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Reclus de Monflanquin : 10 ans requis contre Tilly, décision rendue le 4 juin

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Photo2La peine maximale de dix ans de prison a été requise en appel à Bordeaux contre Thierry Tilly, accusé de vampirisation financière et morale sur une famille du Sud-Ouest.

Le ministère public a requis jeudi devant la Cour d’appel de Bordeaux la peine maximale de dix ans de prison contre Thierry Tilly, qui serait coupable « d’une entreprise de vampirisation financière et morale » à l’encontre d’une famille de notables du Sud-Ouest, totalement ruinés. La Cour a mis son arrêt en délibéré au 4 juin à 14h.

« Ma conviction est intacte quant à la culpabilité de Thierry Tilly et au châtiment » qui doit lui être infligé, a dit l’avocat général Pierre Bellet qui avait déjà requis la même peine lors du premier procès.

Le magistrat, qui a réclamé la plus haute peine de prison encourue par Thierry Tilly, a également demandé à la Cour qu’elle prononce une peine de cinq ans de privation de droits civiques et civils ainsi que l’interdiction définitive de diriger une entreprise commerciale ou artisanale.

« Un mythomane stratégique…un menteur, un vantard, un imposteur »

Il a revanche requis une relaxe partielle pour les faits concernant les deux premières années d’emprise, période qui s’est étalée entre 1999 et 2009, la loi qualifiant la notion de sujétion psychologique étant entrée en vigueur en juin 2001.

« Ce sont des faits exceptionnels » de « vampirisation financière et morale », a-t-il jugé.
Tilly, qui a écopé de huit ans de prison en prison en première instance, est un « mythomane stratégique (…) un menteur, un vantard, un hâbleur, un imposteur ». Un « grand escroc », aussi, qui « exploite les failles psychologiques » de ses victimes, a martelé M. Bellet.

Il use d’une vaste palette de techniques manipulatoires pour mettre « en état d’embrigadement » psychique ses victimes, a poursuivi le magistrat, convoquant les expertises psychiatriques et psychologiques versées au dossier.

Il a d’abord « séduit ses interlocuteurs », les de Védrines, une riche famille du Sud-Ouest, avant de leur distiller le poison d’un « discours récurrent sur un complot franc-maçon, rose-croix, homosexuel, juif », conduisant « onze personnes à croire » en cette machination, a martelé Pierre Bellet.

Dénonçant le « machiavélisme » du prévenu, Pierre Bellet a encore jugé l’état de sujétion psychologique et l’abus de faiblesse caractérisés : Tilly a placé ses victimes en état de « séquestration psychique » pour mieux les séparer de leurs proches et du monde avant de les pousser à se cloîtrer, dans leur demeure de Monflanquin, dans le Lot-et-Garonne, puis en Angleterre, et de les dépouiller progressivement de leurs biens qu’ils ont fini par vendre pour environ 4,5 millions d’euros.

Le tout, principalement à son profit. Car pour Pierre Bellet, Tilly est bien « l’instigateur principal » de cette escroquerie : Jacques Gonzalez, condamné avec lui en première instance à quatre ans de prison mais qui s’est désisté de son appel, n’est que son « faire-valoir ». 

Un peu plus tôt, les avocats des parties civiles avaient réclamé la confirmation des sommes allouées en première instance par le tribunal correctionnel de Bordeaux (environ 4,5 millions de préjudice matériel, 505.000 euros de préjudice moral), Me Daniel Picotin, spécialiste des questions d’emprise mentale, épinglant « le désir d’emprise » qui habite Thierry Tilly et sa « capacité à faire du « cousu main » avec ses victimes ».

Tilly « ne mérite pas dix ans » selon son avocat

« Ce procès me fait l’effet d’un procès en sorcellerie », a répliqué le conseil de Tilly, Me Alexandre Novion. Il « est convaincu qu’il va sauver cette famille« . Reprenant la thèse avancée en première instance, il a soutenu que « l’instigateur », c’est au contraire Gonzalez.

Tilly « ne mérite pas dix ans », il n’est qu’un « exécutant », a-t-il encore dit. « Ce procès ne doit pas être celui du triomphe de la psychologie sur le droit », a encore lancé Alexandre Novion à l’adresse de la Cour.

Invité à s’exprimer à la fin du procès, Thierry Tilly, plus que prolixe à l’ouverture des débats lundi, a sobrement signifié qu’il s’en tenait « aux propos de (son) avocat et à la confiance que j’ai placée en lui ».

Source : Sud Ouest du 25/04/13

Volte-Face contrôlée

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Par le Collectif SFRAEM (Société Française de Recherche et d’Analyse de l’Emprise Mentale)

Cette seconde semaine a débuté avec cette confrontation entre Thierry Tilly et Jacques Gonzales, qui ne s’étaient pas vus depuis deux ans.

Thierry Tilly a quêté avec insistance lors de son arrivée, et ce à trois reprises le regard de celui qu’il se plaisait à appeler son patron, mais aucun échange ne lui permettra de s’étayer et rien ne viendra calmer son angoisse infantile, alors, un voile de tristesse viendra même le ternir. Jacques Gonzales ne joue plus au père, tour à tour à l’écoute, fouettard, ou donneur d’instruction, NON, Jacques Gonzales lâche son fils spirituel et nie en bloc toute implication autre qu’humanitaire, ce à quoi Thierry Tilly adhère dans un premier temps, opinant régulièrement.

Il croit dans cette première partie biographique et valide les propos de son patron quand ce dernier s’exclame « Quand je fais confiance, je fais confiance ! ». Là où le bât commence à blesser douloureusement c’est quand la Présidente place Jacques Gonzales avec habileté face à une de ses nombreuses contradictions et qu’elle l’oppose aux affirmations antérieures de Thierry Tilly et qu’il lâche « Il peut penser ce qu’il veut, je sais ce que j’ai fait et ce que je n’ai pas fait ! ».

Là encore, malgré cette deuxième estocade, Thierry Tilly se maintient mais à l’énoncé des propos de son patron lors des écoutes téléphoniques avec son amie, quand il dit : « Soit il est malade, soit il est complètement fou » et qu’il le confirme à la barre, Thierry Tilly se redresse et son changement de stratégie intervient quand Jacques Gonzales dit de lui qu’ « il n’a pas pété un câble mais la pièce maîtresse ».

A cet instant, tout bascule pour Thierry Tilly qui va, afin de circonscrire son angoisse, englober Jacques Gonzales dans son vécu persécutif affirmant qu’il comprend là que ce dernier est le grand ordonnateur du complot franc maçonnique qui le vise depuis 1999 et qu’il vient d’en comprendre la teneur.

Cette volte-face vient marquer cette défense réactionnelle et labile contre l’angoisse et il va voir dans cet abandon, non pas la conséquence de ses dires et de son attitude mais bien justifier par ce nouvel angle, un nouveau vécu persécutif et la raison qu’il avait de se méfier de cette Grande Loge Nationale Française.

Sa voix haut perchée reprendra le dessus et viendra témoigner de cette défense psychique ré élucubrant et soliloquant afin de juguler cette bouffée d’angoisse massive.

Reclus de Monflanquin : il menait la belle vie avec l’argent des Védrines

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Pendant dix ans, Jacques Gonzalez a mené grand train. Il a reçu 1,5 million d’euros issus du patrimoine de cette famille d’aristocrates.

Assis dans un fauteuil roulant, Jacques Gonzalez, tempes grisonnantes et voix monocorde, n’est plus que l’ombre de ce qu’il a été. Ce retraité de 65 ans est amputé des deux jambes. Poursuivi pour complicité et recel d’abus de faiblesse, le tribunal l’a dispensé d’assister à la première semaine du procès. Eu égard à sa santé dégradée, la présidente Marie-Élisabeth Bancal prend d’ailleurs soin de suspendre l’audience toutes les deux heures, pour qu’il puisse récupérer.

Gonzalez ! Pendant des années, les Védrines ont eu l’interdiction de prononcer ce nom. Trois syllabes entourées d’un halo de mystère qui inspiraient la crainte. Quand il évoquait ce personnage, Thierry Tilly, le gourou présumé, parlait du « patron des services ». Que ce soit à Monflanquin ou à Oxford, les lieux où ces aristocrates ont vécu coupés du monde pendant huit ans, il n’était pas question de prendre à la légère les ordres venus de cet inconnu.

Tétanisée

Ghislaine de Védrines a été la seule de la famille à le rencontrer, lors d’un dîner à Londres. Elle en garde un souvenir effroyable. Ce soir-là, Thierry Tilly, d’ordinaire péremptoire, est étonnamment silencieux. « Jacques Gonzalez a passé son temps à dire des horreurs sur ma famille, affirmant même que ma sœur décédée quelques années plus tôt avait été assassinée par mon beau-frère. Je suis revenue à l’hôtel tétanisée. »

L’expert psychiatre Patrick Petit, qui a pris quelques libertés avec sa mission, le décrit comme « trop poli pour être honnête ». Célibataire et sans enfants, d’un abord plutôt distant, Jacques Gonzalez a fait carrière dans l’automobile jusqu’au milieu des années 1990. Après une longue période de chômage, il disparaît des écrans radar du fisc et prend la présidence d’une fondation à visée humanitaire enregistrée au Canada, la Blue Light Foundation. Jacques Connan, un médecin français radié par son ordre pour avoir développé des traitements anticancéreux peu orthodoxes, est alors son bras droit.

Coquille vide

La fondation porte des projets pharaoniques : construction d’un hôpital en Chine, acquisition de mines à ciel ouvert, achat de luzerne à grande échelle pour lutter contre la malnutrition… Aucun ne verra le jour. « Le temps n’a pas joué pour nous », déplore Jacques Gonzalez. Comme certains collectionneurs, il a cru que les bons aux porteurs émis par des sociétés de chemin de fer au XIXe siècle auraient pu convaincre les banques de financer ses entreprises. Il détient toujours plusieurs centaines de ces vieux titres qui ne valent pas la moitié d’une queue de cerise.

Pendant dix ans, il n’a vécu que de la manne des Védrines. Régulièrement, Thierry Tilly lui adressait des espèces à Paris par porteur spécial. Les deux hommes se sont rencontrés au moment où la Blue Light Foundation sortait de sa coquille. « Il m’a été présenté par un ami, raconte Jacques Gonzalez. Il avait des connaissances bancaires, juridiques et informatiques. Il pouvait m’aider. Il me parlait beaucoup de la famille Védrines. Mais cela ne m’intéressait pas. »

Difficile à croire ! Les vérifications effectuées par les enquêteurs de la police judiciaire toulousaine démontrent qu’il a empoché près de 1,5 million d’euros. Soit le tiers du patrimoine dont la famille Védrines s’est dépouillée, sous l’influence de Thierry Tilly. Voitures de luxe, voyages aux quatre coins du monde, Rolex, compagne, costumes sur mesure commandés chez l’un des meilleurs tailleurs de la capitale… Jacques Gonzalez ne marchait qu’au cash. Plutôt que de verser les fonds sur les comptes de la fondation, il les conservait dans plusieurs coffres-forts.

« Je pensais que les Védrines étaient généreux, un peu dans l’esprit de ces vieilles familles françaises. Je me suis trompé, lâche-t-il. Si Thierry Tilly m’avait dit ce qu’il faisait, je n’aurais pas accepté. La fondation ne pouvait pas démarrer sur des bases aussi négatives. »

Son avocate, Me Frédérique Dantin, pourra-t-elle plaider la bonne foi de son client, en fin de semaine ? Hier, la présidente Marie-Élisabeth Bancal lui a en tout cas singulièrement compliqué la tâche en faisant état d’une écoute téléphonique où l’homme-orchestre de la Blue Light Foundation s’emporte : « J’en ai plein le cul de ces gens ! Je veux que le fric rentre. ! Exécution ! »

Source : Sud Ouest du 02/10/12

Monflanquin: l’escroc aidé par un infirme

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Créateur d’une fondation fantôme, Jacques Gonzalez, 64 ans, a aidé le gourou Tilly à dépouiller la famille Védrines.

Deux événements considérables marquent l’année 1999. D’une part, un médecin radié et un ancien importateur d’automobiles créent une fondation humanitaire, Blue Light (lumière bleue). D’autre part, Thierry Tilly, qui vient de rencontrer l’importateur, s’introduit dans la famille Védrines, au château de Monflanquin. Dix ans plus tard, M. Tilly est arrêté en Suisse, Blue Light n’a pas construit le moindre dispensaire en Afrique, les Védrines n’ont plus un sou.

L’ex-importateur, président de la fondation, se nomme Jacques Gonzalez. Il est âgé de 64 ans, se déplace en fauteuil roulant, affiche le teint grisâtre des malades et des détenus. Interpellé en 2010, il est actuellement sous contrôle judiciaire en raison de son état de santé. Cet homme à la biographie évanescente explique pourquoi le nom de Blue Light a été retenu: «C’est sympathique et joli.» Puis, il présente sa conception de l’humanitaire: gagner beaucoup d’argent, le placer et, avec les intérêts, construire des dispensaires. Une sorte de mécénat, donc. Pour obtenir les indispensables crédits bancaires, il dispose de bons du Trésor américain dont la valeur approcherait les 500 millions de dollars. Il s’agit en réalité de vieux papiers qui, à la rigueur, pourraient amuser des collectionneurs. Pas rassurer les banques. De sorte que la somme de 1,5 million reçue et dépensée par M. Gonzalez provient, selon l’accusation, d’une seule source: les Védrines, dépouillés par M. Tilly en connivence avec «le président de la fondation». Lequel se consacre à plein-temps au lancement de Blue Light. S’il ne construit pas de dispensaire, il se vêt avec recherche, dépensant 84.000 € chez un tailleur italien réputé. Il roule dans une BMW à 93.700 €. Quand il veut savoir l’heure, il consulte sa Rolex ou sa Patek Philip (il possède huit montres de luxe).

Le président préside avec faste sa coquille vide. M. Tilly lui relate les faits et gestes des Védrines, qu’il coupe du monde réel. Il fait venir Ghislaine à Londres où, affirme-t-elle, son «patron» la terrorise, lui révélant que sa sœur (emportée par un cancer) a été assassinée par son beau-frère, tandis que son mari à elle a mis un contrat sur sa tête. Une conception très singulière de la charité.

Tondus comme des moutons

En 2009, les Védrines ont été tondus comme des moutons, mais Blue Light a encore besoin de courant. Au téléphone, M. Gonzalez hurle à son «excellent collaborateur»: «J’en ai plein le c… de ces gens-là, il faut que l’argent rentre, moi, je vais lâcher les chiens!» La présidente Marie-Elisabeth Bancal, qui gère cette audience avec maestria, le gronde: «Dites donc, vous vivez grâce à eux depuis neuf ans! Ce sont les uniques donateurs de votre fondation.»

L’infirme au teint blême, d’une voix sourde: «C’est ma façon de parler quand je suis en pétard.» Il prétend qu’il ignorait que les Védrines se faisaient spolier, jure que M. Tilly lui a menti: «On ne commence pas une fondation humanitaire sur des bases pareilles», ajoute-t-il.

Pathétiques protestations. Il y a longtemps déjà que la présidente a éteint la lumière bleue et que la pseudo-fondation apparaît pour ce qu’elle est: un aspirateur silencieux qui ne ramassait que de l’argent au château de Monflanquin.

Source : Le Figaro du 02/10/12

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