Procès Lamy à Bordeaux : quatre ans requis

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Accusé d’avoir placé sous son emprise trois femmes et d’avoir abusé d’elles, Philippe Lamy était jugé en appel, hier. Il clame son innocence.

Philippe Lamy est-il un « gourou », capable de placer sous son emprise trois femmes fragiles et malades, entre 2012 et 2014, abusant de leur faiblesse, leur ordonnant d’arrêter leurs traitements médicaux pour les remplacer par des gélules « magnétisées » par ses soins et qui aurait fait d’elles ses objets sexuels ? Ou n’a-t-il que répondu aux désirs de ses trois conquêtes qui n’assumeraient plus la sexualité débridée qu’elles auraient adoptée de façon consentie avec cet ancien gérant d’un club libertin médocain, la Villa Panthère ?

Telles sont les deux visions qui ont été soumises à la cour d’appel de Bordeaux, hier, pendant quatre heures d’audience. En première instance, en octobre 2016, Philippe Lamy (1), 42 ans, a été condamné par le tribunal correctionnel de Libourne à quatre ans de prison ferme et la révocation d’un sursis antérieur de quatorze mois. Une peine que l’avocat général Martine Cazaban a demandé de confirmer, y ajoutant un suivi sociojudiciaire de dix ans. Car selon la représentante du ministère public, Philippe Lamy est « un personnage inquiétant pour l’avenir ». « Il a pour talent de percevoir les failles, les doutes et les peurs des personnes et de s’y engouffrer afin d’obtenir d’elles ce qu’il souhaite », estime-t-elle.

« L’égal de Jésus »

Sur les trois principales parties civiles, une seule est présente. Cette femme du bassin d’Arcachon a fait la connaissance de Philippe Lamy en avril 2014, quelques jours avant un séjour en chambre stérile pour finaliser la guérison d’un cancer. Un traitement qu’elle a décidé de ne plus suivre, juste après avoir consulté celui qui avait la réputation d’être magnétiseur et s’était installé dans le Libournais, chez un ostéopathe. Un praticien qui fut également mis en examen dans cette affaire pour exercice illégal de la médecine. Des prescriptions des fameuses gélules avaient été découvertes chez lui. Il a finalement été relaxé à Libourne, le tribunal ayant jugé qu’il était lui aussi sous l’emprise de Philippe Lamy.

« Tout ça, c’est du vent ! Une histoire transformée pour faire du buzz. Toutes les personnes qui m’accusent sont venues à moi et non l’inverse. Je n’ai jamais forcé personne à quoi que ce soit. Je ne suis pas un gourou. Je n’ai pas un sou », clame le prévenu qui accuse l’avocat des parties civiles, Me Daniel Picotin, connu pour s’être spécialisé sur les dérives sectaires, de piloter ses accusateurs. Visage blême, chevelure ramenée en catogan, carrure frêle, Philippe Lamy semble loin du « beau brun ténébreux », « impressionnant avec son long manteau en cuir noir », décrit par des personnes entendues au cours de la procédure. Pour certains, il se prenait pour « l’égal de Jésus », « capable d’entrer en contact avec l’au-delà ».

« Avec lui, plus c’est gros, plus ça passe. Cela peut prêter à sourire. ça l’est moins quand on rappelle qu’il a mis en danger la vie de personnes en les faisant stopper leurs traitements. Quant à la théorie du complot, aberrante, il nous l’a déjà faite », plaide Me Picotin.

Mais pour l’avocat de Philippe Lamy, Me Frédéric Dutin, tout n’est pas clair dans cette affaire. Le défenseur avoue « un malaise » devant plusieurs éléments du dossier. « On a le sentiment que cette enquête a été orientée et dirigée, dès le départ, sur les rails de la dérive sectaire », insiste-t-il. Il s’étonne que l’ostéopathe mis en examen, qui s’était également constitué partie civile pendant l’instruction, ait été défendu par le même avocat que les autres victimes présumées. Il tique sur la prise en charge de l’une des trois femmes par une « psychologue de l’équipe de Me Picotin, avant d’être entendue par les gendarmes ». Et soulève une autre étrangeté dans le dossier, concernant les agressions sexuelles reprochées : « Si l’on considère qu’il y a eu emprise mentale, alors il s’agit de viols et non d’atteintes sexuelles. » Mais de telles poursuites auraient-elles tenu devant une cour d’assises ?

Délibéré le 7 novembre.

Source : Sud Ouest du 04/10/17

Soupçonné d’avoir abusé de plusieurs femmes en les soumettant à une emprise mentale

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Mardi s’ouvre le procès en appel de Philippe Lamy, 42 ans, poursuivi pour abus de faiblesse, agressions sexuelles et exercice illégal de la profession de médecin.

Il a toujours clamé son innocence. Et n’a visiblement pas changé de position. Depuis sa condamnation à quatre ans de prison ferme et la révocation d’un sursis antérieur de quatorze mois, en octobre 2016, par le tribunal correctionnel de Libourne, Philippe Lamy est incarcéré à la prison de Gradignan. Il a fait trois demandes de remise en liberté, toutes rejetées. La dernière, pas plus tard que le 14 septembre. À chaque fois, Philippe Lamy a avancé comme principal argument la défense de la présomption d’innocence, dans l’attente de son procès en appel. Celui-ci s’ouvre ce mardi, à Bordeaux.

Poursuivi pour abus de faiblesse, agressions sexuelles et exercice illégal de la profession de médecin, Philippe Lamy, 42 ans, est-il une sorte de gourou qui avait réussi à assujettir plusieurs personnes, dont trois femmes devenues ses objets sexuels ? Ou n’est-il qu’un «  bouc émissaire pour passer sous silence des comportements qui font tache lorsqu’ils sont révélés au grand jour », comme le pense son avocat, landais, Me Frédéric Dutin ? Les débats devraient tourner autour de ces deux questions.

Sexe, gélules et sang de poulet

L’affaire éclate au printemps 2014 quand des proches d’une habitante du bassin d’Arcachon se rendent à la gendarmerie. Ils craignent qu’elle soit entrée dans une secte et racontent que la trentenaire, atteinte d’un cancer, vient subitement de stopper son traitement, de rompre avec son petit ami et de mettre sa maison en vente. Tout ça, alors qu’un nouvel homme est entré dans sa vie : Philippe Lamy.

L’homme a déjà eu maille à partir avec la justice. D’abord, pour avoir ouvert un club libertin, La Villa Panthère, sans les autorisations nécessaires, en 2007, à Listrac-Médoc. Il se faisait alors appeler Maître Ilario. Puis, pour avoir exercé illégalement la médecine en prodiguant des conseils à base de gélules soi-disant magnétisées par ses soins, pratique qui lui a valu d’être condamné à du sursis, en 2013.

Quelques mois plus tard, il a rebondi dans le Libournais. S’est installé chez un ostéopathe rencontré sur un site Internet de libertinage et enchaîne les conquêtes. La jeune femme du Bassin est la dernière en date. Assez vite, une information judiciaire est ouverte. Les investigations mettent en lumière un personnage trouble, tandis que les langues se délient. Deux autres femmes se disent victimes d’emprise psychologique. Leur point commun avec la première : leur fragilité. Toutes deux étaient dépressives quand elles ont rencontré Philippe Lamy.

Il se disait magnétiseur, affirmait parler avec les morts et faisait apparaître du sang de poulet quand bon lui semblait. Aux médicaments, il préférait de mystérieuses gélules. Pour tous les maux, il n’avait qu’un seul mot : du sexe.

« Mon corps ne m’appartenait plus », avait expliqué l’une des trois femmes parties civiles, lors du procès en première instance, à Libourne. « J’étais devenue sa marionnette », avait exposé une autre, qui s’était retrouvée à masturber un inconnu sur une aire d’autoroute.

Philippe Lamy, lui, s’est toujours défendu d’avoir contraint qui que ce soit. Y compris quand il recevait de l’argent.

Source Sud Ouest du 02/10/17

Présentation du DU Psychopathologie et droit des dérives sectaires de Lille

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Dominique RENIERS, Docteur en psychologie clinique et psychopathologie, présente le DU Psychopathologie et droit des dérives sectaires :

Programme du congrès ICSA du 28/06/17 au 01/07/17

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Téléchargez le programme du congrès

Congrès International Annuel de l’ICSA – 2017

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Congrès International Annuel de l’ICSA – 2017
Bordeaux, France
Dynamiques sectaires et radicalisation

29 juin au premier juillet 2017 (ateliers pré conférence le mercredi 28 juin)

L’International Cultic Studies Association (ICSA) tiendra son Congrès international annuel 2017 conjointement avec Info-Secte de Montréal et la Société Française de Recherche et d’Analyse de l’Emprise Mentale (SFRAEM).

Il y aura une réception à l’Hôtel de ville le vendredi 30 juin et un événement social le dimanche 2 juillet (précisions à venir). Bordeaux a été choisie «meilleure destination européenne 2015»,

La question de la radicalisation a été l’objet d’une préoccupation mondiale et le lien entre radicalisation et sectes est de plus en plus reconnu. Le Congrès de Bordeaux présentera plusieurs conférences d’experts sur la radicalisation et les groupes extrémistes.

Détails sur le programme, les conférenciers, les résumés, les hôtels et autres sujets : http://www.icsahome.com/events/conferenceannual/forlang

Inscriptions en ligne : http://www.icsahome.com/events/conferenceannual/forlang/en-ligne

Le Congrès offre des ateliers pré-congrès, plus de 80 présentations et plus de 125 conférenciers. Parmi les conférences en anglais, en français et traduites simultanément se trouvent :

NOTE : Les conférences traduites simultanément sont en rouge et les conférences en français sont en vert. Pour le programme au complet :http://www.icsahome.com/events/conferenceannual/agenda

· Preconference workshops for mental health professionals, families, former group members,

educators, and researchers

· Panel – L’Exit Counseling : Pratiques et expériences croisées I / Exit Counselling : Sharing

Practices and Experiences I (Joseph Kelly; Patrick Ryan; Daniel Picotin; Joseph Szimhart)

· Open discussions for former members and SGAs (people born or raised in cultic groups)

· Panel – Canadian Extremisms in Comparative Perspective (Martin Geoffrey; Susan Palmer; Ali Dizboni)

· Panel – Comprendre la radicalisation pour la prévenir / Understanding Radicalization to Prevent

It -(CAPRI – Centre d’action et de prévention contre la radicalisation des individus)

· Le rôle de la structure dans l’organisation sectaire ou radicalisée dans la construction de

l’emprise individuelle : confusion des pouvoirs et vassalisation du pouvoir temporal (Jean-Pierre

Jougla)

· Panel – Moral Injury, Trauma and Recovery: Common Re-entry Issues and Treatment for

Veterans and Survivors of High-Demand Groups (Helen Land; Vincent Starnino; Doni Whitsett)

· From Deprogramming to De-radicalization: How Cultic Studies can Inform Policy Approaches to

Countering Violent and Harmful Extremism in Australia (Stephen Mutch)

· Détresse émotionnelle chez les adolescents victimes de cyberharcèlement (Sofia Buelga; Jessica

Ortega-Baron)

· Panel – Radicalization and Disengagement: From the Search for Utopia to Disillusionment and

Disengagement (Tony McAleer; Adrian Oertli; Robert Orell)

· Robes of Silk Feet of Clay: An Autobiographical Account of a Love Affair with Maharishi Mahesh

Yogi, the Beatles’ Guru (Judith Bourque)

· Panel –. Lieux d’accueil thérapeutiques et prise en charge spécialisée pour les victimes de

dérives sectaires / Specialized Care for the Victims of Cultic Abuse (Gillie Jenkinson; Lorna

Goldberg; William Goldberg)

· Jehovah’s Witness’s Ban on Blood Transfusions: History, Present Situation, and Perspectives of

Doctors and Former Members (Joni Valkila)

· Les raisons religieuses et séculières du radicalisme islamistes / The Religious and Secular

Reasons for Islamist Radicalization (Tareq Oubrou)

· SO…What Does Help Former Cult Members Recover? A Report on Empirical Research (Gillie

Jenkinson)

· L’influence de la radicalisation doctrinale dans les positionnements des protestants

conservateurs québécois face aux lois de protection à l’enfance (Adriana Pacheco)

· Clergy Maleficence, Religious Fanaticism, Abuse of Power (Paula Parish-Foley)

· De l’Emprise à La Liberté, dérives au sein de l’Eglise, témoignages et réflexions (Pierre Vignon)

· Mental Disorders Among Cult Leaders (Stephen Kent)

· How a Court Recognized “Mind Control”: Persuading the Court About the Reality of Cultic

Dynamics – A Japanese Experience (Takashi Yamaguchi)

· Recovery of a Community Following the Collapse of a Cult (Nigel Denning; Linda Tilgner)

· Panel – A Model for an International Member-Run Family Help Group (Donna Kerbel et al.)

· Government Regulation of Religious Extremist Groups: The Swinging Pendulum (Linda Demaine)

· Ce que des victimes d’abus spirituels m’ont appris (Blandine de Dinechin)

De plus, jeudi soir, on présentera Deprogrammed, un documentaire de la réalisatrice montréalaise Mia Donovan (en anglais avec sous-titres français) suivi d’une discussion.

Deprogrammed fait la chronique de la croisade anti-secte de Ted « Black Lightning » (« foudre noire ») Patrick.

Colloque à Bordeaux :  » Dérives sectaires et radicalisation »

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L’ICSA et INFO CULT s’associent cette année à la SFRAEM pour organiser leur colloque à BORDEAUX du 28 juin au 1er Juillet 2017. Le thème de cette année est :

DERIVES SECTAIRES ET RADICALISATION

Ce colloque, qui accueille sur 4 jours plus de 150 conférenciers internationaux,  est ouvert aux bénévoles d’associations, aux familles, aux anciens membres, aux professionnels d’horizons divers (psychologie, justice, sociologie…), et à toute personne intéressée par ces problématiques.

Cet évènement permet de découvrir les dernières recherches, d’approfondir certaines connaissances, d’assister à des témoignages, d’échanger avec des professionnels extrêmement accessibles pendant les temps dédiés,  de rencontrer des thérapeutes internationaux ayant plus de 30 années d’expérience dans l’accompagnement des familles et des victimes. 

Les familles et les bénévoles peuvent également participer à des tables rondes dédiées  et découvrir de nouvelles ressources dans ce domaine de prise en charge particulier.

Un grand nombre de conférences seront en traduction simultanée afin de permettre au plus grand nombre de bénéficier de ces échanges.

La prévention de la radicalisation prend mieux en compte sa dimension religieuse

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Après la tenue d’un congrès international la semaine dernière à Bordeaux abordant le sujet, un colloque « prévenir la radicalisation » a lieu à Marseille jusqu’à mercredi.

Par l’implication croissante des responsables religieux ou par la multiplication de ces forums, l’influence du religieux commence à s’immiscer dans la compréhension du phénomène.

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Dissuader par la religion, pas que par la psychologie. Ne pas cantonner le phénomène de radicalisation à des causes sociologiques, des fragilités mentales, mais l’expliquer aussi sous l’angle de la foi. Depuis plusieurs mois, la part du religieux semble gagner de l’ampleur dans la prévention et la compréhension de la radicalisation, en France comme à l’étranger.

Les interventions des cadres ou spécialistes religieux – des imams, des aumôniers, des islamologues, des théologiens… – deviennent plus régulières : en témoigne leur présence au grand colloque euro-méditerranéen « prévenir la radicalisation » qui s’ouvre aujourd’hui à Marseille, ou au congrès annuel de l’Association internationale d’études sur les sectes (ISCA) qui s’est tenu la semaine dernière à Bordeaux. « Nous commençons tout juste à prêter un peu plus d’attention à l’importance du discours religieux et à l’idéologie dans les processus d’embrigadement », explique la sociologue Hasna Hussein, assistante de recherche du projet Practicies sur la prévention de la radicalisation a l’université de Toulouse 2, qui interviendra à Marseille.

Une « prise de conscience tardive »

Pour la fondatrice du blog Contre discours radical, analysant la littérature djihadiste, « cette approche pluridisciplinaire – sociologique, psychiatrique, religieuse… – doit encore s’affirmer pour traiter ce phénomène complexe en tenant vraiment compte des trajectoires, très diverses, des personnes radicalisées ». Ce qui ne semble pas avoir été vraiment entrepris jusqu’ici.

Les experts expliquent cette « prise de conscience » de la nécessité de tenir davantage compte du religieux dans la prévention de la radicalisation par la multiplication des attentats et la diffusion de l’extrémisme, et donc un sentiment « d’échec » des différentes politiques menées jusqu’ici. « Nous sommes seulement en train de comprendre que nous n’avions rien compris auparavant », estime Me Daniel Picotin, avocat girondin qui a fondé en 2011 la Société française de recherches et d’analyse en emprise mentale, qui a coorganisé le congrès de Bordeaux (1).

Un suivi « pluridisciplinaire »

Universitaires, avocats, médecins, spécialistes de la santé mentale, victimes… Mais aussi représentant religieux, avec la venue notamment de Tareq Oubrou, recteur de la grande mosquée de Bordeaux et figure libérale de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF, proche des Frères musulmans) : en tout, près de 250 participants internationaux y ont assisté.

Des représentants du Centre d’action et de prévention contre la radicalisation des individus (Capri), qui assure à Bordeaux depuis l’automne 2016 un suivi pluridisciplinaire des personnes séduites par l’idéologie djihadiste, y ont également pris la parole. « Dans une récente expérience menée sur 43 cas de personnes radicalisées ou en voie de l’être, le Capri a identifié comme cause majeure pour 36 % d’entre eux la maladie psychiatrique, pour 48 % d’autres la vulnérabilité sociale, et dans 16 % des cas la radicalité religieuse », poursuit Me Daniel Picotin. Un échantillon trop faible, estime-t-il cependant, pour être érigé en tendance de fond.

Impliquer davantage les responsables religieux

Dans la prévention de la radicalisation, « il est inconcevable de ne pas travailler de pair avec les imams et les cadres religieux, qui sont parmi les premiers acteurs concernés », estime de son côté Karim Ifrak, chercheur au CNRS, spécialiste de l’histoire intellectuelle et de la vie de la pensée dans les mondes musulmans, et l’un des intervenants de la conférence de Marseille, regrettant que leur légitimité n’ait pas été reconnue plus tôt dans « la compréhension de ce phénomène complexe ». Une légitimité difficile à asseoir malgré les efforts consentis par certains d’entre eux.

À tâtons, les choses commencent aujourd’hui à bouger. Pour la deuxième année consécutive, la préfecture du Bas-Rhin et la faculté de théologie protestante de Strasbourg ont lancé, à la fin du mois de juin, une formation à l’accompagnement préventif des jeunes au profil radicalisé, à destination des cadres musulmans et des travailleurs sociaux. « Une initiative très louable, estime Karim Ifrak, qui pourrait porter ses fruits dans les mois ou années à venir ».

(1) Organisé par l’ICSA (International Cultic Studies Association), association américaine qui travaille depuis 1979 sur la manipulation psychologique, et Info Sectes Montréal.

Source : La Croix du 02/07/2017

Libération : « Congrès international sur les sectes à Bordeaux »

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Le Congrès annuel de l’Association internationale d’études sur les sectes (ISCA) s’ouvre mercredi à Bordeaux, pour quatre jours de conférences et d’ateliers consacrés aux phénomènes d’emprise mentale, avec un focus sur le sujet brûlant des liens entre «dynamiques sectaires et radicalisation» religieuse.

Organisé conjointement par l’ISCA et Info-Secte Montréal, en partenariat avec la Société française de recherches et d’analyse en emprise mentale (Sfraem), créée en 2011 par l’avocat girondin Daniel Picotin, qui défend de nombreuses victimes d’emprise mentale, ce congrès attend plus de 250 participants venus d’une vingtaine de pays.

Universitaires, avocats, médecins, spécialistes de la santé mentale, victimes ou familles de victimes vont partager leur expérience sur diverses thématiques liées au phénomène sectaire: manipulation psychologique dans les «pseudothérapies», soutien aux familles, réintégration des victimes, formation des travailleurs sociaux et des magistrats, etc.

«C’est la première fois qu’un tel congrès mondial a lieu en France», se félicite Me Picotin. «Dans notre pays, nous ne sommes pas très armés face à ces problématiques, alors qu’il y a de très nombreux cas, même si nous manquons de statistiques», estime-t-il, regrettant notamment qu’il n’y ait pas dans les établissements scolaires «de la prévention contre les risques liés aux dérives sectaires, au même titre que la drogue ou le sida».

Les participants se pencheront aussi sur les liens entre les «dynamiques sectaires» et les phénomènes de radicalisation religieuse, notamment le jihadisme.

«Nous nous sommes intéressés aux questions du jihadisme après les attentats du 11 Septembre et sont apparus des points communs avec les problèmes d’emprise mentale et de dérive sectaire», explique Michael Langone, psychologue clinicien américain, et directeur général de l’ISCA. «Peut-être sommes-nous un peu en avance sur l’Europe sur la reconnaissance des facteurs psychologiques» qui peuvent intervenir dans la radicalisation, ajoute-t-il.

«Alors que la France cherche sa voie dans ce domaine, il est important de se nourrir de la recherche mondiale», souligne Me Picotin.

Seront notamment présents au congrès Tareq Oubrou, recteur de la grande mosquée de Bordeaux et figure libérale de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France), et des représentants du Centre d’action et de prévention contre la radicalisation des individus (Capri), qui assure à Bordeaux un suivi pluridisciplinaire des personnes séduites par l’idéologie jihadiste.

Source : Libération du 27/06/17

Bordeaux : sectes et radicalisation en débat – Le congrès international de l’ICSA se tient à partir de ce mercredi

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C’est une première à Bordeaux, et même en France, selon ses organisateurs : un congrès international consacré au thème « Dynamiques sectaires et radicalisation »se tient d’aujourd’hui à samedi dans la capitale girondine.

Organisé par l’ICSA (International Cultic Studies Association), association américaine qui travaille depuis 1979 sur la manipulation psychologique, Info Sectes Montréal et la Société française de recherche et d’analyse de l’emprise mentale (SFRAEM), ce congrès réunit 158 conférenciers du monde entier. Des chercheurs, des spécialistes de la santé mentale, des avocats anglais, américains, japonais, français, chinois ou encore pakistanais.

L’expérience mondiale

« À l’époque où la France tâtonne encore beaucoup sur la déradicalisation, il est important de se nourrir de l’expérience mondiale, de ce qu’il se fait ailleurs », explique Daniel Picotin, avocat et président de la SFRAEM, qui milite depuis plusieurs décennies contre les sectes et la manipulation mentale. Il fait partie de ceux qui ont importé en France l’« exit counseling  » (conseil en sortie d’emprise mentale), méthode américaine qui avait été employée dans l’affaire des reclus de Monflanquin.

« L’idée de l’ICSA est d’organiser des rencontres ouvertes à toutes les disciplines afin d’élargir le chemin de pensée, la vision du phénomène », précise Michael Kropveld, membre du réseau américain et fondateur d’Info Sectes Montréal. « L’étude du phénomène sectaire, sur laquelle on observe des développements encourageants en Europe, peut aider à comprendre et à lutter contre celui de la radicalisation », pense Michael Langone, psychologue clinicien américain et directeur général de l’ICSA.

Au programme, de nombreuses conférences, hélas non ouvertes au public. Citons par exemple celle intitulée « Les raisons religieuses et séculières du radicalisme islamiste », animée par Tareq Oubrou. Un moment est ouvert à tous et gratuit : un ciné-débat avec la projection du film canadien « Deprogrammed », jeudi à 20 heures, à l’Athénée municipal.

Source : Sud Ouest du 28/06/17

Ouest France : « Justice à Rennes. La psychothérapeute aurait manipulé des patients »

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Une psychothérapeute rennaise est mise en examen pour abus de faiblesse. L’emprise, exercée sur certains patients, incités à rompre avec leur famille, aurait débordé du cadre professionnel.

Sa mise en examen et son placement sous contrôle judiciaire remontent à la semaine dernière. Mais, l’enquête, à son sujet, dure depuis plus de deux ans. « La difficulté, dans cette affaire, est que cette personne, dûment agréée, exerce de manière parfaitement légale », confie l’avocat bordelais, Me Daniel Picotin, spécialisé dans les dérives sectaires.

Séparer les parents de leurs enfants

Que reproche-t-on à cette psychothérapeute rennaise, proche de la retraite, en activité depuis 32 ans ? Sa thérapie, basée sur la toxicité des parents dans le développement de l’individu. « Elle déteste ses propres parents, poursuit Me Picotin. Elle revit cette haine de manière constante avec ses patients. »

Plusieurs familles ont porté plainte

Les familles de trois d’entre eux ont porté plainte. Beaucoup d’autres devraient suivre, selon l’accusation. « Elle prend le contrôle de ses victimes, âgées de 20 à 35 ans et qui lui vouent une grande admiration. »

Au point que la relation dépasse le strict cadre d’un cabinet. Des milliers d’écoutes téléphoniques auraient permis d’éclaircir les techniques de manipulation de la thérapeute dont le nom a été longuement évoqué, hier, devant le tribunal correctionnel à Rennes.

Source : Ouest France du 27/10/16
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