Par le Collectif SFRAEM (Société Française de Recherche et d’Analyse de l’Emprise Mentale).

C’est la question que s’est posée le public qui assistait lors de cette première audience du procès de Thierry Tilly. La salle bruissait de cette oscillation, car la compréhension de ce personnage peut paraître complexe et  nous conduire à d’autres hypothèses moins restrictives.

Thierry Tilly se présente comme un homme obséquieux et logorrhéique, créateur d’une fabulation galopante, qui pourrait être construite, à des fins d’envahissement de son ou de ses interlocuteurs.

Il conclue ou ponctue ses récits abracadabrantesques par des néo concepts qu’il a bien du mal à expliciter par la suite, mais il créé son effet d’étrangeté et déborde ainsi massivement les questions de la Présidente, parfaite dans son rôle préservant le respect et l’écoute.

Cet homme semble s’accrocher à cette construction imaginaire, non délirante, afin de faire consister un personnage hors normes, un idéal de soi.

Il daigne par exemple évoquer son appartenance à une loge franc maçonnique, précisant avoir été leur « otage à la mode latine », afin de se dégager des années réelles, passées à la table émeraude et de son obsession du complot franc maçonnique si souvent distillé auprès des parties civiles qu’il incrimine aujourd’hui et des nombreux témoins de cette affaire.

Thierry Tilly se présente également comme un redresseur de torts intempestif, il dénonce ainsi à tout va des doubles comptabilités, des dissimulations fiscales, des sexualités dévoyées, mais ce besoin permanent de remettre de l’ordre imaginaire ne serait-il pas à mettre en parallèle d’un désordre psychique.

Sur le plan comportemental, de nombreux rictus pathologiques et des signes de tension psychocorporelle émaillent son propos, Thierry Tilly contient difficilement son agacement, cette colère froide et dévorante qui l’anime.

Son avocat, Maître Novion, suggère lui discrètement, chez son client l’hypothèse d’« une perception du réel différente ».