La CroixLe ministère public a requis jeudi devant la Cour d’appel de Bordeaux une peine de dix ans de prison à l’encontre de Thierry Tilly, rejugé depuis lundi pour avoir manipulé et ruiné onze membres d’une riche famille de notables du Sud-Ouest.

« Ma conviction est intacte quant à la culpabilité de Thierry Tilly et au châtiment » qui doit lui être infligé, a dit l’avocat général Pierre Bellet qui avait déjà requis la même peine lors du premier procès.

Le magistrat, qui a requis la plus haute peine de prison possible à l’encontre de M. Tilly, a également demandé à la Cour qu’elle prononce une peine de cinq ans de privation de droits civiques et civils ainsi que l’interdiction définitive de diriger une entreprise commerciale ou artisanale.

« Ce sont des faits exceptionnels » de « vampirisation financière et morale », a-t-il jugé.

Thierry Tilly, qui a écopé de huit ans de prison en première instance, est un « mythomane stratégique (…) C’est un menteur, un vantard, un hâbleur, un imposteur » qui « exploite les failles psychologiques » de ses victimes, a martelé M. Bellet.

Tilly use d’une palette de techniques de manipulation pour mettre « en état d’embrigadement » psychique ses victimes, a poursuivi le magistrat.

Epinglant le « machiavélisme » du prévenu, M. Bellet a jugé l’état de sujétion psychologique caractérisé et a conclu à la culpabilité de Thierry Tilly qui a placé ses victimes en état de « séquestration psychique » pour mieux les faire se dépouiller de leurs biens (environ 4,5 millions d’euros au total), principalement à son profit.

« Il a séduit ses interlocuteurs, leur a tenu un discours récurrent sur un complot franc-maçon, rose-croix, homosexuel, juif… », conduisant « onze personnes à croire » en cette machination, a encore martelé M. Bellet.

« Il ne peut bénéficier d’aucune circonstance atténuante », a-t-il estimé.

Un peu plus tôt, les avocats des parties civiles avaient réclamé la confirmation des sommes allouées en première instance par le tribunal correctionnel de Bordeaux (environ 4,6 millions de préjudice matériel 505.000 euros de préjudice moral), Me Daniel Picotin épinglant « le désir d’emprise sur autrui » qui habite Thierry Tilly et sa « capacité à faire du +cousu main+ avec ses victimes » dont il « scanne » forces et faiblesses.

L’avocat de Thierry Tilly, Me Alexandre Novion, va plaider dans l’après-midi.

Source : La Croix du 25/04/13