Affaire Tilly – Reclus de Monflanquin

Article Sud Ouest 25 octobre 2018 : la vente du château validée

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Article Sud Ouest du lundi 15 octobre 2018: double peine pour l’ancien gourou

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Article Le Monde vendredi 12 octobre 2018 : Affaire DE VEDRINES

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Les reclus de Monflanquin – Une famille sous influence

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Reclus de Monflanquin : récupérer le château, ou la dernière bataille des victimes du gourou

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Hier lundi, les Védrines avaient rendez-vous à la cour d’appel pour une nouvelle bataille judiciaire.

Doit-on se préoccuper quand on achète un bien, de l’état mental des différents propriétaires qui se sont succédé dans la jouissance de ladite bâtisse ? Cela paraît dingue mais c’est pourtant en substance la question à laquelle les magistrats de la cour d’appel d’Agen devront répondre dans le dernier volet de l’affaire des Reclus de Monflanquin. En jeu : le retour dans le giron des Védrines du château de Martel à Monflanquin, berceau familial depuis près de quatre siècles. Un bien dont les Védrines s’étaient délestés en 2008 quand ils furent sous l’emprise mentale du « gourou », Thierry Tilly, qui avait manipulé 11 membres de la famille au point de leur soutirer 4,5 millions d’euros.

Quid de la deuxième vente ?

Charles-Henri et Christine de Védrines et leurs enfants, Amaury, Guillaume et Diane avaient obtenu du TGI qu’il annule la première vente du château à la SCI Yife au motif qu’ils n’étaient pas sains d’esprit. Problème, le château avait été revendu quelques mois plus tard, en 2009, à un tiers. Or, le TGI avait jugé que ce dernier, toujours propriétaire du château, était de bonne foi au moment d’acquérir Martel et donc qu’il n’y avait pas lieu d’annuler cette vente. Au grand dam des Védrines qui ont donc interjeté appel et lancé un deuxième assaut, hier. Me Daniel Picotin, qui mène là une ultime bataille après quatorze ans de marathon judiciaire aux côtés des Reclus de Monflanquin, voit là l’opportunité de mettre un point final à ce dossier et de rendre une bonne fois pour toutes « la dignité » à ses clients.

« Justice doit être rendue aux Védrines sinon ce serait donner raison au gourou. La justice a l’occasion de montrer qu’elle est plus forte que lui. » Pour ce faire, Me Picotin avec Me Maixant se sont employés à démontrer, dans un premier temps, que la nullité de la première vente devait par ricochet entraîner la nullité de la deuxième. Puis, dans un deuxième temps, que la seconde acquéreuse ne pouvait ignorer l’histoire des Reclus de Monflanquin et qu’elle ne serait donc pas de bonne foi.

« Extravagant »

« L’élément nouveau, c’est que l’actuelle propriétaire habitait, au moment de la vente, à 40 km de Monflanquin, à Saint-Beauzeil (Tarn-et-Garonne). Or, tout le pays connaissait en 2009 l’histoire des Reclus ! Doit-on considérer parce qu’elle ne lit pas la presse, ne regarde pas la télé et n’écoute pas la radio, qu’elle est la recluse de Saint-Beauzeil », s’est amusé Me Maixant. Au relais, Me Picotin a suggéré que l’opération avait été menée conjointement par le notaire Me Boué (condamné en première instance à verser plus de 700 000 euros pour défaut de conseil), le premier acquéreur, la SCI Yife et le marchand de biens au bénéfice de la dernière acquéreuse qui a acheté le château à vil prix.

Me Lamarque pour le compte de la SCI Yife et Me Larrat pour celui du notaire ont éreinté un raisonnement jugé « extravagant », rappelant notamment qu’aucune poursuite pénale n’avait été engagée à l’encontre de leurs clients respectifs. « Pour des gens qui n’étaient plus sains d’esprit, le montage de la première vente est tout de même très subtil et n’avait pour objectif que de conserver le bien in fine », a fait remarquer Me Lamarque. Pour la défense de l’actuelle châtelaine, Me Merry Larroche demeure incrédule : « Il n’y a aucun élément de preuve démontrant qu’elle serait membre de je ne sais quelle association malfaisante ! Elle a beaucoup voyagé dans sa vie et ignorait tout de cette affaire au moment de l’achat. Elle est de bonne foi. Remettre en cause cette vente, ce serait remettre en cause toute la jurisprudence en la matière et créer une insécurité juridique sans précédent. » La cour rendra son délibéré le 24 octobre et dira si, oui ou non, Charles-Henri de Védrines pourra « mourir dans (son) château ». Souhait qu’il a formulé à l’issue de l’audience.

Les Reclus de Monflanquin veulent récupérer la demeure familiale

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Les Védrines, cette famille sous hypnose mentale d’un gourou entre 2001 et 2009, attendent la décision judiciaire concernant leur souhait de récupérer la demeure familiale. Rendez-vous le 24 octobre.

Une dernière fois, ils ont monté les marches du palais de justice d’Agen. Philippe l’aîné, Charles-Henri et Christine de Védrines, trois des reclus de Monflanquin qui veulent récupérer le bien immobilier qu’ils ont eux-mêmes vendu. L’auteur de l’escroquerie, Thierry Tilly, a été condamné entre autres pour abus de faiblesse.

Il manque Ghislaine de Védrines et Jean Marchand. Dix ans après avoir cédé une première fois le château Martel à un premier acquéreur, les De Védrines veulent récupérer la demeure. Elle est dans la famille depuis le début du XVIIIe siècle.

«Affectif»

«C’est affectif. Les considérations vénales ne me concernent pas.» Pour Philippe de Védrines, 80 ans, qui vit à moins de dix kilomètres dans une autre maison familiale, cette ultime procédure judiciaire est symbolique. Les débats sont plus techniques dans la salle d’audience de la chambre civile de la cour d’appel : la nullité de l’acte de vente frappant le premier acquéreur jugée en septembre 2015 est-elle applicable au second ?

Le 24 octobre, la cour d’appel doit rendre sa décision en séparant le vrai de l’à peu près dans les nœuds tressés par la brochette d’avocats pour les De Védrines, pour l’actuelle propriétaire, et le premier acquéreur. Le parquet général requiert la confirmation de la décision de première instance et, donc, pas d’annulation de la seconde vente. La décision des magistrats peut faire l’objet d’un pourvoi en cassation.

 

1/La propriétaire actuelle

Me Basile Méry-Larroche l’avocat de la propriétaire actuelle estime qu’elle n’était pas informée de la réclusion de la famille dans ce huis clos terrible, vu qu’elle n’habitait pas dans la région et que Tilly, l’auteur de cette escroquerie à 4,5 millions d’€ n’a été interpellé qu’à l’automne 2009, après la signature du second acte de vente.

Le château a été acheté 540 000 €. C’est très en deçà d’un prix de vente décent. «Il n’existe aucun élément de preuve», insiste l’avocat «pour étayer cette demande qui est établie sur la base d’allégations». Il fait jouer la «théorie de l’apparence, qui stipule que l’acquéreur de bonne foi ne peut pas se voir opposer la nullité d’un acte de vente précédent». Pour lui, ce que présente les De Védrines — des articles de presse — n’a aucune validité juridique. Aujourd’hui, la propriétaire «ne peut pas investir dans ce lieu tant qu’elle ne sait pas».

2/Le premier propriétaire

Un autre avocat, Patrick Lamarque, connaît le dossier depuis huit ans. Il défend les intérêts du premier propriétaire, celui qui avait signé avec la famille De Védrines, en janvier 2008, une convention. Il s’engageait à leur revendre le bien en 2013, un loyer devait être versé chaque année. Ce n’était pas le cas. Il est convaincu que la famille De Védrines était organisée pour ne pas justement céder le château.

Et de citer un procès-verbal d’une «assemblée générale familiale où le nom d’une autre famille est cité. Les De Védrines ne voulaient pas lâcher le bien. Vu le système juridique complexe, avec du droit anglo-saxon en prime, je n’arrive pas à croire en cette notion d’insanité d’esprit. Tous ces actes ont été signés pour que la famille garde cette maison».

Et cet avocat agenais de rappeler que le gérant de la société civile immobilière qui a fait l’acquisition des 600 m2 habitable et des deux hectares de terres «a bien été interrogé par les enquêteurs mais rien n’a été retenu contre lui».

3/Les anciens propriétaires

Considérant que la première vente a été annulée, les De Védrines attendent de la cour d’appel qu’elle déchire le second acte de vente et leur permette de revenir à Martel, sans parler des dommages et intérêts à six zéros après la virgule. «Quand les Juifs ont quitté la France, de bons Français se sont servis. C’est le même cas ici», plaide Me Picotin.

Aucun des acteurs de ce film ne trouve grâce à ses yeux. «L’agent immobilier s’est empressé de vendre les fermes (d’autres biens de la famille, NDLR) à des proches. Le notaire fait honte au notariat.» Et l’actuelle propriétaire ? «Il est impossible de penser qu’elle n’était pas au courant alors qu’elle habitait depuis un an à Saint-Beauzeil. Une demi-heure et trente kilomètres séparaient et séparent toujours cette bourgade de Tarn-et-Garonne de Monflanquin, et de ces reclus entre 2001 et 2009.

Monflanquin. Victimes d’un gourou, ils veulent récupérer leur château

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Sous l’emprise d’un gourou durant près de dix ans, la famille de Védrines a perdu l’essentiel de ses biens dont le château qu’elle possédait à Monflanquin (Lot-et-Garonne). Lundi, devant la cour d’appel d’Agen, une partie de cette famille tentera de récupérer son bien.

Les reclus de Monflanquin vont-ils récupérer leur bien, le château de Martel, situé à Monflanquin, dans le Lot-et-Garonne ? La famille de Védrines possédait cette propriété depuis 1732 : une bâtisse de 800 m2 habitables trônant sur un terrain de 1,6 ha. Et ce, jusqu’au 29 janvier 2008, date à laquelle elle l’a vendue alors qu’une dizaine de membres de la famille était sous l’emprise d’un gourou.

Or, lundi 11 juin, devant la cour d’appel d’Agen, c’est sans doute le dernier épisode judiciaire de cette incroyable histoire d’emprise mentale qui se déroulera.

Pendant près de dix ans, de 2000 à 2009, une dizaine de membres de la famille de Védrines (dont une cheffe d’entreprise, un médecin…) vont vivre sous le joug d’un homme, Thierry Tilly. Pas à pas, cet homme au passé nébuleux va gagner la confiance de Ghislaine Marchand (née Védrines et dirigeant une société de secrétariat), puis de ses deux frères. Il va écouter leurs confidences, les conseiller dans leurs affaires. « Il est entré dans cette famille comme un homme à tout faire. Et il a fait ses preuves initiatiques », notait, en 2012, le psychiatre Daniel Zagury qui avait procédé à l’examen psychiatrique des membres de cette famille.

« C’est affectif »

Sous son autorité, progressivement, ils vont vivre retranchés dans leur château ce qui leur vaudra le surnom des « reclus de Monflanquin ». Puis le gourou les emmènera en Angleterre d’où une partie des membres de cette famille parviendra à s’échapper avec l’aide d’un avocat, Me Daniel Picotin.

En première instance, puis en appel, les juges ont condamné Thierry Tilly pour abus de faiblesse, détention arbitraire et violences volontaires, à dix ans de réclusion. Autrement dit, « le tribunal a reconnu l’emprise mentale », commentait, soulagé, l’avocat de la famille, Me Picotin, à l’issue de la première audience.

Mais pour une partie de la famille de Védrines, délestée au total de leurs biens, pour un montant estimé à 4,5 millions d’euros, le combat ne s’est pas arrêté là. Ils veulent aussi récupérer leur bien, le château. « Récupérer Martel, c’est surtout affectif. Je me fiche éperdument de la valeur vénale du bien. Notre histoire est là », explique un des membres de la famille, dans le journal La Dépêche.

Première vente annulée

Mais l’affaire est complexe. Une première fois, en janvier 2008, la famille de Védrines vend donc le château, devant notaire, à une SCI pour la somme de 460 000 €, alors que la propriété est estimée à 1,2 million d’euros. Puis en juin 2009, la SCI revend le château à l’actuel propriétaire.

En septembre 2015, le tribunal de grande instance d’Agen avait annulé le premier acte de vente (celui de janvier 2008), considérant que les membres de la famille de Védrines « ont été affectés d’une altération du discernement et de leurs capacités de raisonnement et de jugement, confinant à l’insanité d’esprit ». Il avait par ailleurs condamné le notaire qui avait été informé, avant la vente, de la situation dans laquelle se trouvait la famille de Védrines, à payer 710 000 € de dommages et intérêts à la famille et à la SCI.

« Un tiers de bonne foi »

En revanche, le tribunal n’avait pas annulé la seconde vente estimant que l’actuel propriétaire « est un tiers de bonne foi ». Autrement dit, ce dernier n’était pas au courant de l’emprise mentale dont étaient victimes les premiers propriétaires. C’est cette seconde vente que va donc tenter de faire annuler Me Picotin pour le compte d’une partie de la famille de Védrines dont la maxime est : « Plus d’honneur que d’honneurs ». Selon Me Picotin, la nouvelle propriétaire habitait alors « à 20 km de Monflanquin. Ce n’est pas possible qu’elle n’ait pas entendu parler d’une telle histoire. Surtout qu’elle a dû effectuer plusieurs visites avant d’acquérir ce bien ». Et l’avocat de plaider : « Si on ne veut pas donner raison au gourou, la meilleure issue serait de rendre ce château à cette famille. Symboliquement, ce serait fort. »

 

Source:Ouest-France

Article La Dépêche du Lot-et-Garonne du lundi 4 juin 2018

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Reclus de Monflanquin : un dernier rendez-vous judiciaire le 11 juin

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Lundi 11 juin à Agen s’ouvre le dernier volet peut-être, du dossier judiciaire des reclus de Monflanquin. Cette fois, il est question de récupérer le château Martel, vendu deux fois. L’avocat de la famille Daniel Picotin plaide l’insanité d’esprit. Les De Vedrines ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Les membres de cette famille protestante ont vécu l’enfer dans les années 2000. Que sont-ils devenus 17 ans après ?

« Nous n’aspirons plus qu’à l’anonymat et nous devons aller de l’avant. » Christine de Védrines décline l’invitation à une rencontre. « Nos enfants ont besoin de vivre leur route. » Le couple doit être présent aux côtés de leurs avocats le 11 juin. Ils ont perdu leurs biens. La première vente du château Martel a été annulée, pas la seconde.

Lenteurs judiciaires

« La récupération du château par la famille aurait une forte portée symbolique et réparatrice si la cour fait droit à cette demande » estime Me Daniel Picotin, de Bordeaux. Pour Philippe, l’aîné de la fratrie. «La justice de ce pays a une chance d’effacer cette histoire.» La justice a tardé  à prendre en compte le désarroi des reclus de Monflanquin.

Il est resté muet depuis le début.Si la porte de la maison familiale de Talade au Laussou est «toujours ouverte», rarement Philippe de Védrines, 80 ans, s’est exprimé depuis le huis clos à Martel, puis à Talade, là où il habite depuis 1999. C’est là pourtant qu’après la saisie des biens au château, les reclus se sont regroupés pour y vivre jusqu’à leur départ à Oxford en 2006. Cet ancien cadre chez Shell a quitté l’Angleterre dès 2008. «Je l’ai traité d’escroc (Tilly, NDLR). Je voyais ses agissements.»  La femme qui partage sa vie a perdu une maison et des terrains en Normandie.

Depuis 1732

L’escroquerie de Tilly porte sur 4.5 millions d’€ au total, lui et sa femme estiment avoir perdu un million d’€ environ. Argenterie «Tout s’est passé ici.» Dans la pièce où il reçoit, deux fauteuils appartenant «à mes parents.» Aux murs, les portraits des aïeuls. Les Védrines sont de sang auvergnat, de sang d’ici aussi. La famille a des siècles d’histoire en Lot-et-Garonne. Martel, le château appartient au clan depuis 1732. Henri de Védrines a été maire de Monflanquin.

Plus d’honneur que d’honneurs, c’est la maxime des Védrines. «A titre personnel, récupérer Martel c’est surtout affectif. Je veux retrouver notre histoire. Je me fiche éperdument de la valeur vénale du bien. Notre histoire est là.» Ce lieu de l’histoire familiale a changé, les volets sont bleus, la grille est contemporaine. «Il y avait l’argenterie avec les armes de Védrines et Cazeneuve. Tout ça a été vendu en Angleterre. C’est triste.»

Esprit en jachère

L’auteur présumé du vol, c’est Tilly. 10 ans après avoir quitté l’Angleterre avec sa femme, Philippes de Védrines n’y pense plus. «On ne va pas se réveiller tous les matins avec ça en tête, même si le souvenir n’est pas forcément bon.» A Noêl, la famille s’est réunie ici. La vie poursuit sonchemin. «Zagury (expert psychiatre, NDLR) a très bien expliqué ce qui nous est arrivé. L’esprit était en jachère, l’intelligence était comme paralysée. Ce type est agréable, intelligent.» Incarcéré à Gradignan, Tilly aurait aux dernières nouvelles été transféré en centre psychiatrique.

Les dates

Septembre 2001 : Le huis clos se met en place à Monflanquin.

Mars 2004 : cinq ans après l’arrivée de Tilly dans le giron familial, ouverture d’une information judiciaire pour blanchiment d’argent.

Printemps 2008 : Les De Védrines s’installent en Angleterre.

Mars 2009 : Christine de Védrines s’enfuit et rejoint Bordeaux.

Octobre 2009 : Thierry Tilly est interpellé en Suisse.

Novembre à décembre 2009 : les reclus toujours à OXford sont exfiltrés.

Juin 2010 : interpellation d’un complice de Tilly.

Novembre 2012 : Tilly écope de 8 ans pour abus de fabilesse, détention et violences volontaires. Juillet 2013 : la peine passe de 8 à 10 ans en appel.

Novembre 2014 : La cour d’appel annule le mandat de vente de l’agent immobilier. La justice reconnaît l’insanité d’esprit des propriétaires au moment de la vente du bien immobilier.

Décembre 2015 : la première vente du château est annulée. En avril 2016, l’agent immobilier qui avait déposé un pourvoi en cassation, est débouté.

11 juin : audience à la cour d’appel sur l’annulation des ventes.

 

 

Dernier round pour l’affaire des « Reclus de Monflanquin »

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Le 11 juin prochain, les Védrines ont rendez-vous avec la cour d’appel pour tenter une nouvelle fois de récupérer le château familial de Martel, bradé du temps du gourou.

La cour d’appel d’Agen sera probablement le théâtre du dernier épisode de la saga judiciaire des Reclus de Monflanquin.

Le lundi 11 juin à 14 heures, Charles-Henri et Christine de Védrines, deux des Reclus, viendront, accompagnés de leurs avocats, dont Me Picotin du barreau de Bordeaux, au palais de justice d’Agen avec des objectifs ambitieux : non seulement il s’agira d’obtenir de la cour la confirmation du jugement en première instance mais plus encore arracher la nullité de la deuxième vente du château de Martel à Monflanquin, le berceau de la famille des Védrines depuis des siècles. Ce qui permettrait à Charles-Henri et Christine de Védrines de récupérer ce bien précieux dont ils estiment avoir été contraints de céder, sous l’emprise mentale du gourou Thierry Tilly.

Magistrats audacieux

Un vrai challenge sur le plan juridique mais qui au vu des dernières décisions dans cette affaire et à l’évolution constante de la jurisprudence n’est pas à exclure, la cour d’appel d’Agen s’étant montrée notamment dans ce dossier plutôt audacieuse.

Rappelons que le château de Martel a été cédé par les Védrines en janvier 2008 « au prix d’un appartement bordelais », soit 470 000 euros malgré avec ses 1 000 m2 et son 1,7 hectare de terrain. La vente de Martel était un nouvel avatar de l’entreprise de pillage perpétré par « le gourou » qui au final aura dépouillé la famille Védrines de près de 4,5 millions d’euros.

Or, en première instance, le tribunal de grande instance d’Agen a jugé en septembre 2015 qu’au moment de la cession, les Védrines n’étaient pas sains d’esprit, suivant là un arrêt de la cour d’appel qui dans une affaire connexe avait frappé de nullité un contrat d’exclusivité signée avec un agent immobilier, en raison de l’insanité d’esprit des propriétaires du château de Martel. En conséquence, la vente du château opérée en janvier 2008 était jugée également nulle. Dans le même temps, le notaire de Valence-d’Agen, Jean-jacques Boué, qui avait enregistré la vente, était lui condamné à payer 200 000 euros de dommages et intérêts aux époux Védrines et 490 000euros à la SCI toulousaine Yife, le premier acheteur du château, le tribunal jugeant que l’officier ministériel n’avait pas fait son devoir de conseil car il ne pouvait ignorer la situation des Védrines au moment de la vente, en raison notamment de la couverture médiatique de l’affaire.

Bataille du 11 juin

En revanche, le tribunal n’a pas invalidé la deuxième vente, estimant que l’actuel propriétaire du château était de bonne foi. Les conseils des Védrines vont s’employer le 11 juin, dans un débat qui promet d’être complexe sur le plan juridique, à démontrer qu’au moment de la deuxième vente, il y avait matière à douter de l’environnement de la transaction et qu’il faut donc invalider également la deuxième vente, sans laquelle les Védrines auraient probablement déjà reconquis leur château. La bataille du 11 juin dira s’il y a encore des raisons d’espérer.

L’affaire des « Reclus de Monflanquin » : les dates clés

(suite…)

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