Affaire Tilly – Reclus de Monflanquin

France 3 – 19/20 du 19 février 2018

0

Sud Ouest : »Reclus de Monflanquin : la cour de cassation rejette le pourvoi de l’agent immobilier »

0
RTL18.12

Les époux De Védrines pourront donc aller en appel pour contester, à nouveau, la vente du château

Nouvelle victoire judiciaire pour les Védrines, autrement appelés reclus de Monflanquin. La cour de cassation, dans son arrêt du 13 avril, a donné raison à Charles-Henri et ses enfants, Diane, Amaury et Guillaume de Védrines, en rejetant le pourvoi de l’agent immobilier Max Germa, qui avait saisi la juridiction parisienne afin de contester l’arrêt rendu par la cour d’appel d’Agen, dans une affaire relative à la vente du château Martel à Monflanquin.

Sous l’emprise du gourou

Dans ce dossier, Max Germa avait pourtant eu gain de cause en première instance devant le tribunal de commerce d’Agen. Ce dernier avait condamné le 9 décembre 2009 les consorts Védrines, encore sous l’emprise du gourou à l’époque, à payer 40 800 euros au motif qu’ils n’avaient pas respecté le mandat exclusif contracté avec l’agent monflanquinois, ces derniers ayant vendu le château par un autre biais.

Or, lors du procès en appel intervenu en 2014, les Védrines, débarrassés du gourou Thierry Tilly, lequel a été condamné à dix ans de prison en 2013, avaient fait valoir par la voix de leur avocat, Me Picotin, l’insanité d’esprit dont ils étaient victimes en raison de l’emprise mentale qu’ils subissaient.

La cour d’appel d’Agen, dans son arrêt du 17 novembre 2014, avait retenu l’argument de l’altération des facultés intellectuelles des Védrines et, en conséquence, avait frappé de nullité le mandat de l’agent immobilier. Son avocat, Me Bruneau, avait dénoncé l’insécurité juridique que supposait une telle décision, qui revenait selon lui à mettre en cause tous les actes signés par les Védrines sous l’emprise du gourou. La cour de cassation a toutefois confirmé l’analyse de la cour d’appel. Un bon point pour les Védrines, qui iront en appel contester à nouveau la vente du château.

Source : Sud Ouest du 21/04/16

La Dépêche : « Reclus de Monflanquin : le dossier continue son chemin »

0

Clos d’un strict point de vue pénal avant la condamnation en appel de l’escroc manipulateur Thierry Tilly et d’un comparse en juin 2013 (*), le dossier des reclus de Monflanquin continue son chemin, parsemé de nids-de-poule, depuis deux ans.

Il conviendrait d’ailleurs de semer des cailloux ou de la mie de pain au choix pour ne pas perdre sa route. Ainsi, le 13 avril, la chambre civile de la Cour de cassation à Paris a tout bonnement rejeté le pourvoi de l’agent immobilier directement impliqué ès qualité dans la vente des biens immobiliers de la famille De Védrines en 2008.

Depuis 2001, onze personnes ont vécu recluses à Monflanquin puis à Oxford avant de se libérer de l’étreinte psychologique de leur bourreau. Sous le joug de Tilly à l’époque avant d’en être libérés en 2009, les De Védrines avaient porté via leurs avocats devant les tribunaux qu’ils n’étaient pas en pleine possession de leurs moyens intellectuels quand ils ont signé l’acte de vente de Martel, la propriété familiale depuis des lustres.

La Cour de cassation ne fait que confirmer la décision de la cour d’appel d’Agen du 17 novembre 2014, qui contredisait elle-même la décision de première instance au tribunal de commerce. Les magistrats agenais avaient alors estimé que le principe d’insanité d’esprit devait être retenu dans ce cas de figure, ce qui dédouanait les consorts De Védrines de la moindre once de responsabilité au moment de la vente en janvier 2008. Assisté de Me Laurent Bruneau, l’agent immobilier de Monflanquin avait refusé cette décision. Il expliquait entre autres qu’il n’était pas au courant à l’époque du dossier qui défrayait la chronique judiciaire dans le pays tant sur le papier que sur le petit écran ou les ondes. L’information n’était ainsi pas arrivée jusqu’à ses oreilles, alors que ses locaux professionnels sont à moins de 10 km du château Martel. Le film n’est toutefois pas près d’afficher le mot « fin».

La date de l’épilogue n’est pas connue puisque Charles-Henri de Védrines et sa conjointe ont fait appel de la décision intervenue l’an dernier, et souhaitent obtenir la nullité de l’ensemble des procédures de vente des biens immobiliers appartenant à la famille.

La date de ce procès en appel n’est pas encore connue. «Dès lors que cette affaire est gagnée devant la Cour de cassation, c’est plutôt prometteur», estime pour sa part Me Daniel Picotin, l’avocat du couple et de ses deux enfants. «Il est estimé que l’abus de faiblesse avec mise sous sujétion psychologique équivalait en droit civil à une insanité d’esprit rendant nuls les contrats civils». Seul écueil, le château Martel n’est plus la propriété de la société civile immobilière qui en avait fait l’acquisition. Et là, la justice a pour l’instant tranché en faveur de l’actuelle propriétaire, dont l’acte d’achat n’a pour l’instant pas été remise en cause.

Source : La dépêche du 21/04/16

Sud Ouest : « Védrines : le débat télévisé sur la manipulation ravive les plaies »

0
RTL18.12
Le débat qui a suivi sur France 3 le téléfilm évoquant leur histoire a choqué certains membres de la famille Védrines.

Le 5 avril dernier, « Diabolique », la fiction inspirée de l’affaire des reclus de Monflanquin, a réuni plus de 3 millions de téléspectateurs sur France 3. Il s’en est fallu de peu pour que ce téléfilm réalise la meilleure audience de la soirée. Confrontée à la rude concurrence du magazine « Cash Investigation » consacré au scandale des « Panama Papers », l’œuvre réalisée par Gabriel Aghion et produite par Pascale Breugnot a remarquablement tiré son épingle du jeu.

L’histoire incroyable des Védrines passionne toujours. Cette famille d’aristocrates bordelais a été ruinée par un gourou, Thierry Tilly, qui, de Monflanquin à Londres, a enfermé 11 de ses membres pendant huit ans dans une prison mentale.

Les intéressés, qui s’attendaient au pire, ont été plutôt soulagés devant leur petit écran. « C’est une œuvre de qualité, avec de bons acteurs », admet le gynécologue Charles-Henri de Védrines, qui a renoué avec son métier. En revanche, tout comme sa femme, Christine, il ne décolère pas contre France 3 (1).

Après le film, la chaîne a en effet programmé un débat sur la manipulation mentale sous le regard de Thierry Tilly, dont la photo apparaissait en arrière-plan. « La présentatrice a isolé des séquences, puis elle est revenue sur notre histoire. Ce qui était fiction est devenu réalité. Les gens ont compris que mon père était frappé de démence. Ce qui n’a jamais été le cas. Ou que nous avions laissé mourir ma belle-mère seule dans une pièce à Londres, alors qu’elle s’est éteinte entre ses deux fils. C’est dégueulasse », s’indigne Christine de Védrines.

Une famille divisée

En 2009, après avoir été séquestrée plusieurs semaines dans une pièce à Oxford et soumise au supplice du tabouret pour avouer l’existence d’un improbable trésor, Christine de Védrines a retrouvé son libre arbitre et s’est enfuie. Sans sa plainte déposée à Bordeaux, le gourou n’aurait sans doute jamais été arrêté. Aucune victime ne s’étant alors constituée partie civile, le juge d’instruction s’apprêtait à refermer le dossier.

Le réalisateur de « Diabolique » passe pratiquement sous silence cet épisode. C’est sa liberté. Le scénario s’inspire du livre de Ghislaine de Védrines et de son mari, Jean Marchand. La première, qui dirigeait à Paris une école de secrétariat, a introduit Thierry Tilly dans la famille. Le second, banni par son épouse et par la fratrie à la demande du gourou, a remué ciel et terre pendant des années pour sensibiliser justice et médias au drame qui se jouait.

Les uns et les autres ont retrouvé leurs esprits. Mais rien ne sera plus jamais comme avant. Les frères Védrines ne parlent plus à leur sœur, et réciproquement. Les récits du drame qu’ils ont vécu ne se confondent pas.

Finir sur une manipulation

Animé par Carole Gaessler, le débat ayant suivi la diffusion est resté taisant sur la façon dont les huit derniers reclus ont rompu leur camisole psychologique. « À quoi cela sert-il de faire un bon film sur la manipulation mentale pour terminer sur une manipulation ? » déplore Me Daniel Picotin, le conseil de Charles-Henri et Christine de Védrines.

Le 11 décembre 2009, ce ne sont pas des « bobbies » (policiers britanniques) comme ceux que l’on voit dans le film qui ont frappé à la porte de la maison d’Oxford, mais une psychologue. Elle est restée seule, pendant onze heures, à parler avec chacun des membres de la famille.

« En trente secondes, j’ai ouvert les yeux, alors que j’étais un zombie depuis des années. Le réveil est un peu le même que celui qu’on éprouve après une anesthésie », explique Charles-Henri de Védrines. Le médecin ne tarit pas d’éloges sur « l’exit counseling », cette méthode importée des États-Unis par Me Daniel Picotin pour aider les victimes d’une emprise mentale à rompre leur enfermement.

Une thérapie par la parole

L’équipe formée par cet ancien député centriste engagé de longue date dans la lutte contre les sectes réunit un enquêteur, deux psychologues et une psychanalyste. Le premier rencontre des proches et compile toutes les informations sur les victimes, leur passé, leurs fragilités, leur place dans le tissu familial. Les seconds cherchent les encoches, traquent les images qui permettront au moi enfoui sous les mensonges de resurgir lorsqu’ils iront au contact des personnes sous emprise pour les exfiltrer.

Cette thérapie par les mots, ces techniques pratiquées en marge du processus judiciaire ne font pas toujours l’unanimité. Mais elles peuvent être efficaces.

« Il suffit que quelque chose fasse écho, que l’intelligence ne soit plus en jachère pour que l’on se dessille », insiste Charles-Henri de Védrines, même si, ensuite, « recoller les morceaux » prend du temps, beaucoup de temps.

(1) France 3 n’a pas répondu à nos sollicitations.

Source : Sud Ouest du 15/04/16

Ce que le téléfilm « Diabolique » ne vous dit pas sur l’affaire des reclus de Monflanquin

0
RTL18.12

TELEVISION – « On se dit, mais comment tu as pu être aussi bête pour te faire prendre? Mais moi j’ai été très pragmatique: je me suis fait piéger, je me suis fait avoir. » L’aveu vient de Charles-Henri de Védrines lui-même. De 1999 à 2009, lui et 10 membres de sa famille ont été manipulés par un homme, aujourd’hui présenté comme un « gourou ».

Tantôt agent secret, tantôt envoyé spécial d’une organisation humanitaire, Thierry Tilly leur fait croire, pendant dix ans, qu’un complot mondial veut leur chute. Séquestrée, malmenée, persuadée que le monde extérieur lui veut du mal, la famille de Védrines se déchire et perd tout ce qu’elle possède.

Cette histoire vraie fait l’objet d’un téléfilm diffusé mardi 5 avril à 20h50 sur France 3, avec Michèle Laroque et Laurent Stocker. Inspiré de Diabolique, le livre-témoignage de Ghislaine de Védrines et son mari, le film du même nom retrace l’histoire à peine croyable de cette famille de notables bordelais, dont l’un a été candidat sur la liste d’Alain Juppé aux élections municipales de 1995, tombée dans le piège d’un grand manipulateur.

Parce que cette histoire complexe recèle des détails aussi surprenants qu’effarants, Le HuffPost revient sur trois aspects clés de ce fait divers, que le téléfilm ne vous montre pas.

Thierry Tilly leur racontait des histoires folles
 
« Je suis prince d’Iran ». « Dans un train, j’ai fait match nul avec Kasparov aux échecs ». « Le juge d’instruction a usurpé mon identité pour jouer au foot à Sochaux ». Thierry Tilly n’a jamais manqué d’imagination pour faire tomber la famille de Védrines dans son piège et la couper du monde pour mieux la dépouiller. Tandis que le personnage joué par Laurent Stocker dans le téléfilm de France 3 assure simplement que ses « véritables activités gravitent autour du ministère de la Défense », le vrai Thierry Tilly est allé très loin dans la supercherie.

Face aux Védrines, l’homme se dit chargé d’une mission sacrée, « qui tendrait à recréer l’équilibre du monde », explique Le Monde. Il dit chercher « la clef du trésor ». « Je suis double champion olympique » lancera-t-il aussi lors de son procès, raconté par Sud Ouest. « J’ai vu mourir De Gaulle. Liliane Bettencourt est ma grande tante. Je suis de la famille des Windsor. »

Il ira même jusqu’à se réclamer de la lignée de Védrines… Tout en ne reniant pas son appartenance à la famille royale d’Angleterre. « C’est la branche difficile de ma famille », dira-t-il des Védrines. « Je ne peux plus rentrer à Buckingham (depuis cette affaire) ».

La famille de Védrines n’a rien récupéré de ce qu’elle a perdu
 
Le téléfilm réalisé par Gabriel Aghion prend fin au moment de l’interpellation de Thierry Tilly. Mais le cauchemar ne s’est pas arrêté là pour la famille de Védrines. Après 10 années passées sous emprise, pendant lesquelles les adultes ont cessé de travailler et les enfants d’étudier, la famille s’est retrouvée dépossédée de tout. « Si je n’avais pas été accueillie par ma famille et mes amis, j’aurais été sous les ponts », raconte Christine de Védrines à France 2. « On est rentrés, Jean et moi, avec notre alliance. C’est tout ».

Thierry Tilly a dépouillé la famille de près de cinq millions d’euros. Avec cet argent, il a entretenu sa propre famille et s’est offert des voyages. Outre leurs meubles et leurs bijoux, les Védrines ont perdu toutes leurs maisons (notamment des appartements dans le bassin d’Arcachon et à Bordeaux), et surtout le château de Monflanquin, dans le Lot-et-Garonne, qui appartenait à la famille depuis 400 ans.

Sous la pression du gourou, les Védrines ont eux-mêmes validé toutes les ventes. Même leur dernière bataille judiciaire, en septembre 2015, ne leur a pas permis de récupérer le château de Monflanquin, qu’ils avaient vendu à une société civile immobilière en 2008. Le tribunal d’Agen a pourtant bien reconnu que la famille était sous emprise lorsqu’elle a conclu la vente du château. Mais la maison a entre temps été revendue, dès 2009, dans des conditions cette fois-ci tout à fait normales. Le propriétaire actuel garde donc le château.

Le « gourou » avait un complice
 
Le réalisateur de « Diabolique » a pris le parti de ne pas l’introduire dans son scénario. Pourtant, d’après la justice, Jacques Gonzales a eu un rôle important dans cette affaire. Cet ancien importateur d’automobiles, président de la fondation humanitaire dont se réclamera Thierry Tilly auprès des Védrines (en réalité une coquille vide), est présenté par Tilly comme son « patron chargé d’assurer la sécurité et l’équilibre du monde ». Aujourd’hui âgé de 68 ans, il se déplace en fauteuil roulant, amputé des membres inférieurs à cause d’un diabète.

Il aurait reçu la somme de 1,5 million d’euros de la part de Thierry Tilly, qui proviendrait de la famille de Védrines. « S’il ne construit pas de dispensaire (avec sa fondation humanitaire), il se vêt avec recherche, dépensant 84.000 euros chez un tailleur italien réputé. Il roule dans une BMW à 93.700 euros. Quand il veut savoir l’heure, il consulte sa Rolex ou sa Patek Philip (il possède huit montres de luxe) », raconte Le Figaro.

Il écope de quatre ans de prison ferme pour complicité en 2013, alors que Thierry Tilly est condamné en appel à 10 ans de prison.

Source : Huffington Post du 05/04/16

Reclus de Monflanquin : Tilly condamné définitivement

0
RTL18.12

Condamné en appel à dix ans d’emprisonnement en juin 2013, Thierry Tilly avait manifesté son intention de former un pourvoi en cassation, ultime procédure de recours pour tout justiciable condamné sur le sol français. C’est raté. La chambre criminelle de la Cour de cassation (Paris) a rejeté sa demande le 10 février dernier. Thierry Tilly est donc reconnu coupable d’abus de faiblesse, violences aggravées et arrestation, enlèvement, détention ou séquestration arbitraires aggravées.

Ses victimes : 11 personnes d’une même famille, les de Védrines, placées sous son pouvoir de suggestion pendant huit ans avant de s’en libérer les uns après les autres avec le soutien de leur avocat, Me Daniel Picotin, l’un des décrypteurs des mouvements sectaires en France. Le volet pénal est clos, le feuilleton civil se poursuit autour de la vente du château Martel de Monflanquin.

Source : La Dépêche du 11/02/16

Arrêt de la Cour de Cassation dans l’affaire Tilly

0

Pour retrouver l’arrêt de rejet de la Cour de Cassation du 10/02/16, statuant sur le pourvoi formé par Thierry Tilly :

Cliquez ici

13h15 le dimanche : « Sous influence, les reclus de Monflanquin »

0
RTL18.12Regardez l’émission de France 2

Le Figaro : Les reclus de Monflanquin ne récupéreront pas leur château de famille

0

Le tribunal de grande instance d’Agen a jugé que l’actuel propriétaire du château avait légalement et en toute bonne foi, acquis ce bien.

Charles et Christine de Védrines, ruinés par un escroc manipulateur, espéraient récupérer leur château de Monflanquin, dans le Lot-et-Garonne, berceau de la famille depuis des siècles. Mais il n’en sera rien.

Les de Védrines avaient cédé en 2008 leur château à une société civile immobilière toulousaine. Le tribunal de grande instance d’Agen (Lot-et-Garonne) a jugé, ce jeudi, que cette vente n’était pas valide, car, à l’époque, la famille était sous l’emprise de Thierry Tilly, condamné en 2013 à 10 ans de prison pour les avoir intégralement spolié, entre 1999 et 2009, jusqu’au château.

Le notaire de Valence-d’Agen qui a géré cette vente a été condamné à verser 200.000 euros de dommages et intérêts à la famille et 490.000 euros à la société civile immobilière qui avait acheté leur château. Les juges ont estimé que ce notaire ne pouvait ignorer les conditions douteuses dans lesquelles la vente s’était déroulée.

Malgré tout, la famille de Védrines ne pourra pas récupérer son château. Car, entre-temps, il a été revendu. Cette seconde transaction a été conclue légalement et en toute bonne foi ont estimé les juges. En clair, le propriétaire actuel peut continuer à profiter du château de Monflanquin.

Un escroc hors-norme
C’est à la fin des années 1990 que Thierry Tilly, surnommé le «gourou» des «reclus de Monflanquin», avait fait la connaissance de la famille de Védrines, des notables aisés, instruits et honorablement connus dans le Sud-Ouest. Escroc hors-norme et génie de la manipulation, il a réussi à placer sous sa coupe onze membres de la famille, allant jusqu’à les séquestrer et à leur infliger des tortures physiques et psychologiques afin de les dépouiller de tous leurs biens.

Se faisait passer pour un agent secret, il avait réussi à les convaincre qu’ils étaient victimes d’un complot dont lui seul pouvait les sauver, moyennant finances. Pour se dégager de son emprise, il a fallu que la mère de famille, Christine de Védrines, parvienne à s’échapper du château, en mars 2009, et porte plainte pour mettre fin à ses agissements. Le préjudice total est toutefois évalué à quelque 4,5 millions d’euros.

Source : Le Figaro du 17/09/15

Reclus de Monflanquin: Les aristocrates ruinés ne récupéreront pas leur château

0


RTL18.12

Jeudi 9 juillet, le tribunal de grande instance d’Agen s’est penché sur une affaire peu banale, la demande d’annulation de la famille de Védrines pour la vente de leur château Martel, situé à Monflanquin, dans le Lot-et-Garonne, faisant valoir qu’ils étaient alors sous l’emprise de Thierry Tilly.

La vente est annulée mais le château ne leur est pas restitué
Ce jeudi le tribunal a certes jugé que la vente de leur bien à une société civile immobilière (SCI) toulousaine n’était pas valide car la famille de Védrines était à l’époque de la signature, en 2008, manipulée par Thierry Tilly. Mais, le château a entre-temps été revendu et les juges ont estimé que cette transaction avait, elle, été effectuée légalement et en toute bonne foi par l’actuelle propriétaire, qui peut donc continuer à en jouir.

Thierry Tilly et son complice Jacques Gonzalez ont été reconnus coupable en 2012 (et en 2013 en appel) d’avoir manipulé et ruiné onze membres de cette famille. Thierry Tilly a été condamné en juin 2013 à dix ans de prison par la Cour d’appel de Bordeaux, qui a notamment reconnu l’abus de faiblesse. Entre 2001 et 2009, ils les ont spoliés de 4,5 millions d’euros, utilisant divers stratagèmes et allant jusqu’à la séquestration et la maltraitance.

« Ce qui est positif, c’est que l’insanité d’esprit de mes clients au moment de la transaction a été reconnue au civil, ce qui correspond au pénal à un abus de faiblesse. C’est une victoire juridique même si on peut regretter que la seconde vente n’ait pas été annulée. Mes clients auraient ainsi pu récupérer leur château », a commenté maître Daniel Picotin, l’avocat des de Védrines.

Le notaire condamné à verser 200.000 euros à la famille
Les juges ont estimé que c’est le notaire de Valence-d’Agen, dans le Lot-et-Garonne, chargé de la vente, selon eux informé des conditions douteuses dans lesquelles elle se déroulait, qui est responsable de la nullité de la transaction.

Selon le jugement, le notaire a « commis une faute » engageant sa responsabilité civile et a par conséquent été condamné à verser 200.000 euros de dommages et intérêts à la famille de Védrines et 490.000 euros à la société civile immobilière qui avait acheté leur château. L’avocat du notaire, qui peut faire appel, s’est refusé à tout commentaire.

Source : 20 minutes du 24/09/15

Haut de page