Affaire Girolle

Article Sud-OUest 15 juin 2018: Les membres de Griolle remis en liberté

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Gironde : des soupçons autour du groupe spirituel Girolle

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Sept personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre d’une enquête ouverte fin 2015 après une dénonciation d’abus de faiblesse.

Sept personnes ont été placées en garde à vue, mercredi, par les gendarmes de la compagnie de Bouliac au terme d’une opération d’interpellations lancée dès l’aube. Quatre l’étaient toujours hier soir. Toutes sont membres de l’association Girolle, créée en 1986 et établie à Val-de-Virvée, dans le Blayais. Girolle, pour Groupe d’incitation et de recherches pour une ouverture et une libération des langages de l’être, revendique une trentaine d’adhérents. « Notre symbole, la girolle, évoque l’épanouissement de l’être dans son cheminement personnel et en tant que membre d’une Humanité fraternelle », décrit leur site

Dénonciation en 2015

Depuis sa création, le groupe spirituel suscite curiosité et commentaires. Décrit comme « une communauté étrange et opaque » qui pratique un « ésotérisme hermétique » ou au contraire comme un « groupe paisible et discret qui vit sa vie », Girolle intrigue. Fin 2015, une proche de deux membres de l’association a dénoncé un phénomène d’emprise mentale.

 Des faits qui, s’ils sont avérés, constituent un délit d’« abus frauduleux de l’état d’ignorance ou de la situation de faiblesse d’une personne en état de sujétion psychologique ou physique résultant de l’exercice de pressions graves ou réitérées ou de techniques propres à altérer son jugement ».

Une qualification qui figure dans le code pénal au chapitre « de la mise en danger de la personne » et qui fait encourir à son éventuel auteur une peine de trois ans d’emprisonnement et 375 000 euros d’amende. Sanction portée à cinq ans et 750 000 euros pour « le dirigeant de fait ou de droit d’un groupement qui poursuit des activités ayant pour but ou pour effet de créer, de maintenir ou d’exploiter la sujétion psychologique ou physique des personnes qui participent à ces activités ».

Aucune plainte

Pourtant pour l’heure, aucune plainte n’a été déposée par des membres ou anciens membres du groupe. Par crainte de réminiscences douloureuses ou tout simplement parce qu’il n’y a pas de raison de se plaindre ? Les avis divergent.

Quatre des gardés à vue sont membres de la même famille dont le patriarche, aussi le plus sachant, conduirait la réflexion des membres de Girolle. Tous ont été auditionnés, le siège et leurs lieux de vie parfois communs ont été perquisitionnés. Les gendarmes cherchent en effet à vérifier ou infirmer l’hypothèse de la dérive sectaire.

L’opération d’hier arrive après un autre épisode judiciaire mis sur la place publique par le biais du site Internet et concernant un membre du groupe spirituel. Suite à une ordonnance provisoire qui le privait de ses enfants après un signalement, un père avait entamé une grève de la faim avec ses parents (lire notre édition du 26 février). La protestation avait duré quarante jours. La justice avait estimé qu’il y avait « urgence à agir pour ces mineurs évoluant au sein d’une communauté aux pratiques religieuses extrêmement contraignantes ». Recontacté lundi suite à cet article pour lequel il demandait un droit de réponse, le père a exprimé le manque de ses enfants et a redit qu’il persistait « dans l’impression qu’on veut dénigrer le groupe ». « On parle de nous, mais personne n’est venu nous voir vivre ». Il savait Girolle ciblé par une enquête pénale et goûtait peu ce mélange des genres.

Fustigeant ceux « qui font de la recherche ou de la fabrique de sectes un business », il dénonçait « la discrimination envers les groupes spirituels minoritaires », lassé que la rumeur « ait plus de poids que les faits ». Il a été remis en liberté hier, de même qu’une autre membre du groupe. Il n’a pas donné suite à notre appel.

« Au lieu d’invoquer des faits réels, on se contente de penser », écrit Me Jean-Pierre Joseph, l’avocat de Girolle, dans un communiqué daté du 23 mai. « Il est vrai que leurs pratiques philosophiques les éloignent des fast-foods, des hypermarchés, de la nourriture industrielle et d’un certain enseignement nivelé par la base et qu’il est possible que les interrogations des biens pensants concernant l’association n’aient pour objectif que de freiner cet éloignement ».

 Source: Sud-Ouest du 14 juin 2018

Haute Gironde : ils contestent par le jeûne contre le placement de leurs trois enfants

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Trois membres d’une famille vivant en cohabitation intergénérationnelle à Val-de-Virvée luttent contre le placement provisoire de leurs enfants.

Moins 4 kilos, moins 3 kilos, moins 5 kilos. Tous les jours, trois grévistes de la faim de la commune nouvelle de Val-de-Virvée rendent publique l’évolution de leur perte de poids. Entamé le 15 février dernier, le mouvement entend contester une ordonnance de placement provisoire qui confie la garde des trois enfants de 11 et 9 ans et petits-enfants des grévistes de la faim à leur mère avec un droit de visite médiatisé tous les quinze jours.

Education « exigeante »

Tout est parti d’un signalement de l’école qui a déclenché une enquête pour « des violences sans incapacité de travail sur mineur de 15 ans par ascendant ». La justice a estimé qu’il y avait urgence à agir pour ces « mineurs évoluant au sein d’une communauté aux pratiques religieuses extrêmement contraignantes » et a pris cette mesure de protection. Une décision jugée arbitraire par le père qui s’épanche sur Internet (1).

En cause, des corrections physiques (le plus souvent des tirages de cheveux et d’oreille), des punitions écrites et des règles de vie très strictes, assumées voire revendiquées par le quadragénaire au titre d’une éducation « exigeante ». Il est convoqué ce mardi à la brigade de recherches de Bouliac pour être entendu par les gendarmes sur ces faits allégués. Avec le sentiment que son procès a déjà été fait dans son dos.

Informé comme d’autres habitants par des tracts affichés ces derniers jours sur des vitrines de commerces ou du cabinet médical, le premier édile Armand Mercadier se dit « démuni dans la fonction de maire face à cette situation ». Et « inquiet car une grève de la faim met en jeu la vie des gens ». D’autant que « dans un environnement difficile », le père a choisi de mettre l’affaire sur la place publique. Se défendant paradoxalement d’accusations qui ne sont pas clairement formulées.

Le curieux groupe Girolle

L’homme est en effet persuadé qu’à travers ce conflit familial, c’est le groupe spirituel auquel il appartient, l’association Girolle créée en 1986 par son père psychanalyste, qui est visé. Utilisant le site de Girolle comme tribune, il fait le récit de ses démêlés avec la justice, critiquant au passage juges, gendarmes, maire, éducation nationale, parents d’élèves.

Mais, rapidement, il dévie le propos et le dossier d’assistance éducative passe au second plan. S’estimant attaqué parce qu’il est membre de ce groupe de pensée, il en défend l’organisation et les activités, en appelle à la liberté de conscience, produit des témoignages de soutien qui rappellent que Girolle « n’a jamais fait l’objet d’aucune plainte ni désordre », ni « jamais utilisé le moindre prosélytisme auprès de la population locale ». Il a même lancé une pétition en ligne et un bulletin de suivi quotidien des grévistes de la faim est publié avec les lettres ouvertes.

« Le fonctionnement de ce groupe Girolle pose question depuis une vingtaine d’années aux services de renseignement et aux associations de lutte contre les dérives sectaires », sait Me Daniel Picotin, avocat fondateur de la Société française de recherche et d’analyse de l’emprise mentale (SFRAEM) et conseil de nombreuses victimes. « Il y a des pratiques rituelles, philosophiques et communautaires qui laissent penser qu’il y a une problématique. »

Source : Sud Ouest du 26/02/18

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