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Bordeaux: pour le tribunal, personne n’a poussé la victime à imaginer des viols

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Le parisienLe tribunal de Bordeaux a donné raison mercredi à une femme qui réclamait des dommages et intérêts à son père pour viols, alors que ce dernier invoquait « de faux souvenirs induits » par une thérapeute, a-t-on appris de source judiciaire.

La 6e chambre civile du tribunal de grande instance de Bordeaux, saisie par la jeune femme en raison de délais de prescription lui interdisant une action au pénal, s’est rangée aux arguments de S. , 38 ans, car celle-ci, qui soutient avoir été violée par son père entre 10 et 13 ans, s’était confiée à des proches avant même de consulter cette thérapeute, a-t-on ajouté.

Les juges civils lui ont alloué 15.000 euros de dommages et intérêts et 1.500 euros au titre des frais de justice, a-t-on précisé.

Lors de l’audience, qui s’était tenue le 10 avril, son avocate, Me Patricia Gravellier, avait rappelé que les experts qui avaient examiné sa cliente dans le cadre de sa plainte déposée en 2007 ne l’avaient pas jugée affabulatrice, ne décelant chez elle aucun trouble psycho-pathologique.

Me Daniel Picotin, qui représentait le père, n’avait de son côté pas mis en doute la sincérité de S., jugeant toutefois qu’elle était victime de « faux souvenirs induits » (FSI), mis en tête par une thérapeute bordelaise aujourd’hui retraitée. Celle-ci, pour se conformer au décret de 2010 sur ces métiers, se présentait ces dernières années comme « coach en développement personnel ».

Spécialiste national des affaires de manipulation mentale (il représente une partie des victimes dans l’affaire des reclus de Monflanquin), Me Picotin avait produit des cartes d’anniversaire affectueuses écrites par la fille au père et des photos du mariage de la jeune femme, où elle semble très proche de lui.

Une expertise avait également mis en doute l’amnésie prolongée de la plaignante, dans la mesure où la plaignante avait été violée aux âges qu’elle avance, et s’étonnait dans ce cas du maintien de rapports proches avec son père.

Me Gravellier avait quant à elle insisté sur les témoignages de l’époux et d’un frère de S., qui soutenaient que la jeune femme leur avait parlé de tels viols plusieurs années avant de consulter sa « coach ».

Ces témoignages avaient été mis en doute par Me Picotin, mais ils ont fini par emporter la conviction du tribunal.

Source : Le Parisien du 19/06/13

 

Gironde: 4 mois ferme pour un « magnétiseur » charismatique et un peu gourou

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Un « magnétiseur » de 37 ans, qui prodiguait manipulations, incantations et compléments alimentaires à des patients « subjugués » par son charisme, a été condamné jeudi à quatre mois de prison ferme pour exercice illégal de la médecine, dans un procès mêlant charlatanisme et accents quasi-sectaires dans le Médoc.

Philippe Lamy, qui s’est défini comme « un magnétiseur, pas un médecin » a été condamné par le tribunal correctionnel de Bordeaux, pour une activité prodiguée entre 2008 et fin 2009, à domicile ou dans un club échangiste de Listrac-Médoc, dont il était, par ailleurs, fondateur et animateur.

Selon un modus operandi décrit par des témoins mais que Lamy a en partie nié à l’audience, celui qui se faisait appeler « Maître Ilario » avait une large palette d’interventions: il apposait les mains, « désenvoutait » des lieux habités « d’entités », faisait brûler des bougies, et exerçait sur certains une manipulation mentale, décrite a l’audience comme évoquant par quelques aspects « des délits sectaires ».

Il fournissait aussi des gélules « magnétisées », qui étaient en fait des compléments alimentaires obtenus via un laboratoire niortais. Il en aurait commandé pour plusieurs dizaines de milliers d’euros, gagnant au passage plus de 8.500 euros de commissions.

« Plus grave » pour Me Daniel Picotin avocat de deux ‘patientes’ constituées parties civiles, Lamy aurait conseillé de cesser des traitements conventionnels, tels une chimiothérapie, « une bêtise, une inconscience, une folie, qu’au moins certains charlatans » comme le prévenu « n’ont pas ».

Son avocate Jessica Carreras, du cabinet marseillais Collard, a dénoncé un procès fait à son client pour « s’habiller en ‘gothique’, porter les cheveux longs, participer au libertinage dans la région. Il dérange ». Elle a demandé la relaxe.

Le procureur Dominique Chevallier, évoquant des victimes « bien plus nombreuses que celles qui se sont fait connaître », a requis 18 mois de prison avec sursis.

Le tribunal a condamné Lamy à 18 mois dont 14 avec sursis, et 3 ans de mise à l’épreuve. Un juge d’application des peines des Pyrénées-Orientales, où il réside actuellement, décidera d’un éventuel aménagement des quatre mois ferme.

Il a été condamné a verser 6.200 euros de dommages et intérêts répartis entre trois « patientes » parties civiles, et un euro au Conseil de l’Ordre des médecins.

Source : Charente Libre du 14/12/12

Journal de TV7 du 13/11/12 : Procès Tilly

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(suite…)

Le JDD : Monflanquin : Juppé reçoit les Védrines

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Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, a reçu vendredi soir à la mairie les dix membres de la famille de Védrines, parties civiles dans le procès dit des reclus de Monflanquin, achevé un peu plus tôt devant le tribunal correctionnel de la ville. « C’est un bonheur de vous voir réunis ici (…) J’ai vu les réquisitions par la presse (…) J’espère que le jugement permettra de conclure ce cauchemar », leur a dit Alain Juppé.

Les de Védrines, parmi lesquels Charles-Henri, colistier d’Alain Juppé lors des municipales de 1995, étaient accompagnés de Me Daniel Picotin, qui défend cinq d’entre eux. Me Picotin a rendu hommage à l’élu pour son soutien lorsque l’avocat s’activait pour libérer les de Védrines, d’abord reclus dans leur château de Monflanquin, puis en Angleterre. Il lui a ensuite remis un Manifeste reprenant plusieurs propositions visant à améliorer la prise en compte juridique de la manipulation mentale, comme par exemple l’inscription dans le Code pénal, comme délit, voire comme crime, de « la mise sous emprise mentale préjudiciable », qu’un tiers pourrait dénoncer.

Source : Le JDD du 05/10/12

Affaire Le Dinh : Une partie civile demande un troisième procès

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Le verdict prononcé vendredi par la cour d’assises de Haute-Garonne, condamnant Robert Le Dinh à 10 ans de réclusion criminelle, devait mettre un point final à cette affaire qui slalome depuis cinq ans, pour son volet judiciaire, entre dérives sectaires et affaire de mœurs.

Interrogé ce lundi de Pâques par Jacques Pradel pour « L’Heure du crime (RTL) », l’un des avocats des parties civiles, Daniel Picotin, attend de la Chancellerie qu’elle dépose un pourvoi en cassation pour qu’ait lieu un nouveau procès. Qualifié de « prédateur » et dénoncé par ses victimes comme ayant abusé d’elles par force, Robert Le Dinh n’est condamné que pour des agressions sexuelles aggravées commises contre des mineures. L’abus de faiblesse, les viols n’apparaissent plus dans cette seconde condamnation.

« C’est un gourou total. Comme l’a démontré un expert lors du procès de Toulouse, on est bel et bien dans la manipulation mentale » expliquait hier Me Picotin, qui estime que c’est à l’Etat de saisir la Cour de cassation. Et de regretter « le manque d’une politique judiciaire ferme vis-à-vis des dérives sectaires (lire ci-contre). »

Les délais d’appel sont courts. Il reste jusqu’à demain soir à la justice ou à son ministère de tutelle pour dire oui à la demande d’une des parties civiles.

« Pas une secte ! »

Pour Me Martial, qui défendait l’accusé, la messe est dite. Au micro de RTL, l’avocat agenais estime « qu’il n’y a plus de gourou, plus de secte, plus d’emprise

[…] Toute cette affaire est un complot, basé sur la jalousie et la méchanceté d’un homme et d’une femme ((des parties civiles) qui avaient des comptes à régler avec Le Dinh. » Robert le Dinh est lui condamné pour la deuxième fois par une juridiction. Avec l’un de ses bras droits et sa compagne, il avait déjà été épinglé en 1987 pour escroquerie et avait purgé une peine de trente mois d’emprisonnement. Cette condamnation, criminelle cette fois, par les jurés d’assises de Haute-Garonne, célèbre si l’on peut dire trente ans de présence dans le département de Le Dinh, né en 1959 à Villeneuve-sur-Lot. Il apparaît dans les colonnes de «La Dépêche du Midi» en 1982, au premier rang lors d’une réunion pour un énigmatique « mouvement libre de la paix » à Pont-du-Casse.

Repas place du Pin

Les associations se succéderont les unes aux autres : Travail dans l’organisation de l’amour du Christ (TOAC), l’ADLEIF, l’Enseignement Maître Philippe. Le Dinh, c’était aussi des repas pour les plus démunis place du Pin, pendant l’hiver. « Si j’avais été chef de secte, je serais à la tête de multinationales » avait-il répondu en 2005, alors qu’il vivait depuis quelques mois en Ariège.

Le Dinh, un « saint homme » ? Selon les membres de son comité de soutien toujours vivant, c’est oui. Pour ses victimes, il reste « un prédateur. » Pour la justice, qui avait requis douze ans lors de ce second procès, Le Dinh « a assujetti ses victimes par sujétion psychologique ». Placé en détention provisoire dès 2007, Robert Le Dinh pourrait avec le jeu des remises de peines ne passer que « quelques mois en prison » selon Me Martial, son avocat. St. B.


La miviludes, une loi, une cellule…

Georges Fenech était l’invité de Jacques Pradel sur RTL hier après-midi. L’actuel président de la Miviludes (Mission

interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) a confirmé que les agissement de Robert le Dinh étaient bien sous surveillance de ses services depuis la création, au milieu des années 1990, d’associations (ADLEIF par exemple) dont certaines figurent sur les différents rapports de cet organisme ou de synthèses produites par l’Assemblée nationale.

Georges Fenech n’a pas démenti non plus qu’il existât des « signalements » concernant Robert le Dinh.

Le président de la Miviludes précisait aussi que la France est le seul pays qui dispose « d’un organisme de surveillance du phénomène sectaire, et d’un texte législatif contre la manipulation mentale », la loi dite About-Picard (2001).

Depuis les faits, la lutte contre les dérives sectaires dispose d’un nouvel outil, la CAIMADES, la cellule d’assistance et d’intervention en matière de dérives sectaires.

Source : La Dépêche du 10/04/12

Le Dinh se dit innocent

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justice

Au premier jour de son procès en appel devant la cour d’assises de Toulouse, Robert Le Dinh, poursuivi pour viols aggravés, agressions sexuelles entre autres sur des mineures et abus de faiblesse aggravé, a de nouveau clamé son innocence.

Dans ce procès, sept anciens adeptes ainsi que l’UNADFI, Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victimes de sectes, se sont portés partie civile.Dès le début de son procès, l’accusé qui se fait appeler « Tang » et qui a dirigé durant plus de vingt ans une communauté dans le Lot-et-Garonne puis en Ariège, a contesté tous les faits qui sont reprochés en assurant notamment que les relations sexuelles qu’il avait pu avoir avec des membres de son groupe, exclusivement des femmes, étaient « parfaitement consenties » et que celles-ci avaient toujours eu « leur libre arbitre et leur libre choix ».

«Pas de problème de consentement»

L’affaire Tang avait démarré en avril 2007, lorsque deux de ses anciens disciples, un couple de fonctionnaires qui avait rejoint le groupe dès sa création en 1984, avait dénoncé ses agissements auprès des gendarmes de Saint-Girons (Ariège)( Lire notre édition d’hier). Le 5 septembre 2007, Robert Le Dinh était placé en garde à vue et, deux jours plus tard, mis en examen pour viols et agressions sexuelles aggravés, abus de faiblesse aggravé et finalement placé en détention provisoire.

Le 18 septembre 2012, Robert Le Dinh avait été condamné à 15 ans de réclusion criminelle, la peine maximum pour des viols, par la cour d’assises de Foix. Incarcéré à l’issue du délibéré, il avait fait appel de sa condamnation.

Lors de ce procès en appel, Me Edouard Martial, l’un de ses trois avocats, a déclaré qu’il tenterait de démontrer que les « personnes qui appartenaient au groupe de Robert Le Dinh étaient libres et responsables de leur choix » et qu’il n’y avait « pas de problème de consentement ».

« Nous nous méfions de l’idée dévastatrice de la secte et de l’emprise sectaire, qui est un fonds de commerce, à un étal offert à la compassion des uns et des autres » a déclaré Me Martial.

«Prison mentale»

Pour Me Daniel Picotin, conseil de Dominique et Isabelle Lorenzato, à l’origine des poursuites, la dimension sectaire du dossier ne fait aucun doute.

« Notre objectif est que la cour comprenne les manipulations de « Tang » et comment il a pu abuser financièrement et sexuellement de ses victimes qui étaient dans une véritable prison mentale

[…] Malgré le rapport parlementaire et les condamnations, « Tang » a toujours une vingtaine d’adeptes, c’est insupportable pour ceux qui ont vécu un enfer auprès de ce prédateur », a indiqué Me Picotin. Le procès en appel de Toulouse s’achèvera le 6 avril.

Source : La Dépêche du 29/03/2012

Procès en appel mercredi à Toulouse du gourou présumé de l’Ariège

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TOULOUSE (AP) — Le procès en appel de Robert Le Dinh, ce gourou présumé poursuivi pour viols, agressions sexuelles y compris sur des mineures et abus de faiblesse, s’ouvre mercredi devant la cour d’assises de Toulouse. Sept anciens adeptes de son groupe, auquel certains ont appartenu durant plus de vingt ans, se sont portés parties civiles dans ce procès.

Robert Le Dinh, qui se fait appeler « Tang », avait été condamné le 18 septembre 2010 à 15 ans de réclusion criminelle, la peine maximum pour des viols, par la cour d’assise de Foix. Incarcéré à l’issue du délibéré, il avait fait appel de sa condamnation.
Durant plus de vingt ans, Robert Le Dinh a dirigé une communauté d’une vingtaine de personnes d’abord dans le Lot-et-Garonne, puis en Ariège, avant de faire l’objet d’une plainte et d’être placé en garde à vue le 5 septembre 2007 et, deux jours plus tard, d’être mis en examen et placé en détention provisoire.

L’affaire avait démarré en avril 2007, lorsque deux de ses anciens disciples adeptes, un couple de fonctionnaires qui avait rejoint le groupe dès sa création en 1984, avait dénoncé ses agissements auprès des gendarmes de Saint-Girons (Ariège).
Né en 1959 à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), ce fils d’ouvrier bouddhiste d’origine vietnamienne et d’une mère française catholique, dit avoir reçu un message divin du Christ en 1982 faisant de lui « le serviteur » ou « le troisième messie ».

C’est après cette « révélation » qu’il a commencé à délivrer un message messianique centré sur Jésus-Christ et formé en 1984 un groupe « pour la paix dans le monde ». Très rapidement, ce groupe s’était monté en diverses associations caritatives, sportives ou humanitaires telles que l’EMP, Enseignement de Me Philippe ou encore l’ADLEIF, Association de défense des libertés d’expression dans l’institution française. Dédiée à l’aide aux détenus, cette structure, qui a depuis été dissoute, avait été citée par le rapport parlementaire sur les sectes en 1995.
Tang et son groupe ont également fait l’objet d’une mention dans le rapport 2010 de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires).

La première communauté formée par Robert Le Dinh avec une vingtaine de personnes a vu le jour en 1984 à Madaillan (Lot-et-Garonne) et s’était par la suite déplacée en 2005 près de Castillon (Ariège).

Dans le cadre de l’instruction et du premier procès de Robert Le Dinh, d’anciens disciples, surtout des femmes, ont décrit « la manipulation », « les méthodes coercitives », les viols et les agressions sexuelles exercées par leur chef spirituel, y compris sur des mineures sous couvert de missions divines et de « loi du retour » en vertu de laquelle les adeptes encourraient une catastrophe en cas de mauvaise action ou de désobéissance.

Au sein de leur groupe, qu’ils qualifient de « secte », ces anciens adeptes en situation « d’hypnose mentale » ont indiqué que leur salaire servaient à assumer tous les frais et charges de Robert Le Dinh et qu’ils lui versaient d’importantes sommes d’argent appelées « semaine », « clichés » ou « dîme du roi ». Aux dires des témoins, Tang décidait aussi de leur orientation professionnelle, formait et défaisait les couples.
Pour l’avocat bordelais Me Daniel Picotin, conseil de Dominique et Isabelle Lorenzato, membres historiques du groupe et à l’origine des poursuites, la dimension sectaire du dossier ne fait aucun doute.

« Tous les critères de la dérive sectaire sont dans le dossier. Cet homme qui se présentait comme ‘le troisième messie’ a coupé des familles de leur environnement, les exploitait financièrement et avait totalement annihilé le consentement de ses adeptes. Il avait le contrôle total pour le moindre élément de leur vie. C’est lui qui mariait et démariait les couples et qui choisissait un ‘métier respectable’ pour les jeunes majeurs qui étaient sous sa coupe », a déclaré Me Picotin à l’Associated Press.

Robert Le Dinh a toujours affirmé que les relations sexuelles rapportées par d’anciennes adeptes étaient consenties et a par ailleurs toujours contesté les agressions sexuelles sur des mineures ainsi que son rôle de chef de secte ou de gourou.

En Ariège, Le Dinh était employé dans l’entreprise Ariège Couserans Plomberie, une société créée par l’une de ses proches sur ses conseils, et percevait une rémunération pour son activité de cuisinier au sein du groupe. Avant sa condamnation à Foix, il avait été condamné à deux ans et demi d’emprisonnement pour extorsion de fonds, abus de confiance et escroquerie par la cour d’appel d’Agen en décembre 1987.
Le procès en appel de Toulouse s’achèvera le 6 avril.

Les 7 ex-reclus de Monflanquin/Oxford sur le point de rentrer en France

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LepointSept Français d’une même famille, qui vivaient sous l’emprise d’un gourou depuis 2001 coupés du monde, à Monflanquin (Lot-et-Garonne) puis à Oxford (Angleterre) à partir de 2008, ont « été libérés et sont sur le point de rentrer en France » pour six d’entre-eux, a indiqué à l’AFP leur avocat, Daniel Picotin, jeudi à Bordeaux.

Sept Français d’une même famille, qui vivaient sous l’emprise d’un gourou depuis 2001 coupés du monde, à Monflanquin (Lot-et-Garonne) puis à Oxford (Angleterre) à partir de 2008, ont « été libérés et sont sur le point de rentrer en France » pour six d’entre-eux, a indiqué à l’AFP leur avocat, Daniel Picotin, jeudi à Bordeaux.

Arrivé mercredi en Gironde avec Charles-Henri de Védrines, qui a été entendu par la justice, Me Picotin a annoncé le retour prochain en France des six autres membres de cette famille après avoir indiqué dans un premier temps qu’ils avaient d’ores et déjà quitté l’Angleterre.

Daniel PicotinThierry Tilly, suspecté d’avoir maintenu sous sa coupe 11 membres d’une famille aristocratique du Lot-et-Garonne, âgés de 24 à 96 ans, a été interpellé le 21 octobre en Suisse dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen puis mis en examen le 28 octobre à Bordeaux pour escroqueries, abus de faiblesse, extorsion de fonds, séquestration avec actes de torture et barbarie. Il est écroué à la maison d’arrêt de Gradignan (banlieue bordelaise).

« C’est une issue formidable, ça fait huit ans et demi que j’attendais cela », a indiqué à l’AFP par téléphone Jean Marchand, le seul membre du clan Védrines à n’être jamais tombé dans la manipulation du gourou. Il s’est toujours battu pour récupérer les siens et avait été « expulsé » le 7 septembre 2001 par sa femme et ses beau-frères.

« Cette affaire démontre que la société française n’a pas les instruments juridiques pour se protéger de ces (gourous) personnes », a déploré M. Marchand, 58 ans.

En huit ans, l’avocat de la partie civile a estimé que c’est environ 4 millions d’euros que Thierry Tilly aurait détourné de la fortune des Védrines qui, aujourd’hui, se retrouvent « entièrement ruinés ».

C’est lors d’une opération menée du 9 au 13 décembre, à Oxford et Bristol et qualifiée « d’exit counseling » (exfiltration) par Me Picotin, que les sept membres de la famille Védrines restés sous l’influence du gourou malgré son interpellation ont pu être récupérés par une équipe spécialisée.

L’avocat bordelais, spécialisé dans la lutte antisecte, a organisé deux opérations « commandos » en Angleterre, « avec une psychanalyste, un criminologue et un chauffeur spécialisé », la première à la mi-novembre avait permis la sortie de Guillaume de Védrines, 32 ans.

Deux membres du clan Védrines avaient pu échapper à l’emprise de Tilly avant le départ outre-Manche, en 2008, du reste de la famille et deux autres ont été soustraits donc grâce à l’action de Me Picotin en 2009.

« C’est le plus bel acte de ma vie professionnelle », a affirmé l’avocat qui est également président de l’association « Info-secte Aquitaine/CCMN » et milite pour un renforcement de la loi contre « les manipulations mentales ».

« Nous avons +réveillé+ les sept membres de cette famille qui se sont tous constitués partie civile dans ce dossier », a expliqué Me Picotin.

L’avocat a précisé que l’une de ces sept personnes, un ancien obstétricien bordelais, Charles-Henri de Védrines, « a été entendu jeudi » par Stéphane Lorentz, le juge d’instruction en charge du dossier. « Cette audition a permis d’enregistrer de nouvelles charges contre l’escroc ».

C’est l’exfiltration puis la plainte en mars de Christine de Védrines, la mère de Guillaume, âgée de 59 ans, qui a permis de mettre fin aux agissements de M. Tilly.

« Les Védrines ont maintenant besoins « de plusieurs mois de tranquillité afin de reprendre le cour de leur existence », a déclaré Me Picotin, indiquant qu’ils vivaient depuis plusieurs mois « de petit boulots » dans le plus grand dénuement.

Source : Le Point.fr du 18/12/09

Par Hugues JEANNEAUD et Didier HERBILLON

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