Bordeaux : sectes et radicalisation en débat – Le congrès international de l’ICSA se tient à partir de ce mercredi

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C’est une première à Bordeaux, et même en France, selon ses organisateurs : un congrès international consacré au thème « Dynamiques sectaires et radicalisation »se tient d’aujourd’hui à samedi dans la capitale girondine.

Organisé par l’ICSA (International Cultic Studies Association), association américaine qui travaille depuis 1979 sur la manipulation psychologique, Info Sectes Montréal et la Société française de recherche et d’analyse de l’emprise mentale (SFRAEM), ce congrès réunit 158 conférenciers du monde entier. Des chercheurs, des spécialistes de la santé mentale, des avocats anglais, américains, japonais, français, chinois ou encore pakistanais.

L’expérience mondiale

« À l’époque où la France tâtonne encore beaucoup sur la déradicalisation, il est important de se nourrir de l’expérience mondiale, de ce qu’il se fait ailleurs », explique Daniel Picotin, avocat et président de la SFRAEM, qui milite depuis plusieurs décennies contre les sectes et la manipulation mentale. Il fait partie de ceux qui ont importé en France l’« exit counseling  » (conseil en sortie d’emprise mentale), méthode américaine qui avait été employée dans l’affaire des reclus de Monflanquin.

« L’idée de l’ICSA est d’organiser des rencontres ouvertes à toutes les disciplines afin d’élargir le chemin de pensée, la vision du phénomène », précise Michael Kropveld, membre du réseau américain et fondateur d’Info Sectes Montréal. « L’étude du phénomène sectaire, sur laquelle on observe des développements encourageants en Europe, peut aider à comprendre et à lutter contre celui de la radicalisation », pense Michael Langone, psychologue clinicien américain et directeur général de l’ICSA.

Au programme, de nombreuses conférences, hélas non ouvertes au public. Citons par exemple celle intitulée « Les raisons religieuses et séculières du radicalisme islamiste », animée par Tareq Oubrou. Un moment est ouvert à tous et gratuit : un ciné-débat avec la projection du film canadien « Deprogrammed », jeudi à 20 heures, à l’Athénée municipal.

Source : Sud Ouest du 28/06/17

Ouest France : « Justice à Rennes. La psychothérapeute aurait manipulé des patients »

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Une psychothérapeute rennaise est mise en examen pour abus de faiblesse. L’emprise, exercée sur certains patients, incités à rompre avec leur famille, aurait débordé du cadre professionnel.

Sa mise en examen et son placement sous contrôle judiciaire remontent à la semaine dernière. Mais, l’enquête, à son sujet, dure depuis plus de deux ans. « La difficulté, dans cette affaire, est que cette personne, dûment agréée, exerce de manière parfaitement légale », confie l’avocat bordelais, Me Daniel Picotin, spécialisé dans les dérives sectaires.

Séparer les parents de leurs enfants

Que reproche-t-on à cette psychothérapeute rennaise, proche de la retraite, en activité depuis 32 ans ? Sa thérapie, basée sur la toxicité des parents dans le développement de l’individu. « Elle déteste ses propres parents, poursuit Me Picotin. Elle revit cette haine de manière constante avec ses patients. »

Plusieurs familles ont porté plainte

Les familles de trois d’entre eux ont porté plainte. Beaucoup d’autres devraient suivre, selon l’accusation. « Elle prend le contrôle de ses victimes, âgées de 20 à 35 ans et qui lui vouent une grande admiration. »

Au point que la relation dépasse le strict cadre d’un cabinet. Des milliers d’écoutes téléphoniques auraient permis d’éclaircir les techniques de manipulation de la thérapeute dont le nom a été longuement évoqué, hier, devant le tribunal correctionnel à Rennes.

Source : Ouest France du 27/10/16
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Le Résistant du 6/10/16 : « Emprise, libertinage, et au-delà »

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19/20 du 26 avril 2016 sur l’affaire Ilario

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France 3 Aquitaine – Affaire Ilario

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Sud Ouest : « Le gourou derrière les barreaux »

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Philippe Lamy a été condamné à 5 ans de prison dont 4 ferme pour avoir placé plusieurs femmes sous emprise mentale.

Cinq ans de prison dont un avec sursis, révocation d’un sursis antérieur de quatorze mois et mandat de dépôt à l’audience. Dans la nuit de mercredi à jeudi, Philippe Lamy, arrivé libre le matin, a quitté le tribunal de Libourne encadré par plusieurs policiers, totalement abasourdi. Convaincus de sa dangerosité, les juges sont allés au-delà des réquisitions du parquet, allouant 15 000 euros de dommages et intérêts à chacune des trois victimes, devenues les objets sexuels de celui qui se faisait appeler Maître Ilario lorsqu’il officiait dans un club libertin médocain.

Emprise mentale

L’ostéopathe poursuivi pour exercice illégal de la médecine a été en revanche relaxé. Fasciné par Philippe Lamy, le soignant avait distribué à certains de ses patients les gélules magnétisées dont son mentor faisait commerce. Lui aussi était sous emprise mentale au sens de la loi About-Picard. Votée en 2001, elle a créé l’infraction d’abus de faiblesse sur une personne en état de sujétion psychologique. Alors que les gourous prolifèrent, les affaires de ce type arrivent pourtant rarement devant la justice. Les victimes hésitent à la saisir, et les magistrats rechignent souvent à appliquer ce texte, de peur de toucher à la liberté de conscience.

L’examen du consentement n’est pas toujours chose aisée au regard de la diversité des réactions humaines. « Les phénomènes d’emprise mentale existent. C’est une réalité, convient Me Maud Sécheresse, l’avocate de Philippe Lamy. Mais, dans ce dossier, il me semblait qu’il y avait matière à discussion. Ces femmes n’avaient pas perdu tout sens critique. À plusieurs reprises, elles avaient été capables de dire non. »

Les critères habituellement retenus pour définir l’emprise mentale étaient malgré tout réunis : séparation des membres de la famille, rupture avec l’environnement professionnel et amical, refus des traitements médi- camenteux… Plus rien ne pouvait s’opposer à la sexualité débridée et violente d’un homme prisonnier de son image et résolu à aller jusqu’au bout de ses fantasmes.

« Ce procès a été très pédagogique, comme celui des reclus de Monflanquin, se félicite Me Daniel Picotin, l’avocat des victimes. L’emprise mentale peut toucher tout le monde et survenir à tout moment. Bien souvent, les victimes sont des personnes adaptées et parfaitement insérées. Aucune profession, aucun milieu n’est à l’abri. Ce n’est pas une question d’éducation. »

D’une intelligence très moyenne, Philippe Lamy, titulaire d’un CAP service hôtelier, ne sait pas poser une division. Cela ne l’a pas empêché d’enchaîner à sa personne des femmes beaucoup plus cultivées et diplômées que lui. « Il y a des choses que je ne m’explique pas encore aujourd’hui », reconnaît, cinq ans après l’avoir fui, une jeune femme avec bac + 6, cadre de la grande distribution. Pourquoi avait-elle subi sans rien dire des pratiques sadomasochistes alors que « ce n’est pas du tout [son] truc » ?

Sud Ouest du 07/10/16

Le Parisien : Libourne, Philippe Lamy, « magnétiseur » et « gourou », jugé pour « emprise mentale »

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Philippe Lamy, ex-gérant d’un club libertin à Listrac-Médoc (Gironde), a répondu mercredi devant le tribunal correctionnel de Libourne d’abus de faiblesse, agressions sexuelles et exercice illégal de la médecine, après avoir placé sous « emprise mentale » trois femmes — dont l’une atteinte d’un cancer — et leur avoir prescrit de faux traitements.

Au terme des débats, émaillés des témoignages poignants des victimes, le procureur Christophe Auger a requis quatre ans de prison dont un avec sursis contre le prévenu, une peine assortie d’une demande de mandat de dépôt.

La présidente du tribunal correctionnel, Cécile Baudot, a décrit le « même processus d’emprise » et d »esclavagisme » infligé, entre septembre 2012 et juin 2014, à ces femmes malades et vulnérables. L’une était traitée pour un cancer de la thyroïde et les deux autres pour dépression au moment des faits.

« Gélules magnétisées », « sang de poulet », séances de spiritisme assorties de « rapports sexuels forcés », « isolement des victimes », le prévenu a suivi, selon les témoignages concordants de ses accusatrices le même mode opératoire pour chacune d’elles. Sa « stratégie » consistait à s’immiscer dans leur vie jusqu’à en prendre totalement le contrôle, ont-elles expliqué.

La première a raconté comment, « au départ, elle est séduite et lui fait confiance ». Mais « ensuite, ça s’est dégradé ». Elle a décrit dans le détail des rapports sexuels particulièrement violents.

« Je conteste! C’était une relation naturelle, un jeu de rôles », a lancé Philippe Lamy. Guy Veillon, ostéopathe et compagnon de la victime, était cité à la fois comme victime du « gourou » et co-prévenu pour avoir commandé pour Lamy, les gélules censées guérir ses « patientes ». Il a affirmé avoir agi sous « son emprise mentale ». « Petit à petit, Lamy a pris de plus en plus de place… moins j’avais de discernement plus je m’enfonçais ».

Contre lui, le procureur a requis huit à dix mois de prison avec sursis.

« Je ne comprends pas pourquoi ils ont inventé tout ça. Il n’y a jamais eu de violence je n’ai jamais forcé qui que ce soit, c’est eux qui sont venus à moi », s’est défendu Philippe Lamy.

Sa deuxième victime a expliqué comment le « gourou » l’avait persuadée de suspendre son traitement contre le cancer au point de mettre sa vie en danger. Elle a évoqué à son tour les humiliations sexuelles et la vente de sa maison sous la pression du magnétiseur: « J’étais devenue une marionnette ».

Philippe Lamy a assuré qu’il y avait un « amour récipoque » entre eux. La victime a protesté: « Il n’y avait pas du tout d’amour .. j’étais terrorisée, sous-alimentée et épuisée par la maladie. Ce personnage ne doit plus être dehors ».

Le Parisien du 05/10/16

Sud Ouest : « Libourne : femmes sous emprise ! »

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Quatre ans de prison ont été requis hier soir contre Philippe Lamy, poursuivi pour avoir placé sous son emprise mentale trois de ses conquêtes successives.

Dans le Médoc, où il officiait avec une longue cape noire sous le surnom de Maître Ilario, il avait baptisé son club libertin la Villa Panthère. L’aventure a tourné court, le temps a passé, quelques mentions ont entaché le casier judiciaire de ce quadragénaire au regard pénétrant et à la chevelure désormais bien ordonnée. Mais le fauve que chérit plus que de raison Philippe Lamy accompagne toujours ses faits et gestes. À un moment ou à un autre, les trois femmes assises sur le banc des parties civiles ont porté le félin en pendentif. C’était le signe de leur soumission.

Emprise mentale

Dans la petite salle d’audience du tribunal correctionnel de Libourne, où leur ancien gourou répond d’abus de faiblesse, d’agressions sexuelles et d’exercice illégal de la médecine, elles portent ce passé comme une tache indélébile. « Je ne savais plus qui j’étais. J’étais devenue une marionnette », avoue Valérie (1). Entre 2012 et 2014, elles ont croisé la route de Philippe Lamy. Il les a captées dans l’instant ou presque. L’emprise mentale ne prévient pas.

L’une était vendeuse, l’autre aide soignante, la dernière aide à domicile. En apparence, elles jouissaient de leur libre arbitre. Mais elles étaient vulnérables. Valérie souffrait d’un cancer, Catherine et Roseline cachaient leur dépression. Leur vie sentimentale était une morne plaine ou un champ de ruines. Il était attirant, se disait magnétiseur, soignait à grandes rasades de mystérieux comprimés. Et il n’avait qu’un mot à la bouche pour soigner les maux de l’âme et du corps : le sexe. Elles sont devenues à tour de rôle ses esclaves, prêtes à tout pour assouvir ses moindres fantasmes. « Mon corps ne m’appartenait plus », avoue Valérie.

L’une a soulevé ses jupes et dévoilé son string au vu des passants sur un pont de Narbonne, une autre a masturbé un inconnu dans des toilettes d’autoroute. Toutes acceptaient d’être prises en photo dans les positions les plus scabreuses. Dans l’intimité, les étreintes étaient agrémentées de coups de fouet ou de pénétrations avec des objets multiples et variés. « Il les a détruites », lâche leur avocat Me Daniel Picotin.

Philippe Lamy se faisait fort de parler aux morts. Quand il sentait poindre une résistance, il appelait son père, décédé il y a dix ans, à la rescousse. « Papa Gino » bombardait les récalcitrantes de SMS. Elles obéissaient au doigt et à l’œil à ces ordres venus de l’au-delà. « Je lui ai demandé si je pouvais entrer en contact avec un défunt », avoue Michèle. Les trois plaignantes étaient devenues des zombies. Au péril de sa vie, Valérie, atteinte d’un cancer de la thyroïde, a cessé son traitement pour lui substituer les pilules du maître.

« Je n’ai forcé personne »

« Dans une relation d’emprise, on est totalement sous influence. On sentait tout de même chez vous une certaine forme de conscience », tempère Me Maud Secheresse, l’avocat de Philippe Lamy. Pendant l’instruction, ce dernier a longtemps dénoncé un complot, niant tous les faits en bloc ou presque. Devant la présidente Cécile Baudot, il en reconnaît certains, admet être l’auteur des texto d’outre-tombe de Papa Gino, mais nie toute contrainte.

« Il faut assumer ce qu’on a été avec moi. Je n’ai forcé personne. On me propose, on me propose, et maintenant on me reproche. » Cela n’empêche pas l’expert psychiatre Bernard Antoniol de relever une « addiction sexuelle ». C’est ce qui a fasciné un ostéopathe du Libournais quand il a croisé le personnage lors d’une soirée échangiste.

« C’était une machine. » Il était comme hypnotisé. « J’ai trouvé génial qu’il puisse guérir des personnes avec des compléments alimentaires. Grâce à ces gélules miraculeuses, j’allais pouvoir mieux traiter mes patients. » Philippe Lamy est venu habiter chez lui. Il lui a pris son lit, sa compagne ,et a accroché des félins sur les murs à la place de ses tableaux !

« Je cherche toujours à comprendre comment je suis tombé là-dedans », confesse le soignant, poursuivi pour exercice illégal de la médecine. « L’emprise mentale peut toucher n’importe qui à n’importe quel moment » avertit l’expert psychologue Éric Bauza. Et nul ne peut donner les recettes du réveil qui survient souvent à la suite d’un événement extérieur. Pour Valérie, c’est la plainte déposée à son insu par son père à la gendarmerie qui a enrayé l’engrenage.

Sud Ouest du 06/10/16

L’heure du crime : « Philippe Lamy le gourou libertin »

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L’édito de Jacques Pradel

Nous revenons aujourd’hui sur le procès d’un homme condamné mercredi dernier à 5 ans de prison, dont 4 années fermes, par le tribunal correctionnel de Libourne, pour «abus de faiblesse, agressions sexuelles et exercice illégal de la médecine».

Tout avait commencé au mois de mai 2014. Ce jour-là, un père paniqué se présente à la brigade de gendarmerie de Saint-Médard-de-Guizières (33), dans la vallée de l’Isle, pour signaler la disparition de sa fille Emmanuelle. La jeune femme, vendeuse dans une bijouterie, a brutalement rompu avec ses proches, mis sa maison en vente, et cessé tout traitement alors qu’elle souffre d’un cancer de la thyroïde.

Quelques semaines plus tôt, invitée à dîner par le propriétaire de la salle de sports qu’elle fréquente, elle avait fait la connaissance d’un certain Philippe Lamy, ancien propriétaire d’un club libertin de la région. Celui-ci dit s’appeler Giovanni Florenzo. Un ostéopathe de la vallée de la Dordogne et sa compagne Fabienne participent aussi au repas. Visiblement, ils adulent cet homme qui prétend être magnétiseur. Guérissant toutes les maladies avec de mystérieuses gélules, il ordonnera à Emmanuelle de cesser son traitement anticancéreux. Elle deviendra bientôt  sa chose, acceptant des pratiques sexuelles censées la guérir et se soumettant à des règles de vie dictées selon le gourou par des proches décédés avec qui il est en contact…

L’enquête permettra de découvrir que ce gourou a déjà été condamné par le passé et qu’il tient sous sa coupe plusieurs autres victimes….

Nos invités

Louise Colcombet, journaliste au Parisien qui a suivi le procès, Eric Bauza, psychologue et expert judiciaire qui a expertisé les victimes de Philippe Lamy, Maud Secheresse, avocate au barreau de Bordeaux et avocate de Philippe Lamy, Daniel Picotin, avocat au barreau de Bordeaux et avocat des parties civiles, spécialiste dans la lutte contre les dérives sectaires, la manipulation et l’emprise mentale, Aurélie, ancienne victime de Philippe Lamy.

Le Parisien : « Les pratiques troublantes du conseiller conjugal »

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