Le tribunal a donné la parole à deux des onze membres de la famille de Védrines. Ils livrent un témoignage édifiant.

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Pour la première fois, dans l’affaire des reclus de Monflanquin, le tribunal a donné la parole ce jeudi matin à deux des onze membres de la famille de Védrines qui se sont constitués partie-civile.

Pendant près de deux heures, Diane et Amaury de Védrines ont livré un témoignage édifiant  sur ce qu’ils ont vécu entre 2003 et 2005. A l’époque, avec trois de leurs cousins âgés de 18 à 25 ans, ils étaient partis habiter à Londres pour se rapprocher du gourou présumé Thierry Tilly qui résidait à Oxford. « On avait un pistolet psychologique sur la tempe, explique Diane, la seule à poursuivre alors ses études. On craignait ce que pouvait dire Thierry Tilly. Il nous avait persuadé qu’on était en danger. Les menaces pouvaient venir de partout. La seule fois où mes parents sont venus, j’ai traversé la rue pour l’embrasser. Je me suis fait enguirlander. Il m’a lancé : c’est super dangereux. Tu peux te prendre une balle. »

L’argent envoyé par les parents était géré par Thierry Tilly. Il en rétrocédait très peu aux enfants, à l’exception de Guillaume qui vivait chez lui. «  On vivait à quatre sur un budget ridicule. Dix livres pour quinze jours. Les dimanche après midi, on faisait le tour des supermarchés pour récupérer des produits périmés. »

Amaury de Védrines que Thierry Tilly avait pris sous son aile à Bordeaux à l’époque ou il était toxicomane en est encore plus marqué par le cauchemar qu’il a vécu. Pendant neuf mois, il est resté dans un bureau où il avait pour mission de garder les locaux une fondation humanitaire. Sa seule sortie consistait à aller dans les toilettes de l’immeuble. Et il était ravitaillé par ses cousins qui n’avaient déjà pas suffisamment de nourriture.

« Je suis croyant. Je pensais qu’il s’agissait d’un sacrifice pour pouvoir repartir à zéro. J’ai perdu le sens du réel. Et je me suis fait laver le cerveau pendant dix ans », avoue le jeune homme qui n’est pas encore parvenu à renouer avec une vie normale.

Source : Sud Ouest du 27/09/12