Affaire Me Ilario

Sud Ouest : quatre ans de prison ferme pour le « gourou »

0
_
Philippe Lamy a été condamné en appel à 4 ans de prison ferme et un suivi socio-judiciaire de 5 ans pour abus de faiblesse, agressions sexuelles et exercice illégal de la médecine. Il avait placé sous son emprise plusieurs personnes, dont trois femmes devenues ses objets sexuels.

La cour d’appel de Bordeaux a alourdi la peine à laquelle avait été condamné Philippe Lamy par le tribunal correctionnel de Libourne. La juridiction a rendu son arrêt ce mardi après-midi. Elle a déclaré cet homme de 42 ans coupable de toutes les poursuites dont il faisait l’objet: abus de faiblesse, agressions sexuelles et exercice illégal de la médecine. En répression, elle l’a condamné à quatre ans de prison ferme auxquels s’ajoute la révocation d’un sursis précédent de 14 mois de prison, confirmant ainsi le jugement de première instance. En plus, elle a ajouté une peine complémentaire de suivi socio-judiciaire d’une durée de 5 ans comprenant une injonction de soins, l’obligation d’indemniser les parties civiles et l’interdiction d’entrer en contact avec elles. 

Il leur ordonne d’arrêter leur traîtement 

Philippe Lamy a ainsi été reconnu coupable d’avoir placé sous son emprise trois femmes fragiles et malades, entre 2012 et 2014, dans le Libournais. Trois femmes dont ce « magnétiseur » a abusé de la faiblesse, leur ordonnant d’arrêter leurs traitements médicaux pour les remplacer par des gélules « magnétisées » par ses soins et faisant d’elles ses objets sexuels. L’une des victimes était alors atteinte d’un cancer

Source : Sud Ouest du 07/11/17

Gironde : le « gourou » Philippe Lamy condamné à quatre ans de prison ferme

0
_

Philippe Lamy, alias maître Ilario, a écopé de quatre ans de prison ferme ce mardi après-midi devant la cour d’appel de Bordeaux, qui a confirmé la peine prononcée en première instance. Ce soi-disant magnétiseur avait transformé en esclaves sexuels trois femmes qu’il tenait sous son emprise mentale.

Philippe LAMY reste en prison la Cour d’Appel de Bordeaux a confirmé ce mardi après-midi la peine de quatre ans de prison ferme prononcée en première instance par le tribunal correctionnel de Libourne à l’encontre de cet homme de 42 ans , reconnu coupable d’abus de faiblesse, agressions sexuelles et exercice illégale de la médecine.

Cet ex-gérant d’un club libertin dans le Médoc, qui se faisait appeler Maître Ilario, avait placé sous son emprise mentale trois femmes, fragiles ou malades, qu’il obligeait à des jeux sexuels sous couvert de ses dons de magnétiseurs .

Quatre ans de prison : c’est aussi la peine qui avait été requise lors de l’audience le 3 octobre. Ce jugement satisfait les parties civiles, soulagées de savoir que l’accusé , incarcéré depuis sa première condamnation, va rester en prison

C’est très important pour les victimes, la justice a reconnu qu’elles n’étaient mi masochistes, ni consentantes, qu’elles n’ont pas affabulé. Les faits sont très graves, mais difficiles à prouver, et nous sommes satisfaits de voir que la cour d’appel nous a entendus ». — Maître Daniel Picotin, avocat des parties civiles.

Pour les parties civiles, il n’y a pas de doute : Philippe Lamy doit être classé dans la catégorie des gourous.

La mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires a conclu dès 2011 dans son cas aux 13 critères de l’emprise mentale. C’est quelqu’un de dangereux, qui ne se remet pas en cause, il est dans le déni, il peut recommencer à sa sortie de prison, mais on est tranquilles pendant quelques années ». — Maître Picotin

 

Procès Lamy à Bordeaux : quatre ans requis

0
_
Accusé d’avoir placé sous son emprise trois femmes et d’avoir abusé d’elles, Philippe Lamy était jugé en appel, hier. Il clame son innocence.

Philippe Lamy est-il un « gourou », capable de placer sous son emprise trois femmes fragiles et malades, entre 2012 et 2014, abusant de leur faiblesse, leur ordonnant d’arrêter leurs traitements médicaux pour les remplacer par des gélules « magnétisées » par ses soins et qui aurait fait d’elles ses objets sexuels ? Ou n’a-t-il que répondu aux désirs de ses trois conquêtes qui n’assumeraient plus la sexualité débridée qu’elles auraient adoptée de façon consentie avec cet ancien gérant d’un club libertin médocain, la Villa Panthère ?

Telles sont les deux visions qui ont été soumises à la cour d’appel de Bordeaux, hier, pendant quatre heures d’audience. En première instance, en octobre 2016, Philippe Lamy (1), 42 ans, a été condamné par le tribunal correctionnel de Libourne à quatre ans de prison ferme et la révocation d’un sursis antérieur de quatorze mois. Une peine que l’avocat général Martine Cazaban a demandé de confirmer, y ajoutant un suivi sociojudiciaire de dix ans. Car selon la représentante du ministère public, Philippe Lamy est « un personnage inquiétant pour l’avenir ». « Il a pour talent de percevoir les failles, les doutes et les peurs des personnes et de s’y engouffrer afin d’obtenir d’elles ce qu’il souhaite », estime-t-elle.

« L’égal de Jésus »

Sur les trois principales parties civiles, une seule est présente. Cette femme du bassin d’Arcachon a fait la connaissance de Philippe Lamy en avril 2014, quelques jours avant un séjour en chambre stérile pour finaliser la guérison d’un cancer. Un traitement qu’elle a décidé de ne plus suivre, juste après avoir consulté celui qui avait la réputation d’être magnétiseur et s’était installé dans le Libournais, chez un ostéopathe. Un praticien qui fut également mis en examen dans cette affaire pour exercice illégal de la médecine. Des prescriptions des fameuses gélules avaient été découvertes chez lui. Il a finalement été relaxé à Libourne, le tribunal ayant jugé qu’il était lui aussi sous l’emprise de Philippe Lamy.

« Tout ça, c’est du vent ! Une histoire transformée pour faire du buzz. Toutes les personnes qui m’accusent sont venues à moi et non l’inverse. Je n’ai jamais forcé personne à quoi que ce soit. Je ne suis pas un gourou. Je n’ai pas un sou », clame le prévenu qui accuse l’avocat des parties civiles, Me Daniel Picotin, connu pour s’être spécialisé sur les dérives sectaires, de piloter ses accusateurs. Visage blême, chevelure ramenée en catogan, carrure frêle, Philippe Lamy semble loin du « beau brun ténébreux », « impressionnant avec son long manteau en cuir noir », décrit par des personnes entendues au cours de la procédure. Pour certains, il se prenait pour « l’égal de Jésus », « capable d’entrer en contact avec l’au-delà ».

« Avec lui, plus c’est gros, plus ça passe. Cela peut prêter à sourire. ça l’est moins quand on rappelle qu’il a mis en danger la vie de personnes en les faisant stopper leurs traitements. Quant à la théorie du complot, aberrante, il nous l’a déjà faite », plaide Me Picotin.

Mais pour l’avocat de Philippe Lamy, Me Frédéric Dutin, tout n’est pas clair dans cette affaire. Le défenseur avoue « un malaise » devant plusieurs éléments du dossier. « On a le sentiment que cette enquête a été orientée et dirigée, dès le départ, sur les rails de la dérive sectaire », insiste-t-il. Il s’étonne que l’ostéopathe mis en examen, qui s’était également constitué partie civile pendant l’instruction, ait été défendu par le même avocat que les autres victimes présumées. Il tique sur la prise en charge de l’une des trois femmes par une « psychologue de l’équipe de Me Picotin, avant d’être entendue par les gendarmes ». Et soulève une autre étrangeté dans le dossier, concernant les agressions sexuelles reprochées : « Si l’on considère qu’il y a eu emprise mentale, alors il s’agit de viols et non d’atteintes sexuelles. » Mais de telles poursuites auraient-elles tenu devant une cour d’assises ?

Délibéré le 7 novembre.

Source : Sud Ouest du 04/10/17

Soupçonné d’avoir abusé de plusieurs femmes en les soumettant à une emprise mentale

1
_
Mardi s’ouvre le procès en appel de Philippe Lamy, 42 ans, poursuivi pour abus de faiblesse, agressions sexuelles et exercice illégal de la profession de médecin.

Il a toujours clamé son innocence. Et n’a visiblement pas changé de position. Depuis sa condamnation à quatre ans de prison ferme et la révocation d’un sursis antérieur de quatorze mois, en octobre 2016, par le tribunal correctionnel de Libourne, Philippe Lamy est incarcéré à la prison de Gradignan. Il a fait trois demandes de remise en liberté, toutes rejetées. La dernière, pas plus tard que le 14 septembre. À chaque fois, Philippe Lamy a avancé comme principal argument la défense de la présomption d’innocence, dans l’attente de son procès en appel. Celui-ci s’ouvre ce mardi, à Bordeaux.

Poursuivi pour abus de faiblesse, agressions sexuelles et exercice illégal de la profession de médecin, Philippe Lamy, 42 ans, est-il une sorte de gourou qui avait réussi à assujettir plusieurs personnes, dont trois femmes devenues ses objets sexuels ? Ou n’est-il qu’un «  bouc émissaire pour passer sous silence des comportements qui font tache lorsqu’ils sont révélés au grand jour », comme le pense son avocat, landais, Me Frédéric Dutin ? Les débats devraient tourner autour de ces deux questions.

Sexe, gélules et sang de poulet

L’affaire éclate au printemps 2014 quand des proches d’une habitante du bassin d’Arcachon se rendent à la gendarmerie. Ils craignent qu’elle soit entrée dans une secte et racontent que la trentenaire, atteinte d’un cancer, vient subitement de stopper son traitement, de rompre avec son petit ami et de mettre sa maison en vente. Tout ça, alors qu’un nouvel homme est entré dans sa vie : Philippe Lamy.

L’homme a déjà eu maille à partir avec la justice. D’abord, pour avoir ouvert un club libertin, La Villa Panthère, sans les autorisations nécessaires, en 2007, à Listrac-Médoc. Il se faisait alors appeler Maître Ilario. Puis, pour avoir exercé illégalement la médecine en prodiguant des conseils à base de gélules soi-disant magnétisées par ses soins, pratique qui lui a valu d’être condamné à du sursis, en 2013.

Quelques mois plus tard, il a rebondi dans le Libournais. S’est installé chez un ostéopathe rencontré sur un site Internet de libertinage et enchaîne les conquêtes. La jeune femme du Bassin est la dernière en date. Assez vite, une information judiciaire est ouverte. Les investigations mettent en lumière un personnage trouble, tandis que les langues se délient. Deux autres femmes se disent victimes d’emprise psychologique. Leur point commun avec la première : leur fragilité. Toutes deux étaient dépressives quand elles ont rencontré Philippe Lamy.

Il se disait magnétiseur, affirmait parler avec les morts et faisait apparaître du sang de poulet quand bon lui semblait. Aux médicaments, il préférait de mystérieuses gélules. Pour tous les maux, il n’avait qu’un seul mot : du sexe.

« Mon corps ne m’appartenait plus », avait expliqué l’une des trois femmes parties civiles, lors du procès en première instance, à Libourne. « J’étais devenue sa marionnette », avait exposé une autre, qui s’était retrouvée à masturber un inconnu sur une aire d’autoroute.

Philippe Lamy, lui, s’est toujours défendu d’avoir contraint qui que ce soit. Y compris quand il recevait de l’argent.

Source Sud Ouest du 02/10/17

Le Résistant du 6/10/16 : « Emprise, libertinage, et au-delà »

0


_

19/20 du 26 avril 2016 sur l’affaire Ilario

0


France 3 Aquitaine – Affaire Ilario

0


Sud Ouest : « Le gourou derrière les barreaux »

0
_

Philippe Lamy a été condamné à 5 ans de prison dont 4 ferme pour avoir placé plusieurs femmes sous emprise mentale.

Cinq ans de prison dont un avec sursis, révocation d’un sursis antérieur de quatorze mois et mandat de dépôt à l’audience. Dans la nuit de mercredi à jeudi, Philippe Lamy, arrivé libre le matin, a quitté le tribunal de Libourne encadré par plusieurs policiers, totalement abasourdi. Convaincus de sa dangerosité, les juges sont allés au-delà des réquisitions du parquet, allouant 15 000 euros de dommages et intérêts à chacune des trois victimes, devenues les objets sexuels de celui qui se faisait appeler Maître Ilario lorsqu’il officiait dans un club libertin médocain.

Emprise mentale

L’ostéopathe poursuivi pour exercice illégal de la médecine a été en revanche relaxé. Fasciné par Philippe Lamy, le soignant avait distribué à certains de ses patients les gélules magnétisées dont son mentor faisait commerce. Lui aussi était sous emprise mentale au sens de la loi About-Picard. Votée en 2001, elle a créé l’infraction d’abus de faiblesse sur une personne en état de sujétion psychologique. Alors que les gourous prolifèrent, les affaires de ce type arrivent pourtant rarement devant la justice. Les victimes hésitent à la saisir, et les magistrats rechignent souvent à appliquer ce texte, de peur de toucher à la liberté de conscience.

L’examen du consentement n’est pas toujours chose aisée au regard de la diversité des réactions humaines. « Les phénomènes d’emprise mentale existent. C’est une réalité, convient Me Maud Sécheresse, l’avocate de Philippe Lamy. Mais, dans ce dossier, il me semblait qu’il y avait matière à discussion. Ces femmes n’avaient pas perdu tout sens critique. À plusieurs reprises, elles avaient été capables de dire non. »

Les critères habituellement retenus pour définir l’emprise mentale étaient malgré tout réunis : séparation des membres de la famille, rupture avec l’environnement professionnel et amical, refus des traitements médi- camenteux… Plus rien ne pouvait s’opposer à la sexualité débridée et violente d’un homme prisonnier de son image et résolu à aller jusqu’au bout de ses fantasmes.

« Ce procès a été très pédagogique, comme celui des reclus de Monflanquin, se félicite Me Daniel Picotin, l’avocat des victimes. L’emprise mentale peut toucher tout le monde et survenir à tout moment. Bien souvent, les victimes sont des personnes adaptées et parfaitement insérées. Aucune profession, aucun milieu n’est à l’abri. Ce n’est pas une question d’éducation. »

D’une intelligence très moyenne, Philippe Lamy, titulaire d’un CAP service hôtelier, ne sait pas poser une division. Cela ne l’a pas empêché d’enchaîner à sa personne des femmes beaucoup plus cultivées et diplômées que lui. « Il y a des choses que je ne m’explique pas encore aujourd’hui », reconnaît, cinq ans après l’avoir fui, une jeune femme avec bac + 6, cadre de la grande distribution. Pourquoi avait-elle subi sans rien dire des pratiques sadomasochistes alors que « ce n’est pas du tout [son] truc » ?

Sud Ouest du 07/10/16

Le Parisien : Libourne, Philippe Lamy, « magnétiseur » et « gourou », jugé pour « emprise mentale »

0

Philippe Lamy, ex-gérant d’un club libertin à Listrac-Médoc (Gironde), a répondu mercredi devant le tribunal correctionnel de Libourne d’abus de faiblesse, agressions sexuelles et exercice illégal de la médecine, après avoir placé sous « emprise mentale » trois femmes — dont l’une atteinte d’un cancer — et leur avoir prescrit de faux traitements.

Au terme des débats, émaillés des témoignages poignants des victimes, le procureur Christophe Auger a requis quatre ans de prison dont un avec sursis contre le prévenu, une peine assortie d’une demande de mandat de dépôt.

La présidente du tribunal correctionnel, Cécile Baudot, a décrit le « même processus d’emprise » et d »esclavagisme » infligé, entre septembre 2012 et juin 2014, à ces femmes malades et vulnérables. L’une était traitée pour un cancer de la thyroïde et les deux autres pour dépression au moment des faits.

« Gélules magnétisées », « sang de poulet », séances de spiritisme assorties de « rapports sexuels forcés », « isolement des victimes », le prévenu a suivi, selon les témoignages concordants de ses accusatrices le même mode opératoire pour chacune d’elles. Sa « stratégie » consistait à s’immiscer dans leur vie jusqu’à en prendre totalement le contrôle, ont-elles expliqué.

La première a raconté comment, « au départ, elle est séduite et lui fait confiance ». Mais « ensuite, ça s’est dégradé ». Elle a décrit dans le détail des rapports sexuels particulièrement violents.

« Je conteste! C’était une relation naturelle, un jeu de rôles », a lancé Philippe Lamy. Guy Veillon, ostéopathe et compagnon de la victime, était cité à la fois comme victime du « gourou » et co-prévenu pour avoir commandé pour Lamy, les gélules censées guérir ses « patientes ». Il a affirmé avoir agi sous « son emprise mentale ». « Petit à petit, Lamy a pris de plus en plus de place… moins j’avais de discernement plus je m’enfonçais ».

Contre lui, le procureur a requis huit à dix mois de prison avec sursis.

« Je ne comprends pas pourquoi ils ont inventé tout ça. Il n’y a jamais eu de violence je n’ai jamais forcé qui que ce soit, c’est eux qui sont venus à moi », s’est défendu Philippe Lamy.

Sa deuxième victime a expliqué comment le « gourou » l’avait persuadée de suspendre son traitement contre le cancer au point de mettre sa vie en danger. Elle a évoqué à son tour les humiliations sexuelles et la vente de sa maison sous la pression du magnétiseur: « J’étais devenue une marionnette ».

Philippe Lamy a assuré qu’il y avait un « amour récipoque » entre eux. La victime a protesté: « Il n’y avait pas du tout d’amour .. j’étais terrorisée, sous-alimentée et épuisée par la maladie. Ce personnage ne doit plus être dehors ».

Le Parisien du 05/10/16

Sud Ouest : « Libourne : femmes sous emprise ! »

0
_

Quatre ans de prison ont été requis hier soir contre Philippe Lamy, poursuivi pour avoir placé sous son emprise mentale trois de ses conquêtes successives.

Dans le Médoc, où il officiait avec une longue cape noire sous le surnom de Maître Ilario, il avait baptisé son club libertin la Villa Panthère. L’aventure a tourné court, le temps a passé, quelques mentions ont entaché le casier judiciaire de ce quadragénaire au regard pénétrant et à la chevelure désormais bien ordonnée. Mais le fauve que chérit plus que de raison Philippe Lamy accompagne toujours ses faits et gestes. À un moment ou à un autre, les trois femmes assises sur le banc des parties civiles ont porté le félin en pendentif. C’était le signe de leur soumission.

Emprise mentale

Dans la petite salle d’audience du tribunal correctionnel de Libourne, où leur ancien gourou répond d’abus de faiblesse, d’agressions sexuelles et d’exercice illégal de la médecine, elles portent ce passé comme une tache indélébile. « Je ne savais plus qui j’étais. J’étais devenue une marionnette », avoue Valérie (1). Entre 2012 et 2014, elles ont croisé la route de Philippe Lamy. Il les a captées dans l’instant ou presque. L’emprise mentale ne prévient pas.

L’une était vendeuse, l’autre aide soignante, la dernière aide à domicile. En apparence, elles jouissaient de leur libre arbitre. Mais elles étaient vulnérables. Valérie souffrait d’un cancer, Catherine et Roseline cachaient leur dépression. Leur vie sentimentale était une morne plaine ou un champ de ruines. Il était attirant, se disait magnétiseur, soignait à grandes rasades de mystérieux comprimés. Et il n’avait qu’un mot à la bouche pour soigner les maux de l’âme et du corps : le sexe. Elles sont devenues à tour de rôle ses esclaves, prêtes à tout pour assouvir ses moindres fantasmes. « Mon corps ne m’appartenait plus », avoue Valérie.

L’une a soulevé ses jupes et dévoilé son string au vu des passants sur un pont de Narbonne, une autre a masturbé un inconnu dans des toilettes d’autoroute. Toutes acceptaient d’être prises en photo dans les positions les plus scabreuses. Dans l’intimité, les étreintes étaient agrémentées de coups de fouet ou de pénétrations avec des objets multiples et variés. « Il les a détruites », lâche leur avocat Me Daniel Picotin.

Philippe Lamy se faisait fort de parler aux morts. Quand il sentait poindre une résistance, il appelait son père, décédé il y a dix ans, à la rescousse. « Papa Gino » bombardait les récalcitrantes de SMS. Elles obéissaient au doigt et à l’œil à ces ordres venus de l’au-delà. « Je lui ai demandé si je pouvais entrer en contact avec un défunt », avoue Michèle. Les trois plaignantes étaient devenues des zombies. Au péril de sa vie, Valérie, atteinte d’un cancer de la thyroïde, a cessé son traitement pour lui substituer les pilules du maître.

« Je n’ai forcé personne »

« Dans une relation d’emprise, on est totalement sous influence. On sentait tout de même chez vous une certaine forme de conscience », tempère Me Maud Secheresse, l’avocat de Philippe Lamy. Pendant l’instruction, ce dernier a longtemps dénoncé un complot, niant tous les faits en bloc ou presque. Devant la présidente Cécile Baudot, il en reconnaît certains, admet être l’auteur des texto d’outre-tombe de Papa Gino, mais nie toute contrainte.

« Il faut assumer ce qu’on a été avec moi. Je n’ai forcé personne. On me propose, on me propose, et maintenant on me reproche. » Cela n’empêche pas l’expert psychiatre Bernard Antoniol de relever une « addiction sexuelle ». C’est ce qui a fasciné un ostéopathe du Libournais quand il a croisé le personnage lors d’une soirée échangiste.

« C’était une machine. » Il était comme hypnotisé. « J’ai trouvé génial qu’il puisse guérir des personnes avec des compléments alimentaires. Grâce à ces gélules miraculeuses, j’allais pouvoir mieux traiter mes patients. » Philippe Lamy est venu habiter chez lui. Il lui a pris son lit, sa compagne ,et a accroché des félins sur les murs à la place de ses tableaux !

« Je cherche toujours à comprendre comment je suis tombé là-dedans », confesse le soignant, poursuivi pour exercice illégal de la médecine. « L’emprise mentale peut toucher n’importe qui à n’importe quel moment » avertit l’expert psychologue Éric Bauza. Et nul ne peut donner les recettes du réveil qui survient souvent à la suite d’un événement extérieur. Pour Valérie, c’est la plainte déposée à son insu par son père à la gendarmerie qui a enrayé l’engrenage.

Sud Ouest du 06/10/16

Haut de page