le Président. Puis il reprend son récit sur les circuits financiers imaginés pour faire disparaître les actifs des de Védrines à l’étranger. Le nom de Tilly figure sur ces comptes. 

14h30. Le président décrit comment Thierry Tilly a organisé la fuite du patrimoine des notables bordelais via différentes structures financières montées par lui. Tilly conteste. « C’était Guillaume de Védrines le responsable. C’est lui qui gérait les biens ».

Tilly hausse le ton, coupe le président, il parle de « ses amis dans le monde entier, de tous les impôts qu'(il) paye dans tous les pays. « On est dans une camisole de fric », rigole Alexandre Novion. Tilly ne s’arrête pas et critique les « journalistes » qui s’en prennent à lui. 

14h20. Le juge décrit comment Thierry Tilly s’est imposé dans le quotidien des de Védrines, notamment lors d’une intervention, une requalification, auprès de l’administration fiscale lorsque Guillemette de Védrines a prêté de fortes sommes d’argent à ses enfants. Thierry Tilly conteste cette version des faits, il évoque ses supposés diplômes en finance et en droit. Il se dit « barrister »… Il livre un nouveau salmigondis à la cour. Même son défenseur Maître Novion semble irrité par l’attitude de son client.

14h15. Thierry Tilly met en cause à plusieurs reprise Maître Ducos-Ader, un des avocats des parties civiles. Il accuse sa famille d’actes criminels tout à fait fantaisistes. « Je vous demande d’arrêter Monsieur Tilly ou je vais vous faire rejoindre votre geôle », dit le juge. 

14h05. Thierry Tilly prend la parole, son discours est décousu. « Monsieur Marchand est un comédien professionnel ». Il attaque le témoigne de François Marchand qui l’accuse d’escroquerie, premier signe de son emprise sur la famille. « C’est toujours les mêmes journalistes que j’ai sur le dos qui créent le fond de commerce des Reclus ». 

14h. Reprise des débats.

12h30. Les magistrats semblent mi-agacés, mi-amusés, l’audience reprendra à 14h. 

12h25. Le président martèle ses questions et tente de tenir le fil de l’audience. Thierry Tilly répond toujours à côté, revenant invariablement à ses multiples origines. Alexandre Novion intervient pour interroger son client ? « Leur avez-vous donné de l’aide? ». Réponse : « Oui mais nous sommes issu de deux castes différentes, je suis catholique, ils sont issus de l’église réformée, ils ne font confiance qu’à eux-mêmes ».

La partie civile, par la voix de Maître Martial: « Vous ne voulez pas nous faire croire ce matin que tout ça est trop gros, vous êtes tellement mythomane, vous nous faites une parodie de la première instance »…

Réponse de Thierry Tilly : « J’ai été deux fois champion olympique, et la musique des Chariots de feu, c’est moi. J’ai eu un oscar avec Jane Fonda ». 

12h10. Le président Barrailla reprend la chronologie des premières rencontres entre Thierry Tilly avec la famille. Lors d’un dîner estival à Monflanquin : « Je me suis présenté comme un ancien officier, j’ai dirigé le Rpima… » Tilly repart dans ses divagations : Otan, agent secret, « J’ai des preuves ». Puis, il évoque son passé d’agent de joueur de football et de tennis : « J’ai aussi porté le maillot de l’équipe de France sous le nom de Thierry Meyer ». Il passe sur sa carrière de commissaire de police et de journaliste.

L’avocat général s’agace : « Vous allez nous intoxiquer comme ça tout le procès ? »

12h03. Complètement hors contexte, Thierry Tilly ne cesse de marteler qu’il appartient à la famille de Védrines. « C’est nouveau, ça », remarque le Président.

« Oui, je ne l’avais jamais dit. Mais j’ai des preuves… J’avais gardé la primeur pour la cour d’appel ». 

11h57. Le président tente de l’interroger. Thierry Tilly s’agite, il tente perpétuellement d’interrompre le juge. « Vous y travailliez, à l’époque, dans cette école? »

Thierry Tilly : « J’étais à mi-temps, j’étais aussi consultant, mais je n’ai pas besoin de travailler car je suis l’homme le plus riche de France, je suis un héritier de Liliane Bettencourt ». 

Il s’en prend ensuite aux « provocations » des avocats de la partie civile, situés en face de lui qui lui font des « grimaces ». 

11h56. Réponse de Thierry Tilly : « Non, j’ai toujours été membre de la famille… Je suis aussi héritier des Habsbourg… »

11h55. La cour se penche sur l’entrée de Thierry Tilly dans la vie des de Védrines. Il a aidé Ghislaine de Védrines à prendre la direction d’un établissement scolaire. Le président demande à Thierry Tilly s’il a bien rencontré Ghislaine lors d’un dîner. 

11h50. Reprise des débats. 

11h35. Suspension de séance.

11h30. « Cette affaire a défrayé la chronique », reprend le Président. Il rappelle le début de l’affaire : la publication d’un article dans Sud Ouest, à l’instigation de Jean Marchand (époux de Ghislaine de Védrines). Onze membres de la famille vivaient reclus en Lot-et-Garonne et avaient commencer à organiser la liquidation de leur patrimoine… Le juge retrace la chronologie. 

11h20. Le président Michel Barrailla revient maintenant sur l’histoire de la famille de Védrines, de ses différentes branches et ses valeurs aristocratiques. Anne de Védrines, Philippe de Védrines, Ghislaine de Védrines, Charles-Henri de Védrines… La question de la propriété du château de Martel (il appartenait à Charles Henri qui en avait hérité de ses parents), à Monflanquin en Lot-et-Garonne, est évoquée à plusieurs reprises. Cette propriété semble avoir cristallisé des rancunes et des jalousies au sein de la famille. 

Le portrait de chaque époux, épouse, enfant est aussi esquissé.

11h00. Le président donne la parole à Thierry Tilly. « Pourquoi avez-vous fait appel »? 

Tilly se lève et se lance, agité, dans des propos surréalistes durant de longues minutes : »J’entends obtenir la relaxe… »

Il désigne les de Védrines : « Ce sont des membres de ma famille, je les connais depuis l’enfance. J’ai plus de 500 noms…
Je suis membre de la famille de Gaulle, j’ai même assisté à sa mort…
Je suis conseiller d’Etat, je suis préfet en disponibilité, j’ai quatre nationalités, j’ai joué en Equipe de France, j’ai été recruté par Fergusson, par le prince Wenger, et Louis Nicollin…
Je suis avocat, associé à Metzner, dans l’indivision, vous pouvez vérifier chers confrères. 
Je suis membre fondateur de GreenPeace, j’ai fait condamner Maître Ducos-Ader pour incitation  à la haine… Je suis l’homme le plus riche de France, je n’ai aucun intérêt à ruiner les de Védrines ».

Fou rire dans la salle. Et Thierry Tilly continue durant de longue minutes. 

« Nous ne connaissions pas personnellement Thierry Tilly », dit le Président. « C’est très éclairant de l’entendre pour la cour ».

10h25. L’avocat général Pierre Bellet réfute point par point les arguments sur les nullités évoqués par la défense de Thierry Tilly. « Ce sont les mêmes qu’en première instance ». Les parties civiles lui emboîtent le pas, évoquant un « stratagème ». 

10h15. « Dans la procédure, il y a des causes de nullité : il y a des choses qui hurlent de figurer à côté du mot justice », dit Alexandre Novion. Il conteste les expertises psychiatriques « non contradictoires », et le niveau d’information sur le dossier dont à bénéficié Thierry Tilly lors de l’instruction. 

10h05. Alexandre Novion revient sur le rôle du juge d’instruction, cite des auteurs, le législateur, les « garanties de la défense » il fait de la doctrine de droit… Derrière lui, Thierry Tilly lance des regards à la famille d’aristocrates. Il chuchote.

« Thierry Tilly n’a pas toujours eu cette attitude paranoïaque à l’égard de la justice », estime son avocat. 

9h55. Maître Alexandre Novion, défenseur de Thierry Tilly revient sur la procédure et évoque des exceptions de nullité. Thierry Tilly l’interrompt et dit, en désignant les de Védrines installés sur les bancs des parties civiles : « ils sont membres de ma famille ». Son avocat lui demande de se taire. Thierry Tilly s’assoit. « C’est reparti comme au premier procès », commente un avocat des parties civiles. 

9h45. Pour commencer, le président égrène les condamnations de Thierry Tilly l’interrompt, il conteste. Le ton monte immédiatement. Voulez-vous assister à votre procès ?, demande la président Michel Barrailla. « Pourquoi pas », répond Thierry Tilly. 

Thierry Tilly porte un polo noir. L’air résolu, il se tient droit. Mince, il a les cheveux mi-longs et porte des lunettes. 

9h41. Les photographes et cameramen s’activent autour des avocats de la défense et des parties civiles. Thierry Tilly n’est pas encore présent. Il ne veut pas être photographié. 

9h40. Le procès en appel de Thierry Tilly va débuter.

Source : Sud Ouest du 22/04/13

Reclus de Monflanquin (47) : procès en appel du gourou présumé, à Bordeaux

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SO.22.04.13Le procès en appel des reclus de Monflanquin débute ce matin et se tiendra toute la semaine. Seul Thierry Tilly figurera dans le box des prévenus.

En septembre dernier, tandis que le tribunal correctionnel de Bordeaux venait de le condamner à huit ans de prison pour abus de faiblesse, séquestration et violences volontaires, Thierry Tilly avait lancé aux magistrats : « Ça ne fait que commencer. » Intarissable et procédurier, présenté comme le « gourou » des reclus de Monflanquin, l’homme n’a pas trahi sa promesse.

À partir d’aujourd’hui et jusqu’à vendredi, la cour d’appel de Bordeaux se penchera à son tour sur la retentissante affaire dans laquelle cet homme, en apparence inoffensif et sans charisme, est poursuivi pour avoir maintenu sous son emprise, et dépouillé de sa fortune, une famille de riches notables girondins et lot-et-garonnais.

Entre 1999 et 2009, onze membres de la famille de Védrine ont vécu coupés du monde, d’abord dans leur propriété de Monflanquin, dans l’arrière-pays villeneuvois, puis à Oxford, sous la conduite de Thierry Tilly, qui les avait convaincus de se protéger des francs-maçons, des pédophiles ou des rose-croix.

Doté d’indéniables talents de psychologue, n’hésitant pas à se présenter tour à tour comme un agent secret ou un informaticien, il avait pris sur cette famille d’aristocrates un ascendant tel qu’il avait pu l’inciter à se dépouiller de son patrimoine estimé à 4,5 millions d’euros. Une partie des fonds bénéficiera à une obscure fondation dirigée par Jacques Gonzalez, un homme que Thierry Tilly ne cessera de présenter comme son patron.

Condamné en première instance à quatre ans de prison ferme, Jacques Gonzalez a renoncé à faire appel. Thierry Tilly, assisté de son avocat Me Alexandre Novion, tentera de faire table rase des attendus du jugement prononcé il y a huit mois par le tribunal présidé par Marie-Élisabeth Bencal. Jugement qui le désigne comme principal responsable de la tragédie des Védrine.

Le tribunal avait conclu à un mécanisme « machiavélique » de sujétion psychologique mis en place par Thierry Tilly, assorti de pressions financières et parfois physiques sur une de ses membres. Pour les juges, Thierry Tilly s’était appuyé « sur la situation, l’histoire et le fonctionnement de la famille, dont il a su exploiter les failles, les rivalités et mesquineries ».

L’homme n’avait pas hésité à « placer les gens dans des conditions difficiles pour les conditionner », à « créer la zizanie chez eux », ou à « recourir à un vocabulaire spécifique tel les élus ou à la notion d’appartenance, tout en les conditionnant par la mise en place d’un système de surveillance ».

Thierry Tilly, qui bénéficie de nouveau de la présomption d’innocence, devrait expliquer qu’il ne pouvait à lui seul assujettir 11 personnes éduquées et insérées dans la bonne société bordelaise, et qu’il ne leur a rien fait faire qui soit contraire à leur volonté.

Cette fois encore, le prévenu, assisté de son avocat Me Novion, devrait pointer du doigt Jacques Gonzalez, mais aussi les rivalités qu’entretenaient les membres de la famille entre eux pour tenter de redistribuer les responsabilités.

« Aujourd’hui, mes clients ont commencé à se reconstruire. Ils sont plus forts et plus sereins que lors du premier procès », assure de son côté Me Daniel Picotin, qui assure la défense d’une partie de la famille.

Incontrôlable moulin à parole, Thierry Tilly n’avait pas hésité à faire le « show » en première instance, égrainant infatigablement un CV et un arbre généalogique difficilement vérifiables. La posture qu’adoptera cette fois le gourou présumé devant la cour d’appel constitue la première interrogation du second procès des reclus de Monflanquin.

Source : Sud Ouest du 22/04/13

Reclus de Monflanquin : procès en appel en avril

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Thierry Tilly, reconnu responsable de la ruine de la famille Védrines, et son complice présumé Jacques Gonzalez, seront rejugés du 22 au 26 avril par la Cour d’appel de Bordeaux, après avoir été condamnés le 13 novembre 2012.

Les deux hommes avaient été condamnés respectivement à huit et quatre ans de prison par le tribunal correctionnel de Bordeaux.
Plusieurs commentateurs avaient vu dans la peine prononcée contre M. Tilly, plus modérée que les dix ans requis — la peine maximum encourue — malgré des attendus très sévères, une manière de le dissuader de prendre le risque de faire appel.

Mais dès le jugement rendu, M. Tilly, un homme particulièrement bavard, imaginatif et procédurier, avait fait éclater sa colère en indiquant que l’affaire ne « faisait que commencer », laissant entendre qu’il entendait épuiser les moyens de droit.
Le procès en appel est prévu pour durer une semaine, alors que le procès en première instance en avait duré deux.

Entrant dans la vie des de Védrines, des notables du Sud-Ouest, à la fin des années 1990, M. Tilly était devenu un intime de onze membres de la famille, la grand-mère, ses trois enfants, deux belles-filles et cinq petits enfants adolescents ou jeunes adultes. Les épuisant psychologiquement, il était parvenu à les convaincre qu’un complot mortel les visait et leur avait vendre en dix ans tous leurs biens, à hauteur de près de cinq millions d’euros.
Jacques Gonzalez, son complice présumé, avait profité d’une bonne partie de cette somme, grâce à laquelle il vivait luxueusement.

Le jugement évoquait « un complot machiavélique » et la « création d’une paranoïa de groupe » dans cette affaire, alors que la presse avait régulièrement surnommé M. Tilly « le gourou » de Monflanquin. La justice a reconnu la « sujétion psychologique » des victimes.

Me Daniel Picotin, l’avocat de plusieurs parties civiles, fait en sorte depuis plusieurs années, avec cette affaire comme illustration notamment, d’obtenir une meilleure prise en compte dans le droit de la manipulation mentale.  Des propositions qu’il développera le 6 février devant la commission d’enquête du Sénat consacrée à l’influence des mouvements sectaires dans le domaine de la santé.

Source : France 3 du 31/01/13

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