Le tribunal de grande instance d’Agen a jugé que l’actuel propriétaire du château avait légalement et en toute bonne foi, acquis ce bien.

Charles et Christine de Védrines, ruinés par un escroc manipulateur, espéraient récupérer leur château de Monflanquin, dans le Lot-et-Garonne, berceau de la famille depuis des siècles. Mais il n’en sera rien.

Les de Védrines avaient cédé en 2008 leur château à une société civile immobilière toulousaine. Le tribunal de grande instance d’Agen (Lot-et-Garonne) a jugé, ce jeudi, que cette vente n’était pas valide, car, à l’époque, la famille était sous l’emprise de Thierry Tilly, condamné en 2013 à 10 ans de prison pour les avoir intégralement spolié, entre 1999 et 2009, jusqu’au château.

Le notaire de Valence-d’Agen qui a géré cette vente a été condamné à verser 200.000 euros de dommages et intérêts à la famille et 490.000 euros à la société civile immobilière qui avait acheté leur château. Les juges ont estimé que ce notaire ne pouvait ignorer les conditions douteuses dans lesquelles la vente s’était déroulée.

Malgré tout, la famille de Védrines ne pourra pas récupérer son château. Car, entre-temps, il a été revendu. Cette seconde transaction a été conclue légalement et en toute bonne foi ont estimé les juges. En clair, le propriétaire actuel peut continuer à profiter du château de Monflanquin.

Un escroc hors-norme
C’est à la fin des années 1990 que Thierry Tilly, surnommé le «gourou» des «reclus de Monflanquin», avait fait la connaissance de la famille de Védrines, des notables aisés, instruits et honorablement connus dans le Sud-Ouest. Escroc hors-norme et génie de la manipulation, il a réussi à placer sous sa coupe onze membres de la famille, allant jusqu’à les séquestrer et à leur infliger des tortures physiques et psychologiques afin de les dépouiller de tous leurs biens.

Se faisait passer pour un agent secret, il avait réussi à les convaincre qu’ils étaient victimes d’un complot dont lui seul pouvait les sauver, moyennant finances. Pour se dégager de son emprise, il a fallu que la mère de famille, Christine de Védrines, parvienne à s’échapper du château, en mars 2009, et porte plainte pour mettre fin à ses agissements. Le préjudice total est toutefois évalué à quelque 4,5 millions d’euros.

Source : Le Figaro du 17/09/15