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Zone interdite : Gourou Tang alias Robert le Dinh

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Dans les années 80, Robert Le Dinh, aussi connu sous le pseudonyme de « Tang » se fait un nom au sein de la vie associative d’Agen. Charismatique et prétendant disposer de dons de voyance, Tang est le fondateur d’un mouvement sectaire qui est rapidement mêlé à des affaires d’agressions sexuelles.

ZI

Présumé Innocent du 23 mai 2012

Retrouvez l’émission de Direct 8 : « Présumé Innocent » du 23 mai 2012 sur « Des victimes sous l’emprise d’un gourou« .

 

France 3 : Fin du procès en appel de Robert le Dinh

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La justice et le procés en appel de Robert le Dinh . Il s’est terminé aujourd’hui par une nouvelle condamnation de celui qui fut le gourou d’une secte installée en Ariége . Il a été condamné a 10 ans de réclusion pour le viol de plusieurs de ses adeptes
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10 ans de prison pour Robert Le Dinh

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Il avait été condamné en 2010 à Foix à quinze ans de réclusion criminelle pour viols aggravés, agressions sexuelles, notamment sur des mineures, et abus de faiblesse aggravé. Hier, en appel, la cour d’assises de la Haute-Garonne n’a retenu que les agressions sexuelles aggravées et prononcé une peine de dix ans de prison contre Robert Le Dinh. Après huit jours de procès, ce verdict donne à la défense le sentiment du « devoir accompli » et aux parties civiles « un goût amer ».

« Je suis innocent ». Les derniers mots de Robert Le Dinh, jugé en appel depuis le 28 mars pour viols aggravés, agressions sexuelles, notamment sur des mineures, et abus de faiblesse aggravés, ont en partie été entendus.

Hier dans son verdict, la cour d’assises de la Haute-Garonne a écarté les viols et les abus de faiblesse aggravés et n’a retenu que les faits d’agressions sexuelles aggravées à la grande déception des parties civiles.

Alors que jeudi, le parquet général avait requis 12 ans de réclusion criminelle contre Robert Le Dinh, toutes regrettent que l’emprise mentale dont elles se disent victimes et qui a été reconnue par l’expert-psychiatre et en première instance à Foix, n’ait « pas été comprise».

Malgré sa « terrible déception » de ne pas avoir été reconnue comme victime, Isabelle Lorenzato s’est dite « soulagée » que les « enfants aient été protégés par la justice » et que Robert Le Dinh « ait pris dix ans », durant desquels « il ne fera plus de mal ».

Une décision « qui laisse sur sa faim »

Son avocat, Me Daniel Picotin, a souligné « la difficulté pour le monde juridique, pénal et pour le grand public de comprendre la manipulation mentale, une criminalité astucieuse, de second degré. Le Dinh n’a pas été pour autant été blanchi puisqu’il écope quand même dix ans de réclusion criminelle

[…] La réponse de la cour est non pour les adultes, oui pour les mineurs, ça laisse un petit peu sur sa faim », estime Me Picotin. Du côté des avocats de Robert Le Dinh, le sentiment dominant est celui du « devoir accompli ». « La secte est aujourd’hui abandonnée, elle n’existe pas. Il n’y a plus rien de l’idée de secte, tant sur la manipulation mentale pour obtenir des faveurs sexuelles que sur la même manipulation mentale pour obtenir de l’argent », a déclaré Me Martial pour qui cette affaire n’est « plus celle du gourou mais celle de l’illusion de la secte ». De son côté, la compagne Marie-Josée Maille, a jugé « logique et normale » la décision de la cour d’assises. « Mon mari est innocent » a-t-elle affirmé en écho à Robert Le Dinh.

Source : La Dépêche du 07/04/12

12 ans requis contre Robert Le Dinh

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Hier, douze ans de réclusion criminelle ont été requis contre le gourou présumé du Lot-et-Garonne et de l’Ariège, Robert le Dinh, accusé notamment de viols aggravés. Le verdict est attendu dans l’après-midi.

Rupture avec l’environnement, abus financiers, manipulation mentale et persuasion coercitive, agressions sexuelles voire tortures, embrigadement dès la naissance, démêlés judiciaires… « C’est la secte totale », assène Me Daniel Picotin, conseil de Dominique et Isabelle Lorenzato, à l’origine des poursuites contre Robert Le Dinh. Qualifiant le gourou présumé, poursuivi pour viols aggravés, agressions sexuelles notamment sur des mineures et abus de faiblesse aggravé, d’«affabulateur » et d’«escroc », l’avocat bordelais s’est efforcé de « démasquer » l’accusé et son « melting-pot ».

«vous avez inventé les partouzes mystiques»

Listant « les filons » de Robert Le Dinh, ses premières conférences sur les extra-terrestres puis sur la paix dans le monde, ses cours d’arts martiaux ou encore ses activités de medium jusqu’à sa révélation mystique en 1982 après l’apparition du Christ, Me Picotin a ironisé : « J’imagine mal le Christ jouant au quinté et roulant en 4×4. Vous avez inventé le Christ jouisseur et libertin, les partouzes mystiques (…) Vous faites partie de la grande cohorte des gourous, ces prédateurs financiers qui vivent en parasite ». Et d’enchaîner sur les conclusions de l’expert-psychiatre, notant chez l’accusé, « si les faits étaient avérés, une composante exhibitionniste, voyeuriste, perverse et sadique ».

« L’heure de la loi du retour pour Le Dinh »

Plus tôt dans la journée, Me Laurent Bruneau, l’avocat agenais de Marie-Hélène Lalanne, partie civile contre Le Dinh, avait anticipé les plaidoiries de la défense qui vont tenter aujourd’hui de démontrer que les « personnes qui appartenaient au groupe de Robert Le Dinh étaient libres et responsables de leur choix » et qu’il n’y avait « pas de problème de consentement ». « Le consentement de ma cliente a été volé. L’emprise était évidente, les membres du groupe ne pouvaient pas raisonner par eux-mêmes, ils n’avaient plus leur libre-arbitre (…) Ce qui a permis à Robert Le Dinh de devenir Tang, c’est le groupe, une arme au service de Tang pour atteindre ses objectifs », a affirmé Me Bruneau. S’inspirant des méthodes coercitives instaurées par le gourou présumé du Lot-et-Garonne et de l’Ariège pour s’assurer l’obéissance des membres de son groupe, l’avocat s’est adressé ainsi à la cour et aux jurés : « C’est l’heure de la loi du retour et du premier positionnement de Robert Le Dinh ».

Assujettissement par sujétion psychologique

En soutien à l’accusation, l’avocate générale Cécile Deprade qui avait sollicité en première instance à Foix, entre 10 à 12 ans de réclusion criminelle, a requis cette fois-ci une peine de douze ans d’emprisonnement et demandé l’abandon du facteur aggravant des poursuites. Tout en indiquant qu’il ne venait pas requérir « contre une secte », une « philosophie » ou « une croyance » dans le respect des « deux principes fondateurs de la liberté de conscience et de la liberté religieuse » mais contre « un homme », le ministère public s’est dit « convaincu que Robert Le Dinh a commis les crimes et les délits pour lesquels il comparaît » et qu’il « a assujetti ses victimes par sujétion psychologique ». Une question que la cour et les jurés devront trancher dans l’après-midi après les plaidoiries des trois avocats de Robert le Dinh.

Source : La Dépêche du 06/04/12

Foix. Procès Le Dinh : « une emprise mentale indéniable »

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Les adeptes de Robert Le Dinh, accusé de viols et d’agressions sexuelles étaient-ils bien sous son emprise mentale ? Cette question a fait, hier, l’objet des débats de la cour d’assises de la Haute-Garonne

Au cinquième jour du procès en appel de Robert Le Dinh, alias Tang, devant la cour d’assises de la Haute-Garonne, la question de l’existence ou non d’une emprise mentale exercée par le gourou présumé sur les membres de son groupe, a occupé une large partie des débats. Hier matin, le président Jean-Louis Cousté lui-même s’est interrogé en demandant à Dominique Lorenzato, qui a été le premier à porter plainte contre Tang en avril 2007 : « Y-a-t-il souffrance puisque tout était accepté ? ». Réponse de l’époux d’Isabelle Lorenzato : « Il était nécessaire de souffrir, cela faisait partie de l’enseignement de Monsieur Le Dinh. Celui qui l’avait reconnu comme le Saint Élu devait accepter sa parole sans condition ». C’est ensuite aux questions des avocats de la défense qui ont pointé le zèle avec lequel il avait rempli son rôle d’intendant, mené les fameuses séances de positionnement pour « recadrer » les adeptes fautifs, décortiqué les comptes des mauvais payeurs ou encore pris en charge les travaux des maisons successives acquises par le groupe dans les environs d’Agen et plus tard en Ariège, que Dominique Lorenzato a tenté de s’expliquer. « C’était à la demande de Monsieur Le Dinh. Pendant vingt ans, comme des abrutis, nous avons creusé des tranchées, construit des murs, sorti l’argent à la sueur de nos fronts pour financer les maisons. Nous voulions faire plaisir au Saint Élu et accomplir notre devoir en servant notre maître

[…] Il nous martyrisait et notre double peine c’est que nous étions convaincus que tout était de notre faute ».

« Un prédateur »

En écho à son épouse qui avait témoigné la veille durant cinq heures, notamment des rapports et des jeux sexuels auxquels elle avait dû se livrer, Dominique Lorenzato a insisté sur ses années perdues, sur « les tortures psychologiques » exercées par celui qu’il qualifie de « prédateur » et sur l’impossibilité pour les adeptes d’aller à l’encontre de leur maître, « émanation de la puissance divine ». À la barre, l’expert-psychiatre Daniel Ajzenberg, qui était déjà intervenu au procès de Foix en 2010, s’est lui aussi efforcé de faire admettre « l’emprise mentale indéniable » que Robert Le Dinh a pu avoir sur les membres de son groupe. En témoigne selon lui, cette « peur presque phobique » présente chez la plupart des parties civiles, d’une malédiction qui pourrait frapper leurs enfants depuis leur départ de la secte présumée. Pour Daniel Ajzenberg, il est clair que la révélation divine qu’aurait reçue Robert Le Dinh a servi d’« argumentaire » dans le but d’utiliser la vulnérabilité de ses adeptes et qu’aucun d’entre eux n’a rejoint Tang par hasard. « Dans tous les groupes, on retrouve le même mécanisme, une certaine fragilité des personnes au départ et une réassurance de ces groupes dans lesquels on pense pour vous

[…] L’individualité s’atténue petit à petit avec la perte de toute possibilité d’opposition ou de critique, on devient un objet disponible pour satisfaire les désirs de quelqu’un ou d’un groupe. On assiste à la disparition de l’identité antérieure et à la fusion dans l’identité groupale avec une obligation d’adhésion », a expliqué à plusieurs reprises l’expert-psychiatre. Devançant les questions des avocats de la défense qui, dès le premier jour de ce procès en appel ont annoncé qu’ils tenteraient de démontrer que les « personnes qui appartenaient au groupe de Robert Le Dinh étaient libres et responsables de leur choix », Daniel Ajzenberg a affirmé que les membres du groupe en question n’avaient plus leur libre-arbitre. D’où l’impossibilité pour eux, avant d’en être sorti, de « tuer le père, de tuer Dieu ».

Source : La Dépêche du 04/04/2012

 

France 3 du 28 mars 2012

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Robert Le Dinh, appelé Tang, a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle en 2010. Il est de nouveau jugé par la cour d’assises de Toulouse cette fois. Il lui est principalement repproché des viols et agresions sexuelles, y compris sur des mineures, ainsi qu’une emprise à dérive sectaire.

Le gourou présumé Le Dinh de nouveau aux assises

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Condamné en première instance au tribunal de Foix dans l’Ariège, Robert Le Dinh, gourou d’une communauté spirituelle, est jugé en appel à partir de mercredi devant la cour d’assises de Toulouse. Le procès devrait se tenir pendant 10 jours, jusqu’au 6 avril.

Ce quinquagénaire, qui se fait appelé du diminutif de « Tang », est accusé de  viol et d’agressions sexuelles sur d’anciennes adeptes, y compris sur des mineures. Il est également soupçonné d’avoir exercé son emprise mentale.

Ce matin, au tribunal de Toulouse, après la nomination des jurés, une présentation générale de Robert Le Dinh a été faite. Cet homme refuse « qu’on le présente comme un leader de secte ». Il rappelle : « je n’ai jamais forcé personne, je suis un envoyé de Dieu, libertin et libre. J’ai simplement animé un groupe ». Cette après-midi est consacrée à la biographie plus détaillée de Robert Le Dinh.

Rappel du premier procès

En septembre 2010 à Foix, Robert Le Dinh avait été condamné à 15 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de l’Ariège. Deux thèses radicalement opposées s’étaient affrontées au cours du premier procès de Robert Le Dinh.

D’un côté, d’anciens disciples ont décrit le gourou pervers d’une secte qui usait de son emprise pour obtenir des faveurs sexuelles mais aussi faire financer son train de vie. De l’autre, l’accusé évoquait une communauté « d’amis » dans laquelle il n’a jamais rien imposé à personne, et certainement pas des viols.

Expliquant avoir reçu, en 1982, une révélation du Christ, Tang, fils d’un ouvrier bouddhiste d’origine vietnamienne et d’une mère française catholique, dispensait des enseignements spirituels à une vingtaine de personnes, d’abord dans le Lot-et-Garonne, puis, à partir de 2005, dans l’Ariège. Son ascendant était tel qu’il conseillait les adeptes dans leur carrière, constituait les couples ou prénommait les enfants, d’après des témoins.

Un couple, Dominique et Isabelle Lorenzato, ex-adeptes, avait le premier dénoncé les faits, en 2007. Leur avocat, maître Picotin, expliquait à l’ouverture du procès en appel à Toulouse : « Robert Le Dinh est un prédateur, il faut absolument que ça s’arrête ».

Maître Pierre Le Bonjour et maître Edouard Martial défendent Robert Le Dinh et plaideront l’acquittement comme en première instance, démentant le caractère sectaire du groupe de Le Dinh.

Parmi les parties civiles, l’association de défense des familles UNADFI, qui soulignent que le groupe de Tang a été cité dans le dernier rapport de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). C’est un dossier « particulièrement emblématique du fonctionnement de la manipulation et de l’emprise mentale », dit le couple Lorenzato dans un communiqué. « On aborde ce dossier l’arme au pied », souligne leur avocat, maître Daniel Picotin, faisant valoir en particulier que les expertises psychiatriques avaient « très clairement conclu à l’emprise mentale » exercée par le gourou.

Le « gourou » Robert Le Dinh jugé en appel

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Ce chef d’une communauté spirituelle est rejugé à partir de mercredi devant la cour d’assises de Haute-Garonne pour le viol d’anciennes adeptes sur lesquelles il est accusé d’avoir exercé son emprise mentale. En 2010, il avait été condamné à 15 ans de prison.

Robert Le Dinh, gourou d’une communauté spirituelle, est jugé en appel à partir de mercredi devant la cour d’assises de Haute-Garonne notamment pour le viol d’anciennes adeptes sur lesquelles il est accusé d’avoir exercé son emprise mentale. En septembre 2010 à Foix, il avait été condamné à 15 ans de réclusion criminelle.
Deux thèses radicalement opposées s’étaient affrontées au cours du procès de cet homme de 52 ans. D’un côté, d’anciens disciples ont décrit le gourou pervers d’une secte qui usait de son emprise pour obtenir des faveurs sexuelles mais aussi faire financer son train de vie. De l’autre, l’accusé évoquait une communauté d’amis dans laquelle il n’a jamais rien imposé à personne, et certainement pas des viols.

Emprise mentale : « un dossier emblématique »

Disant avoir reçu en 1982 une révélation du Christ, Tang, fils d’un ouvrier bouddhiste d’origine vietnamienne et d’une mère française catholique, dispensait des enseignements spirituels à une vingtaine de personnes, d’abord dans le Lot-et-Garonne, puis, à partir de 2005, dans l’Ariège. Son ascendant était tel qu’il conseillait les adeptes dans leur carrière, constituait les couples ou prénommait les enfants, d’après des témoins. S’il est mis en cause, dit-il, c’est le résultat d’une machination fomentée par Dominique et Isabelle Lorenzato, ex-adeptes motivés par la jalousie et le dépit amoureux. Le couple avait le premier dénoncé les faits, en 2007.

Me Le Bonjour, qui avec Me Martial plaidera l’acquittement comme en première instance, dément le caractère sectaire du groupe de Le Dinh. Si Robert Le Dinh était le « chef » d’un groupe, l’avocat met en doute la « force de son emprise sur les gens. Il faudra voir si elle était suffisante pour contraindre quelqu’un à être amoureux ou à avoir des relations sexuelles« , dit-il. Un avis que ne partagent évidemment pas les parties civiles, parmi lesquelles l’association de défense des familles UNADFI, qui soulignent que le groupe de Tang a été cité dans le dernier rapport de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). C’est un dossier « particulièrement emblématique du fonctionnement de la manipulation et de l’emprise mentale« , dit le couple Lorenzato dans un communiqué. « On aborde ce dossier l’arme au pied« , souligne leur avocat, Me Picotin, faisant valoir en particulier que les expertises psychiatriques avaient « très clairement conclu à l’emprise mentale » exercée par le gourou. Le procès se terminera le 6 avril.

 

Source : TF1 news du 27/03/12

Procès en appel mercredi à Toulouse du gourou présumé de l’Ariège

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TOULOUSE (AP) — Le procès en appel de Robert Le Dinh, ce gourou présumé poursuivi pour viols, agressions sexuelles y compris sur des mineures et abus de faiblesse, s’ouvre mercredi devant la cour d’assises de Toulouse. Sept anciens adeptes de son groupe, auquel certains ont appartenu durant plus de vingt ans, se sont portés parties civiles dans ce procès.

Robert Le Dinh, qui se fait appeler « Tang », avait été condamné le 18 septembre 2010 à 15 ans de réclusion criminelle, la peine maximum pour des viols, par la cour d’assise de Foix. Incarcéré à l’issue du délibéré, il avait fait appel de sa condamnation.
Durant plus de vingt ans, Robert Le Dinh a dirigé une communauté d’une vingtaine de personnes d’abord dans le Lot-et-Garonne, puis en Ariège, avant de faire l’objet d’une plainte et d’être placé en garde à vue le 5 septembre 2007 et, deux jours plus tard, d’être mis en examen et placé en détention provisoire.

L’affaire avait démarré en avril 2007, lorsque deux de ses anciens disciples adeptes, un couple de fonctionnaires qui avait rejoint le groupe dès sa création en 1984, avait dénoncé ses agissements auprès des gendarmes de Saint-Girons (Ariège).
Né en 1959 à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), ce fils d’ouvrier bouddhiste d’origine vietnamienne et d’une mère française catholique, dit avoir reçu un message divin du Christ en 1982 faisant de lui « le serviteur » ou « le troisième messie ».

C’est après cette « révélation » qu’il a commencé à délivrer un message messianique centré sur Jésus-Christ et formé en 1984 un groupe « pour la paix dans le monde ». Très rapidement, ce groupe s’était monté en diverses associations caritatives, sportives ou humanitaires telles que l’EMP, Enseignement de Me Philippe ou encore l’ADLEIF, Association de défense des libertés d’expression dans l’institution française. Dédiée à l’aide aux détenus, cette structure, qui a depuis été dissoute, avait été citée par le rapport parlementaire sur les sectes en 1995.
Tang et son groupe ont également fait l’objet d’une mention dans le rapport 2010 de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires).

La première communauté formée par Robert Le Dinh avec une vingtaine de personnes a vu le jour en 1984 à Madaillan (Lot-et-Garonne) et s’était par la suite déplacée en 2005 près de Castillon (Ariège).

Dans le cadre de l’instruction et du premier procès de Robert Le Dinh, d’anciens disciples, surtout des femmes, ont décrit « la manipulation », « les méthodes coercitives », les viols et les agressions sexuelles exercées par leur chef spirituel, y compris sur des mineures sous couvert de missions divines et de « loi du retour » en vertu de laquelle les adeptes encourraient une catastrophe en cas de mauvaise action ou de désobéissance.

Au sein de leur groupe, qu’ils qualifient de « secte », ces anciens adeptes en situation « d’hypnose mentale » ont indiqué que leur salaire servaient à assumer tous les frais et charges de Robert Le Dinh et qu’ils lui versaient d’importantes sommes d’argent appelées « semaine », « clichés » ou « dîme du roi ». Aux dires des témoins, Tang décidait aussi de leur orientation professionnelle, formait et défaisait les couples.
Pour l’avocat bordelais Me Daniel Picotin, conseil de Dominique et Isabelle Lorenzato, membres historiques du groupe et à l’origine des poursuites, la dimension sectaire du dossier ne fait aucun doute.

« Tous les critères de la dérive sectaire sont dans le dossier. Cet homme qui se présentait comme ‘le troisième messie’ a coupé des familles de leur environnement, les exploitait financièrement et avait totalement annihilé le consentement de ses adeptes. Il avait le contrôle total pour le moindre élément de leur vie. C’est lui qui mariait et démariait les couples et qui choisissait un ‘métier respectable’ pour les jeunes majeurs qui étaient sous sa coupe », a déclaré Me Picotin à l’Associated Press.

Robert Le Dinh a toujours affirmé que les relations sexuelles rapportées par d’anciennes adeptes étaient consenties et a par ailleurs toujours contesté les agressions sexuelles sur des mineures ainsi que son rôle de chef de secte ou de gourou.

En Ariège, Le Dinh était employé dans l’entreprise Ariège Couserans Plomberie, une société créée par l’une de ses proches sur ses conseils, et percevait une rémunération pour son activité de cuisinier au sein du groupe. Avant sa condamnation à Foix, il avait été condamné à deux ans et demi d’emprisonnement pour extorsion de fonds, abus de confiance et escroquerie par la cour d’appel d’Agen en décembre 1987.
Le procès en appel de Toulouse s’achèvera le 6 avril.

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