unadfiCatherine T. avait déposé plainte en 2001 contre l’Opus Dei, après y avoir passé dix ans, se partageant entre un travail de serveuse non rémunéré et des études dans une école hôtelière.

La juge d’instruction, Dominique de Talancé, avait ouvert une instruction sur les conditions de travail et d’hébergement contraire à la dignité de la personne ainsi que sur « le travail dissimulé et l’abus frauduleux d’une personne en état de faiblesse ».

Au cours d’une perquisition, les gendarmes avaient mis la main sur de nombreux documents et des fichiers informatiques « permettant de décortiquer le financement des associations et des structures du mouvement ». Sauf qu’en 2005, la juge n’avait pas pu obtenir « le feu vert » du procureur de la République pour enquêter sur ce volet financier.

La juge qui lui a succédé a dû boucler l’affaire en 2009. Elle l’a transmise au parquet non sans avoir mis en examen, en janvier 2008, un membre du cabinet de la ministre de l’économie, Christine Lagarde pour « travail au noir ». Il recrutait pour « le ménage » et autres tâches domestiques dans les centres de l’Opus Dei. Un rapport transmis au parquet par la juge pointe les « opérations suspectes de l’organisation » et liste une série de prêts effectués par des membres de l’Opus Dei.

Seraient concernés dans cette affaire des particuliers et des sociétés installées dans « des places financières discrètes ». Par ailleurs, l’achat d’un immeuble, place de la Madeleine, où est installée une luxueuse boutique, Caviar Kaspia, « pose question ». Deux hommes liés à cette société sont impliqués dans la gestion des diverses structures de l’Opus Dei. L’argent du beluga sert-il à enrichir le mouvement ?

Source : Charlie Hebdo, Laurent Léger, 21.10.2009