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Aux assises de l’Ariège, à Foix, Robert le Dinh dit Tang était accusé de viols et agressions sexuelles

Robert Le Dinh, jugé pour viols et agressions sexuelles a été condamné par la cour d’assises de Foix à 15 ans de réclusion.  Après trois heures de délibéré, les jurés sont allés au-delà des réquisitions de l’avocate générale, Cécile Deprade, qui avait demandé une peine qui « ne soit pas inférieure à 10 ou 12 ans « .

« Il avait tout mis en place pour que les adeptes, et plus particulièrement les femmes, soient assujettis » a déclaré l’avocate générale Cécile Deprade dans son réquisitoire. Pour elle, il y avait bien un système de « persuasion coercitive« .

Cécile Deprade a cité un témoin selon lequel « il utilisait nos corps et utilisait nos esprits« . « Tout est dit dans cette phrase » a lancé l’avocate générale en ajoutant: « Oui ces adeptes sont dans un carcan, oui ils sont dans une prison ! ».

Les défenseurs de Robert Le Dinh, ont immédiatement annoncé leur intention de faire appel de ce verdict tandis que la femme et deux des filles de l’accusé éclataient en sanglots.

Deux thèses radicalement opposées s’affrontent depuis le 10 septembre et l’ouverture du procès de Robert Le Dinh, jugé pour viols et agressions sexuelles, y compris sur des mineures, ainsi que pour abus de faiblesse.

D’un côté, d’anciens disciples décrivent un gourou pervers qui usait de son emprise pour obtenir des faveurs sexuelles mais aussi faire financer son train de vie. De l’autre un accusé de 51 ans qui dit ne pas craindre être qualifié de « gourou« , mais le gourou d’une communauté d’amis dans laquelle il n’a jamais rien imposé à personne et certainement pas des viols. Toutes les relations sexuelles étaient « librement consenties« , martèle-t-il. Il dément toute agression sexuelle sur mineure.

Disant avoir reçu en 1982 une révélation du Christ, ce fils d’un ouvrier bouddhiste d’origine vietnamienne et d’une mère française catholique, dispensait des enseignements spirituels quotidiens à une vingtaine de personnes, d’abord dans le Lot-et-Garonne, puis, à partir de 2005, dans l’Ariège. Son ascendant était tel qu’il conseillait les adeptes dans leur carrière, constituait les couples ou prénommait les enfants, d’après des témoins.

S’il est mis en cause, assure-t-il, c’est le résultat d’une machination fomentée par Dominique et Isabelle Lorenzato, d’ex-adeptes motivés par la jalousie et le dépit amoureux. Le couple avait le premier en 2007 dénoncé les faits présumés.

De nombreux témoins sans rapport les uns avec les autres sont venus décrire à la barre le même modus operandi de la part de l’accusé, à savoir des fellations imposées au réveil du « saint élu » ou en voiture.

Pour les parties civiles, le caractère sectaire de la communauté et la soumission qui en découle ne font aucun doute. « On est face à une vraie secte« , dit Me Daniel Picotin, avocat des Lorenzato, citant « l’obéissance à un leader incontesté, les relations financières, la privation de sommeil ou les séances de positionnement » pendant lesquelles tout adepte accusé de s’être écarté du droit chemin était questionné pendant des heures.

« S’il est certain que Tang (le surnom de l’accusé) avait une certaine emprise sur les membres de sa communauté, était-elle suffisante pour supprimer leur libre arbitre? » dit Me Pierre Le Bonjour. « Si quelqu’un avait tué sous l’emprise de Tang, serait-il considéré comme irresponsable par une cour d’assises ? »

Robert Le Dinh comparaissait libre après deux ans de détention provisoire.

Me Pierre Le Bonjour, pour la défense qui avait plaidé l’acquittement, a estimé que l’on « avait fait le procès des sectes et pas celui de Tang, jugé coupable avant même l’ouverture des débats ».

Pour les parties civiles au contraire, c’est « une immense satisfaction« .  « Il y a un aspect pédagogique de la décision », a commenté Me Daniel Picotin, avocat des Lorenzato, relevant que l’accusé avait été condamné à la peine maximum encourue pour des viols.

Source : France 3