Psycho-spirituel

Le livre noir de l’emprise psycho-spirituelle

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RCF Bordeaux : Daniel Picotin, Président d’Info sectes Aquitaine, l’emprise psycho spirituelle

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Emprise psycho-spirituelle : l’Eglise catholique interpellée

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Un collectif de victimes demande réparation à l’Eglise catholique pour les « désastres » occasionnés par l’imposture du psycho-spirituel.

Lors d’une conférence de presse hier au Centre contre les manipulations mentales (CCMM), à Paris, sa présidente, Annie Guibert, a présenté Le livre Noir de l’emprise psycho-spirituelle, où s’expriment 17 victimes, dont certaines issues de la Communauté charismatique des Béatitudes.

« Ce livre est un signal d’alarme », a-t-elle lancé. « Ce n’est pas une attaque contre l’Eglise, c’est une interpellation. Nous lui demandons de cesser de cautionner les retraites de guérison spirituelle, ou « agapè ». Mais pas seulement : il faut qu’elle accepte d’en recevoir les victimes ». « Celles-ci et leurs familles sont fracassées. Il faut pouvoir les reconstruire sur le plan familial, social, psychologique, financier, religieux ».

Il y a un an, l’Episcopat s’était vivement prononcé contre le mélange des genres du psycho-spirituel, mais les sessions de guérison intérieure continuent de fleurir à l’ombre des monastères et jusque dans certains carmels.

Irrationalité

Pour Olivier Perru, frère des Ecoles Chrétiennes et universitaire, « on assiste à des divorces en masse, des fractures dans les familles, des accusations d’inceste, des suicides. A force de faux souvenirs induits, les victimes de ces manipulations mentales finissent par assimiler la fiction à la réalité ». « Outre la diabolisation des proches et du monde, ce qui frappe c’est l’irrationalité qui règne dans ces groupes et qui est contraire à l’Eglise », souligne Olivier Perru.

« C’est autant une injure à la psychologie qu’à la spiritualité », renchérit le Père Jean-Baptiste Tison, ancien des Béatitudes. « Pire qu’une imposture, c’est une entreprise monstrueuse, qu’il faut arrêter ».

« Cela fait 25-30 ans qu’on assiste à ces dérives », souligne l’avocat Daniel Picotin. « Malheureusement, l’Eglise ne semble pas avoir pris toute la mesure de la situation. Ce sont des problèmes qui ne sont pas traités, qui sont camouflés et qui finissent par exploser ».

Pour Murielle Gauthier, passée par les Béatitudes, la poursuite de ces pratiques s’explique par « le marché florissant du psycho-spirituel : les sessions de guérison intérieure coûtent entre 500 et 700 €». « C’est compter sans les « trentains », série de trente messes célébrées pour être délivrés et qui se montent également à plus de 500 €».

Source : Républicain Lorrain du 04/09/12

Sud Ouest : « Confusion des genres »

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Daniel Picotin, président du CCMM et d’Info sectes Aquitaine, explique les risques du psycho-spirituel.

« Sud Ouest ». Le Centre contre les manipulations mentales (CCMM) présente aujourd’hui à la presse « Le Livre noir de l’emprise psycho-spirituelle ». De quoi s’agit-il ?

Me Daniel Picotin. C’est un recueil de témoignages de nouveaux « naufragés de l’esprit » tombés dans la spirale du psycho-spirituel. Comme avocat, je suis moi-même chargé de trois affaires, dont le suicide d’un père de famille. Ces témoignages mettent en cause plusieurs communautés charismatiques catholiques, parmi lesquelles figure la communauté des Béatitudes.

L’Église a déjà été alertée notamment par un ouvrage qui fait référence, « Les Naufragés de l’esprit, des sectes dans l’Église catholique » (1). Comment se fait-il que rien n’ait bougé ?

À l’heure du multimédia et d’Internet, rien ne sert de dissimuler les problèmes pour les cacher. En septembre 2011, la Conférence des évêques de France a commandé un rapport sur le thème « Spirituel et psychologie ». Réservé à l’origine aux évêques, il est aujourd’hui en ligne sur Internet.

Qu’est-ce qui est dangereux dans les pratiques psycho-spirituelles ?

Une confusion des genres, de type apprenti sorcier, en mélangeant théologie, spiritualité, psychologie, psychiatrie et psychanalyse. La synthèse de Freud et de Jésus dans une même session de « christothérapie ».

Comment les participants à ces sessions deviennent-ils des victimes ?

On constate au sortir de ces sessions trop de ruptures, avec les parents, avec la famille, de divorces. S’y ajoutent des méthodes de soins charlatanesques, des manipulations sous forme de suggestions, l’utilisation du faux souvenir induit, de la psychogénéalogie pour rechercher l’origine de la blessure et de la souffrance dans les générations antérieures, la prétendue recherche de la mémoire sensitive, l’utilisation de psychotropes sans véritable contrôle médical… Si l’on note aussi des exigences financières, certaines dérives sexuelles et des conditions de vie destructrices, on est en pleine dérive sectaire.

Qui doit agir ?

Les évêques français doivent mettre fin à ces pratiques dérivantes. Ce n’est pas à l’Église de réaliser des psychothérapies. D’autant que le passage au crible du livret de retraite de Notre-Dame du Puy, par un psychiatre et un psychanalyste, a parfaitement éclairé les évêques sur le caractère faux, réducteur et dangereux de la pratique proposée. Le renouveau charismatique a entraîné un glissement vers un amalgame pentecôtiste, doublé de techniques issues à la fois des sciences humaines et du New Age. Au final, un très mauvais cocktail.

Les pouvoirs publics doivent aussi s’interroger et sanctionner ceux qui s’adonnent à des psychothérapies dans des conditions dangereuses et non encadrées. Nous avons proposé au groupe sectes de l’Assemblée nationale de s’emparer de ce sujet.

(1) Par Thierry Baffoy, Antoine Delestre et Jean-Paul Sauzet, aux éditions du Seuil.

Source : Sud Ouest du 28/08/12

 

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