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Au premier jour de son procès en appel devant la cour d’assises de Toulouse, Robert Le Dinh, poursuivi pour viols aggravés, agressions sexuelles entre autres sur des mineures et abus de faiblesse aggravé, a de nouveau clamé son innocence.

Dans ce procès, sept anciens adeptes ainsi que l’UNADFI, Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victimes de sectes, se sont portés partie civile.Dès le début de son procès, l’accusé qui se fait appeler « Tang » et qui a dirigé durant plus de vingt ans une communauté dans le Lot-et-Garonne puis en Ariège, a contesté tous les faits qui sont reprochés en assurant notamment que les relations sexuelles qu’il avait pu avoir avec des membres de son groupe, exclusivement des femmes, étaient « parfaitement consenties » et que celles-ci avaient toujours eu « leur libre arbitre et leur libre choix ».

«Pas de problème de consentement»

L’affaire Tang avait démarré en avril 2007, lorsque deux de ses anciens disciples, un couple de fonctionnaires qui avait rejoint le groupe dès sa création en 1984, avait dénoncé ses agissements auprès des gendarmes de Saint-Girons (Ariège)( Lire notre édition d’hier). Le 5 septembre 2007, Robert Le Dinh était placé en garde à vue et, deux jours plus tard, mis en examen pour viols et agressions sexuelles aggravés, abus de faiblesse aggravé et finalement placé en détention provisoire.

Le 18 septembre 2012, Robert Le Dinh avait été condamné à 15 ans de réclusion criminelle, la peine maximum pour des viols, par la cour d’assises de Foix. Incarcéré à l’issue du délibéré, il avait fait appel de sa condamnation.

Lors de ce procès en appel, Me Edouard Martial, l’un de ses trois avocats, a déclaré qu’il tenterait de démontrer que les « personnes qui appartenaient au groupe de Robert Le Dinh étaient libres et responsables de leur choix » et qu’il n’y avait « pas de problème de consentement ».

« Nous nous méfions de l’idée dévastatrice de la secte et de l’emprise sectaire, qui est un fonds de commerce, à un étal offert à la compassion des uns et des autres » a déclaré Me Martial.

«Prison mentale»

Pour Me Daniel Picotin, conseil de Dominique et Isabelle Lorenzato, à l’origine des poursuites, la dimension sectaire du dossier ne fait aucun doute.

« Notre objectif est que la cour comprenne les manipulations de « Tang » et comment il a pu abuser financièrement et sexuellement de ses victimes qui étaient dans une véritable prison mentale

[…] Malgré le rapport parlementaire et les condamnations, « Tang » a toujours une vingtaine d’adeptes, c’est insupportable pour ceux qui ont vécu un enfer auprès de ce prédateur », a indiqué Me Picotin. Le procès en appel de Toulouse s’achèvera le 6 avril.

Source : La Dépêche du 29/03/2012