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Sud Ouest : « Pour la justice, les souvenirs sont bien réels »

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Sud OuestUne jeune femme accusait son père de viol. Son statut de victime est reconnu.

Elle en avait besoin pour se reconstruire. En 2007, après avoir consulté une thérapeute pendant quatre ans, une jeune femme, alors âgée de 32 ans, porte plainte pour viol contre son père. Les faits qui se seraient déroulés dans son enfance au domicile familial entre 1985 et 1988 sont prescrits. C’est donc devant la justice civile qu’elle a demandé réparation.

Le 10 avril dernier, la 6e chambre civile du tribunal de grande instance de Bordeaux a donc examiné l’affaire. Défendu par Me Daniel Picotin qui s’est illustré dans nombre de procès où la manipulation mentale entrait en jeu, le père diffamé a en quelques sorte retourné l’accusation. Contre celle qui a pris sa fille en charge et se définit elle-même comme « coach en développement personnel ».

Selon lui, cette femme qui aurait elle-même subi une agression sexuelle aurait suggéré à sa fille, qui répète en toute sincérité des souvenirs ne correspondant pas à la réalité. « C’est ce qu’on appelle les souvenirs induits », résume Me Picotin. Mais le tribunal a retenu que la jeune femme avait mentionné les faits antérieurement à son suivi. Les juges estiment que la jeune femme a souffert des agissements de son père et condamnent ce dernier à lui verser 15 000 euros de dommages et intérêts.

Source : Sud Ouest du 21/06/13

Bordeaux: pour le tribunal, personne n’a poussé la victime à imaginer des viols

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Le parisienLe tribunal de Bordeaux a donné raison mercredi à une femme qui réclamait des dommages et intérêts à son père pour viols, alors que ce dernier invoquait « de faux souvenirs induits » par une thérapeute, a-t-on appris de source judiciaire.

La 6e chambre civile du tribunal de grande instance de Bordeaux, saisie par la jeune femme en raison de délais de prescription lui interdisant une action au pénal, s’est rangée aux arguments de S. , 38 ans, car celle-ci, qui soutient avoir été violée par son père entre 10 et 13 ans, s’était confiée à des proches avant même de consulter cette thérapeute, a-t-on ajouté.

Les juges civils lui ont alloué 15.000 euros de dommages et intérêts et 1.500 euros au titre des frais de justice, a-t-on précisé.

Lors de l’audience, qui s’était tenue le 10 avril, son avocate, Me Patricia Gravellier, avait rappelé que les experts qui avaient examiné sa cliente dans le cadre de sa plainte déposée en 2007 ne l’avaient pas jugée affabulatrice, ne décelant chez elle aucun trouble psycho-pathologique.

Me Daniel Picotin, qui représentait le père, n’avait de son côté pas mis en doute la sincérité de S., jugeant toutefois qu’elle était victime de « faux souvenirs induits » (FSI), mis en tête par une thérapeute bordelaise aujourd’hui retraitée. Celle-ci, pour se conformer au décret de 2010 sur ces métiers, se présentait ces dernières années comme « coach en développement personnel ».

Spécialiste national des affaires de manipulation mentale (il représente une partie des victimes dans l’affaire des reclus de Monflanquin), Me Picotin avait produit des cartes d’anniversaire affectueuses écrites par la fille au père et des photos du mariage de la jeune femme, où elle semble très proche de lui.

Une expertise avait également mis en doute l’amnésie prolongée de la plaignante, dans la mesure où la plaignante avait été violée aux âges qu’elle avance, et s’étonnait dans ce cas du maintien de rapports proches avec son père.

Me Gravellier avait quant à elle insisté sur les témoignages de l’époux et d’un frère de S., qui soutenaient que la jeune femme leur avait parlé de tels viols plusieurs années avant de consulter sa « coach ».

Ces témoignages avaient été mis en doute par Me Picotin, mais ils ont fini par emporter la conviction du tribunal.

Source : Le Parisien du 19/06/13

 

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